Avanti Savoia !

Comment percer le Secteur fortifié du Sud Est ? Aussi nommé, Ligne Maginot des Alpes, cette ligne de forts datant de l’autre siècle va nous causer des dégâts messieurs. Ce n’est pas pour rien que les allemands ont contourné l’originale au Nord. Et ils avaient des chars.

Les officiers des Alpini, troupes de montagnes du Duce, se regardent perplexes. Un officier de la Regia Marina propose.

Messieurs, nous tenons à votre disposition tous nos trains blindés pour appuyer l’offensive demandée par l’État Major.

Tout le mon lève les yeux vers l’homme. Les mines sont déconfites.

Merci Capitano. Mais, cela ne suffira pas.

Un mois plus tard, sur le front…

Tu en as beaucoup Umberto ?
– Au moins mille !
– Imbécile ! Mille skieurs français, prend moi pour un idiot et je te met dans la prochaine formation pour la reco’ du fort.
– Je plaisantai Tenente… trois. Trois tués. Et j’ai ramené leur FM.

Satisfait, Augusto envoya de ce pas un messager au QG informer des positions française à l’artillerie. Un pillonage en règle serait nécessaire pour venir à bout de la position adverse. Les éclaireurs à skis d’en face étaient très bons. Mais pas nombreux, et depuis le 10 juin, ils avaient dégusté.

Sauf que ce jour là…

Ten…
– A terre !

Alpinis attendant l’adversaire, Breda modelo 30 et Carcano prêts à tirer. Source : Wikimédia

Des tirs fusèrent de partout. L’équipage assiégé du poste de Conchetas tentait-il une sortie ?
Dans tous les cas, les hommes sortaient et répliquaient !
Le soldat Jolidi eut la tête traversée par une rafale alors qu’il tentait de palier le manque d’artillerie par des jets de grenades sur les emplacements français. Des grappes d’hommes se formèrent pour se soutenir mutuellement, articulés autour d’un FM ou d’un lanceur de grenade plus habile que les autres.
Chacun luttait pour sa vie, l’Italie ou la France, on avait commencé à s’en contre-foutre au bout de dix secondes. Des « Anvati Savoia » et « Pour la France » résonnaient ca et là, mais les coups de feu remplissaient l’air plus qu’autre chose, avec bien sûr des cris atroces des mutilés.

Les Alpinis mirent en batterie les Bredas modelo 1930 et les quelques mortiers dont ils étaient équipés. Les pièces d’artillerie de montagne n’étaient pas encore montées car sur les mulets !
Les rafales d’armes automatiques couchèrent quelques hommes mal protégés. Un officier tenta de faire sortir ses Alpinis pris en enfilade entre une Section d’Eclaireurs à Skis positionnés sur les arrières italiens et le fort qui tirait de toutes ses mitrailleuses mais il fut déchiqueté tandis que ses hommes priaient la Sainte Vierge pour que chaque coup porte contre les français. Personne ne demandait ou ne faisait de quartier. La lutte était à mort.

Un groupe de chasseurs alpins tomba dans un trou d’hommes italiens. Et ce massacre se régla au corps-à-corps. Baïonnettes, poignards, pelles, dents et poings ainsi que crosses laissèrent quinze cadavres méconnaissables. Seuls deux survivants italiens sortirent à la nuit tombée, choqués mais victorieux. La loi du nombre avait parlé dans ce bain de sang.

Au bout de quelques heures, les tirs cessèrent. A bout de munitions, les français regagnèrent leur ouvrage défensif. Ramenant les blessés et laissant les morts sur place. Les Alpinis accusaient de très lourdes pertes. Les blessés étaient évacués… beaucoup n’arriveraient à l’hôpital que pour y être amputés.

Pièce de montagne fasciste sur un mulet. L’appui de ces petits canons était souvent décisif. Source : Alpini-pordenone

Pendant ce temps… à quatre mille mètre plus haut.
Un gruppo de bombardement avancait lourdement chargé vers la base d’Istres. Escorté par des biplans Fiat CR.42, les BR.20 du même constructeur trans alpin allaient bombarder le grand terrain d’aviation républicain.
Mais la garde veillait ! Les Dewoitines 520 et Morane Saunier 406 abattirent trois des escorteurs et deux des assaillants, mais les petites bombes de 100kg finirent d’écraser ce que le raid de la veille n’avait pas déjà mis en pièces. Hangars et carcasses d’avions brûlaient joyeusement, la fumée noire provenant des citernes de carburant donnaient au lieu une atmosphère apocalyptique.

Fiat Br-20, bombardier dépassé à l’entrée en guerre qui subit de très lourdes pertes. Source : Warbirdphotographs

SuperMarina n’engageait que ses sous marins de son côté. L’engagement trop hâtif de l’Italie ne lui laissait pas le choix. La suppériorité navale franco-britannique était écrasante en Mer Méditerranée, et plusieurs de ses grands bâtiments étaient encore en chantier. Les submersibles allaient donc tenter de s’en prendre aux navires qui transitaient entre l’Afrique Française du Nord et les ports du Var.
Si ils étaient pragmatiques, les amiraux italiens étaient surtout entravés par le carcan de l’Amirauté demandant autorisations sur autorisations pour la moindre action, rapports sur rapports pour le moindre geste.

Mais ces considérations stratégiques ne préoccupaient que peu nos Alpinis. En fait, ils s’en contre-fichaient comme de leur première cravate !
Il fallait se réchauffer pour le moment, quelle idée de camper à plus de 1 500 mètres d’altitude.
Et ces français qui ne se rendent pas ! Ont-ils une idée de qui est victorieux ? L’Italie bien sûr !
Évidement.
Alors qu’ils jettent les armes. Tel Vercingétorix devant César.
Déjà un tiers des effectifs évacués pour gelures.
Mais nous les Alpinis, nous tiendront !!

Photo souvenir. A envoyer à la famille, ca fait joli au dessus de la cheminée, non ? Source : Secondo66

L’offensive italienne ne dura que quelques jours (du 11 au 24 juin 1940), et quelques centaines de morts permirent à Mussolini de revendiquer quelques territoires à la France vaincue.
Le dictateur fasciste espérait plus… ses appétits étaient bien plus vastes que Menton et l’occupation de Nice, mais comment obtenir la Tunisie, la Corse et la quasi totalité de la Provence quand au final, un pays exsangue retient tout une armée l’attaquant dans son dos ?

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