Interview d’un des fondateurs sur l’évolution de Das-Boot.

Monsieur le Fondateur, c’est un honneur de vous poser ces questions.
Bienvenu sur le Service de Presse des Armées.
Si vous le voulez bien, nous allons donc vous posez quelques questions, pas trop gênantes bien sûr, sur le jeu que vous avez eu la grande bonté de créer.

 

Tout d’abord une question que beaucoup de joueurs se posent : Pourquoi La Mauvaise Fortune ?

Une longue histoire. Bien avant Das Boot, il y avait Wolfpack, un projet de jeu de plateau simulant la guerre sous-marine jouable sur forum et accessoirement la genèse de Das Boot. Le principe du jeu était très proche de ce qu’allait devenir Das Boot, à la différence que l’essentiel des actions à la disposition des joueurs devaient être systématiquement validées par un administrateur sur le forum, sur le principe de « j’écris ce que je veux faire parmi une liste d’action autorisées par les administrateurs et l’un de ces derniers m’envoie un rapport du résultat sur le forum » (sic). Bref, à l’origine, j’aurais dû m’occuper de la météo et des événements aléatoires, d’où la Mauvaise Fortune [le mauvais grain quoi], mais comme Wolfpack n’a jamais été lancé, au profit de Das Boot, le pseudo « La Mauvaise Fortune » n’a jamais fait sens, et c’est heureux d’une certaine manière.

Comment vous est venue l’idée de créer Das Boot et pourquoi un jeu de simulation naval ?
A l’origine Das Boot est un projet de trois joyeux camarades qui avaient préféré s’ennuyer plutôt que de préparer leur baccalauréat. Je crois que l’idée a germé à la suite d’une conférence sur la Seconde guerre mondiale en mai 2008 dans la salle polyvalente de notre lycée. A cet époque nous étions tous joueurs de l’excellent Corsaires1604. Nous avons donc tout naturellement voulu pousser l’aspect combat naval dans un nouvel environnement de jeu. La bataille de l’Atlantique, bien qu’assez méconnue du grand public, nous a semblé un choix logique. Des trois compères (Duboisev, Astarion et moi même), aucun ne savait programmer. Il a donc fallu apprendre le PhP et le CSS. On peut dire que Das Boot est vraiment devenu ce que le jeu est aujourd’hui à partir d’août, lorsqu’Astarion, après un mois de formation sur le site du Zero, a commencé à se lancer dans la programmation du jeu. D’autre part, l’arrivée d’Otto Kretschmer, un camarade de Corsaires1604, en septembre 2008 a donné un sacré élan au projet.

Combien de temps le développement du jeu vous a t-il prit avant que ce dernier ne soit jouable et mis en ligne ? Quel était votre rôle dès ce premiers pas ?

Si on réfléchit pas de tant de temps que ça, et c’est assez surprenant rétrospectivement. En réalité, Otto et Astarion ont mis 6 mois pour accoucher d’une version d’alpha « presque jouable » – enfin plus ou moins, les anciens vous en parleront mieux que moi. Il faut comprendre que notre investissement dans le projet a largement compensé l’absence de compétences techniques. L’équipe voulait absolument sortir une version rapidement qu’importe le coût, ce qui s’est d’ailleurs traduit par une version alpha largement boguée et injouable, mais qui s’en souciait vraiment, nous avions réussi notre pari et nous recevions de nombreux retours pour nous aider à affiner le projet. Le jeu était en ligne, nous avions 100 joueurs, ne restait plus que continuer sur cette lancée.

Les années passant, je ne souviens plus exactement de mon rôle. De mémoire, je jouais un rôle de médiateur au sein de l’équipe notamment entre Otto et Astarion, deux passionnés au tempérament bien trempé, si vous voyez ce que je veux dire. Je m’occupais aussi de remplir les bases de données, de rédiger les textes et de développer les concepts de jeu en bonne intelligence avec le reste de l’équipe à mesure que les programmeurs avançaient. Un travail d’homme de l’ombre, mais pourtant nécessaire pour donner au jeu son caractère si particulier.

Depuis 2010 Das Boot est devenue une association (Das Boot Création), quel était l’avantage d’être une association ?

Nous voulions marquer le coup. Beaucoup de jeux amateurs ne survivent pas au départ de leurs fondateurs. Par conséquent, nous voulions inscrire notre travail dans le temps, lui donner un cadre capable de survivre au départ prévisible de la première génération d’administrateurs. Par ailleurs, nous voulions que l’esprit d’origine du jeu soit préservé. Rien de mieux qu’une structure associative pour encadrer le développement du jeu et éviter les écarts de gestion.

Quel à été / ont été votre / vos plus gros problème(s) sur DB ? (Joueurs, développement, serveur ou autre…etc)

C’est une difficile question, car gérer le développement d’un jeu amateur qui repose sur l’investissement d’équipes bénévoles est un sacré programme.

Rapidement, je vois toutefois deux principaux enjeux et en premier lieu, l’animation de la communauté. Il est extrêmement difficile de trouver un juste milieu entre les temps d’animation/de modération de la communauté et le développement du jeu. La communauté fait vivre le jeu. Elle est aussi le vivier de nombreuses idées, et éventuellement de compétences en devenir. Il faut prendre le temps d’identifier les individus qui peuvent apporter au jeu et prendre le temps de l’écoute. D’un autre coté, cette communauté est parfois la source de frustration. C’est donc à l’administration de trouver le juste milieu en matière d’investissement, de l’expliquer à tous et de s’y tenir. En la matière il n’y a pas de règle d’or et c’est bien le problème.

Deuxième enjeu qui me vient à l’esprit, la conduite du projet. Développer un projet tel que Das Boot et diriger une équipe de 3-10 bénévoles nécessite une planification remarquablement fine qui devrait recevoir une attention de tout les instants de la part du chef de projet. Or, le bénévolat repose sur une condition devenue règle d’or : l’investissement n’est ni régulier, ni obligatoire, ni nécessairement soutenu. Par conséquent, pris dans la conduite des opérations : animation du forum, communication, développement du jeu, soutien au programmeurs etc., je remarque que, bien souvent, le chef n’a pas le temps de la prise de recul. Il n’y voit d’ailleurs pas l’intérêt puisque la condition de bénévole de son équipe semble rendre illusoire toute possibilité de projection dans le futur. C’est à mon sens une erreur qui a coûté cher à Das Boot et qui nous a fait perdre beaucoup de temps et d’énergie. Il faut prendre du recul et anticiper. Une posture par ailleurs remarquablement bien maîtrisée par l’équipe actuelle et on ne peut que les féliciter.

Quel à été / ont étés votre / vos plus grande(s) satisfaction(s) durant toutes ces années ?

Je crois que ce genre de projet repose sur un sincère désir de transmettre un plaisir de jeu sur la base d’une vision. Autrement dit, rien n’est plus plaisant de voir des joueurs prendre plaisir sur ce que nous avons pris plaisir à concevoir. A mon sens, c’est peut être l’une de mes plus grandes satisfactions, plus que l’élaboration d’un bel objet. Se dire que l’on a transformé un tas de pixels en quelque chose qui génère de l’échange, du plaisir, des rencontres qui vont au delà du jeu lui même, c’est quelque chose tout de même.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un joueur qui découvre aujourd’hui Das Boot ?

Testez de nouvelles choses sur le jeu et partagez les avec d’autres joueurs qui découvrent le jeu comme vous. Tout le plaisir du jeu est de découvrir et de s’approprier ce nouvel environnement. Prenez des risques, testez, et ne vous inquiétez pas du reste, il se dévoilera avec le temps.

Depuis 2012 vous vous êtes retiré peu à peu de l’association Das Boot Création, mais aussi du jeu en tant que joueur. Une raison particulière ?

Un joueur, comme un jeu d’ailleurs, naît, vit puis meurt. Il en va de même de l’administrateur. Je crois qu’il faut bien comprendre que l’investissement sur ce type de projet nécessite d’importants sacrifices au niveau personnel et professionnel. Qu’on veuille ou non le concéder, c’est une préoccupation de tout les instants. Nous en étions tous parfaitement conscient en créant das Boot [d’où l’association d’ailleurs] et nous pouvions par ailleurs nous le permettre. C’est la chance de l’étudiant d’une certaine manière. Les années sont passées et m’ont poussé vers de nouveaux horizons, j’ai préféré prendre de la distance avec le jeu dès lors que le projet a commencé a généré de la frustration et de la lassitude, laissant à d’autres la joie de continuer ce beau projet. La clé, c’est de savoir tirer sa révérence au bon moment. J’avais heureusement Merco pour m’épauler et prendre la relève, une aubaine, d’autant plus que j’arrivais à un important carrefour sur le plan professionnel qui nécessitait à ce moment là une attention particulière.

Quels sont alors vos projets en cours ?

Je suis toujours sur le développement du jeu Factoriae (http://www.factoriae.com/) qui continue son bout de chemin et qui ne devrait plus trop tarder à sortir le bout de son nez, mais je dois concéder que, depuis mon engagement dans les Armées, les choses avancent moins vite qu’elle ne devraient, mais quelque part c’est pas plus mal ainsi.

Avez-vous un message que vous souhaiteriez faire passez à la communauté Das Boot ?

On a le jeu que l’on en fait. Il existe de nombreuses initiatives qui participent au développement du jeu, il ne tient qu’à vous de les identifier et de vous en saisir en bonne intelligence avec les administrateurs du jeu. A ce titre, le SPA en est un excellent exemple et je ne puis que vous en féliciter. Ouvrez vos yeux, faites fonctionner votre cerveau, ne prenez pas la mouche et tant le jeu, que vous même, devraient sortir grandi de cette expérience. Je dis ça, je dis rien.

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