MERS-EL-KEBIR

Gustave, comme tous les premiers mercredis du mois, alla chez son grand-père Robert. Robert avait pris l’habitude de raconter des petites anecdotes de sa vie à son petit-fils. La plupart de ces anecdotes parlaient de la guerre car Robert avait été marin sur le croiseur de bataille de classe Strasbourg. Ce mercredi il décida de lui raconter la bataille de Mers-el-Kébir.

« Ah petit, si tu savais !
A cette époque la Marine Française était grande, belle, forte, invincible et à la pointe de la technologie. Mais le 3 juillet 1940 à 16h53 la flotte anglaise dirigée par l’amiral Somerville ouvrit le feu sur notre flotte amarrée au port. Ainsi la flotte anglaise faisait briller de mille feux le ciel avec tous ses canons tant dis que nous étions bloqués à manœuvrer tant bien que mal pour aligner nos canons sur l’ennemi. Les obus anglais pleuvaient dans du ciel, des geysers d’eau surgirent des profondeurs de l’océan. Ah ces anglais ils étaient très précis avec les canons de 80mm du Hood guidés par les avions de l’Ark Royal pendant que nous étions désemparés dans le port. C’était un vrai tir aux pigeons pour eux. Après les premières minutes intenses du combat, si l’on pouvait appeler cela un combat, car cela s’apparentait plus à une exécution groupée. Le cuirassé Provence et le croiseur de bataille Dunkerque s’échouèrent pour ne pas couler après avoir été touchés plusieurs fois lourdement. Le pire souvenir qui me hante toujours, est l’explosion du cuirassé classe Bretagne. Il fut touché par une salve de 380mm du Hood, il brûla comme une torche avant d’exploser. Il chavira et coula en quelques minutes, entraînant avec lui dans la mort 997 marins, dont les camarades avec qui j’étais la veille. »

Mers1

Le cuirassé Bretagne en feu, quelques minutes avant qu’il n’explose

-Mais papi toi, comment tu as fait pour t’en sortir ?

– Eh bien moi j’ai eu beaucoup de la chance. Mon navire, le croiseur de classe Strasbourg commandé par l’excellent capitaine de vaisseau Louis Edmond Collinet réussit vers 17h par une brillante manœuvre à appareiller et ainsi à sortir de ce piège tendu par les anglais. Tout cela fut possible grâce à l’habileté de notre commandant qui réussit ce miracle sans aucun blessé. Les obus pleuvaient autour de nous sans jamais nous atteindre, le navire était constamment cerné de geysers d’eau. Dans notre sillage nous embarquions 6 contre-torpilleurs (destroyers).

Mers2 -

Appareillage sous le feu de la Royal Navy. Le contre-torpilleurs Le Terrible en ligne de file, dans le sillage du contre-torpilleurs Volta…

Un destroyer de la Royal Navy se pointa à quelques milles seulement. Avec toute la rage de vaincre et le chagrin de nos camarades nous l’envoyâmes par le fond en quelques minutes sans lui laisser la moindre chance. Après être sorti des quais le navire commença à accélérer fortement. Tout d’un coup une grosse explosion retentit…. c’était le contre-torpilleur classe Mogador qui venait d’être touché par un obus du Hood, ses grenades anti-sous-marines explosèrent et il disparut au loin derrière nous.

Mers3

Contre-torpilleur Mogador, sa plage arrière détruite par un coup au but qui fit exploser ses grenades anti-sous-marines

Notre navire augmenta encore sa vitesse et gagna la haute mer, escorté des cinq autres contre-torpilleurs. Le Hood tenta en vain de nous intercepter mais renonça lorsque la nuit tomba. Nous accostâmes, indemnes, au port de Toulon le lendemain. J’appris plus tard que le transport d’hydravions Commandant Teste, resté au mouillage, n’avait pas été touché durant le combat. Il appareilla seul pendant la nuit pour rallier Toulon. Le Dunkerque n’avait en fait été que légèrement avarié le jour de l’attaque. Ce fut lendemain que les Anglais décidèrent de frapper de nouveau. Le 6 juillet, les avions torpilleurs du porte-avions Ark Royal revinrent achever le travail en torpillant le Dunkerque et en faisant exploser le patrouilleur Terre-Neuve amarré à couple et à bord duquel se trouvait un lot de grenades anti-soumarines. Ah ces perfides anglais avaient bien préparé l’attaque : ils avaient miné le détroit et s’étaient placés convenablement au large en se cachant derrière les reliefs tant dis que nous étions vénérablement amarrés au port. Lors de cette attaque traitresse des Anglais, je perdis de nombreux camarades.

Mers4

Mers5

– Mais papi pourquoi les Anglais ont tiré sur des navires Français, ils étaient pourtant alliés ?
En réalité les anglais ont mené cette attaque car ils ont eu peur, la flotte française constituait une réelle menace, c’était la seule flotte capable d’anéantir la Royal Navy. A cette époque la France était vaincue donc le Royaume-Uni, se retrouvait seul devant l’ennemi allemand et italien. De plus ils craignaient que l’armistice signé par le gouvernement français avec l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste quelques jours auparavant ne fasse tomber la flotte française dans les mains d’Hitler, lui permettant ainsi de remettre en cause la suprématie maritime britannique lui faisant courir un grave péril. Cette bataille fut un véritable massacre, ce fut d’ailleurs pour cela qu’elle fut un peu oubliée. Les deux belligérants préférant oublier cet événement.

Le soleil commençait à se coucher, il était tant que le petit Gustave rentre chez lui…

 

 

_______________________________

Sources : Wikipedia

Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.