30 avril 1945, Adolf Hitler est mort.

Ce qu’il reste du Reichstag début 1946

 

30 avril 1945, le bruit des combats se rapprochait de plus en plus de la chancellerie. Pourtant, le calme régnait dans le bunker du Führer.

Pareil à des catacombes, un silence de mort emplissait cet ouvrage de béton. Une détonation rompit le silence. Celui qui se voyait comme un artiste incompris, refusé à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne, petit caporal de la Grande Guerre, Führer d’un Reich millénaire, venait de se suicider. Son histoire commence en 1933 pour finir ce 30 avril 1945. Dieu vivant pour certains, monstre sans nom pour les autres, avec lui se termine le IIIe Reich allemand. C’est l’histoire de sa fin qui va vous être racontée.

Volksturm initié au maniement du Panzerfaust. Facile d’utilisation, c’est une arme redoutable face aux chars russes.
 

Fin mars 1945, la guerre est perdue depuis longtemps mais il n’est pas question de parler de défaite au GQG de Berlin. Hitler se voile la face. Croyant que des divisions imaginaires vont renverser la situation. Les soldats doivent mourir sur place plutôt que de reculer. Les réserves doivent monter au front et contre-attaquer. Mais quelles réserves ? L’Allemagne est exsangue.
Seule l’énergie du désespoir tient encore les soldats debout. A l’Ouest, les vestiges de la XIIe Armée tente de maintenir un front continu face aux américains. À l’Est, deux groupes d’armées combattent les soviétiques.
Ce que l’on appelle groupe d’armées à ce moment de la guerre, n’a plus rien avoir avec la définition de départ. Les divisions n’ont que le quart de leurs effectifs, et quels effectifs ! Les vétérans sont morts depuis longtemps. Maintenant c’est la Volksturm qui combat. Des vieillards et des enfants. Ces troupes ne sont pas formées pour la guerre. Elles manquent de matériels,  n’ont plus de carburant pour les rares véhicules restants. Ce sont des civils en arme, des partisans. Ceux qui refusent de se battre sont fusillés. Les autres meurent par centaines face aux mitrailleuses russes.

La Bataille de Berlin commence le 16 avril 1945.

Bien qu’à cette époque, il est difficile de dire qui commandait vu le jeu de chaises musicales découlant des «trahisons» des généraux allemands*.
Suivant l’ordre de bataille, il est communément admis que c’était le général Henrici qui était en charge à ce moment du front de la capital. Berlin avait été fortifié par un système intelligent de défenses concentriques autour de la chancellerie.
Le premier verrou était les hauteurs au dessus du petit village de Seelow. Ce dernier devait être pris si les russes voulaient pouvoir encercler Berlin sans tarder. Une fois de plus, les sources s’opposent mais les effectifs engagés, seraient de cinq à dix fois plus nombreux chez les russes que chez les allemands. Malgré cela, la première attaque manqua de peu de se finir en déroute. Trop confiants en eux et mal préparés, les russes subirent une cuisante défaite. Les troupes allemandes résistèrent jusqu’au 19 avril. Cloîtré dans son bunker, les excès de colères d’Hitler était de plus en plus coutumiers. La fin était proche.

Malgré une résistance héroïque de ses défenseurs, Berlin ne pu échapper à la capitulation

 
 
 

Le 20 avril, le jour de son anniversaire, les russes faisaient face au périmètre intérieur des défenses. Les SS, dont un bataillon de la division Charlemagne (des français) se battaient aux côté des Hitlerjurgen et de la Volksturm avec l’énergie du désespoir. Les russes vécurent à leur tour l’enfer de Stalingrad. Il fallait combattre pour chaque rue, pour chaque maison. Pour chaque homme perdu chez les défenseurs, un char russe était en flamme. Pour la dernière fois, Hitler va sortir de son Bunker. Il passera en revue ses derniers défenseurs : des enfants en uniformes ! Le soir, il organisa une petite fête à la chancellerie qui se termina prématurément à cause des tirs d’artilleries. Ce fut sa dernière apparition.

A partir de là, tout s’accélère. Le 21 avril il ordonne au groupe Steiner de passer à l’attaque. Le 22, ulcéré par le refus de Steiner de prendre l’offensive (avec quelles troupes aurait-il pu attaquer, il n’avait même pas de quoi tenir sa position !), il rentra dans une nouvelle colère. La plus violente d’après le maréchal Jold. Le 23, Hitler a perdu ce qui pouvait subsister de son bon sens. Donnant des ordres impossibles et imaginant des divisions fictives, personne n’ose le contrarier.
Les dernier généraux qui se battent encore sont condamnés à mort s’ils ordonnent le repli. Le 24, tout le monde est d’accord sur un fait : Le führer a perdu la raison. Le 25, la majorité des dirigeants nazis et les généraux ont quittés Berlin. Hitler refuse. Himmler tente de négocier avec les alliés. Sans succès.

Un nouvel espoir naît. La XIIe Armée se rapproche de Berlin. Cet espoir n’est qu’illusion. Il est impossible que cette dernière arrive à sauver Berlin. Beaucoup doute qu’elle arrive jusqu’à la ville. Le 28 avril, Hitler est averti  des négociations.
C’est sûrement l’élément qui finit de l’achever. Le 29,  après avoir épousé Eva Braun, il dicte son testament. Il s’est résigné à la défaite. Enfin, il a compris que c’était fini. Le Reich n’est plus. Il donne l’ordre à son aide de camp de brûler sa dépouille. Peu de temps après, on l’informe que ce n’est plus qu’une question de jours avant que le bunker soit pris.

Dans la nuit du 29 au 30 avril, Hitler se suicide. Avec lui, le rêve du Reich qui devait durer mille ans s’éteint. Le drapeau avec la croix gammée fait place à l’étoile rouge au-dessus du Reichstag.

L’étendard russe flotte sur la chancellerie. Le Reich n’est plus.

*Note de l’auteur: A la fin de la guerre, Hitler était persuadé que ses généraux l’avaient trahi et il était coutumier qu’ils soient jugés sommairement et exécutés ou qu’ils se rendent aux alliés pour éviter le peloton d’exécution

Chers lecteurs, par le présent billet il n’est pas dans nos intentions ni de célébrer ni de commémorer l’individu, dictateur schizophrénique et immonde, mais bien une date et un événement qui au cours de la seconde guerre mondiale influença le cours de celle-ci. Notre intention n’est ni l’apologie ni la polémique, mais bien le devoir de mémoire. Merci.

 
Sources :
Les derniers jours d’Hitler, de Joachim Fest aux édition Tempus

Les généraux d’Hitler: leur combat de JL. Collins et all édition Elsevier

Ce contenu a été publié dans article historique, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.