La bataille de Stonne

 

La bataille de Stonne est un des seuls «succès français» de la bataille de France. Lors de cette bataille, les panzers de Guderian, qui avaient permis la formation d’une tête de pont a Sedan, furent mis en échec par la 2e armée française bien décidée à en découdre avec l’ennemi. Mais pour bien comprendre, revenons un peu en arrière.

Nous sommes en mai 1940, la campagne de France a commencé. Sur le papier, l’armée française a suffisamment de troupes et de matériel pour battre le 3e Reich. Contrairement à la pensée commune, les panzers du début de la guerre n’avaient rien d’exceptionnel et n’auraient pu rivaliser avec les chars lourds B1-bis. Pourtant, en très peu de temps, l’armée française fut défaite. En effet, dans une tentative de contrer l’avancée allemande, le commandement français avait massé une grande partie de ses troupes derrière la ligne Maginot. Le reste des forces, comprenant la majorité des troupes d’élite françaises,
devaient avancer en Belgique si les allemands tentaient à nouveau d’appliquer le plan  Schlieffen. Il ne restait que quelques divisions pour défendre les Ardennes.

Très vite, les troupes envoyées en Belgique furent prises au piège. Lors de ces manœuvres, le Général Guderian réussit a conquérir Sedan, lui donnant ainsi une tête de pont solide sur la Meuse. La percée ennemie devenait de plus en plus menaçante. Le XXI corps français monta en ligne afin de menacer le flanc de l’avancée allemande.

Stonne1

Général Heinz Guderian

Les visions opposées.

Fidèles à leur doctrine, les français optèrent pour une bataille défensive. Les hauteurs de Stonne auraient par la suite permis à l’artillerie de tirer sur les ponts de la Meuse.
Les ordres furent donc donnés en conséquence. Le XXIe corps se fortifia sur place. Bien que des attaques françaises eurent lieux, ce fut avec tellement de mollesse qu’elles passèrent inaperçues.

Du côté allemand, un statu quo aurait pu suffire. La principale attaque devant aller vers l’ouest, il suffisait de garder Sedan et ses alentours sous contrôle pour permettre
le franchissement de la Meuse. Pourtant, au contraire des français, ils optèrent pour une défense agressive. L’objectif étant de s’emparer de Stonne et de ses hauteurs pour
mettre Sedan hors de portée des canons.

Stonne2

Deux mitrailleuses de 8 mm Hotchkiss modèle 1914 en batterie et leurs servants

Les combats :

La bataille durera du 15  au 27 juin. Le 15 au matin, les chars de la 10e panzer lancèrent l’attaque. «Quand ils arrivèrent dans Stonnes ils se firent bien recevoir. La moitié fut détruite» (Michel Baudier). Cependant, cette première attaque est un succès allemand. Les troupes françaises doivent se replier. Devant l’avancée des panzer, les chars français contre-attaquèrent en force et reprirent le village. A court de munitions, ils durent cependant le rendre aux allemands peu de temps après. Une nouvelle contre-attaque fut lancée et le village de nouveau repris.  Les jours suivants, l’infanterie soutenue par l’artillerie attaqua sans relâche. Point névralgique de la bataille, le village va être perdu et repris pas moins de 17 fois…

Bien souvent appelée le Verdun de 1940, cette bataille fut la plus éprouvante de la campagne de France. Bien que vaillantes, les troupes françaises, finirent par abandonner le village. Ils avaient réussi à mettre en échec le blitzkrieg mais aucun renfort n’arriva. Pensant sûrement qu’une attaque frontale pouvait encore avoir lieu, un grand nombre de divisions restaient cantonnées sur la ligne Maginot. Ces renforts auraient pourtant permis de reprendre Sedan menaçant grandement l’avancée allemande.

Stonne3

Colonne de prisonniers français pendant la bataille de France

Victoire ou défaite ?

Bien que le village soit tombé, les allemands ne réussirent pas à percer la ligne française. Sedan resta donc sous menace constante. Cependant, n’ayant pas réussi à s’imposer,
les français laissèrent le champ libre aux passages de renforts et de ravitaillement ennemis. Le manque de ravitaillement criant empêcha les français d’obtenir une victoire stratégique majeure qui finalement appartiendra aux allemands. Malgré cela, ils remportèrent une victoire tactique de premier plan. L’avancée allemande dans le secteur était stoppée. De plus, cette bataille fut la plus coûteuse en en hommes pour la Wehrmacht lors de la campagne de France.

Stonne4

Char lourd français B1-bis. Les dégâts visibles laissent penser à un tir de canon pack 38

Le Bilan :

La bataille aura coûté la vie à un millier de soldats français et 3000 soldats allemands. Le XXIcorps perdit également 31 chars. La 10e panzer division en laissa quand à elle 24 sur le terrain. Pour conclure, voici une citation de Dominique Lormier tirée du livre la bataille de Stonne : «Cette bataille peu  connue du grand public, qui s’est déroulée du 14 au 25 mai 1940, vaut par l’emploi intelligent, côté français, des chars associés à l’infanterie et à l’artillerie. Elle est en quelque sorte le modèle de ce qui aurait dû être réalisé sur l’ensemble du front, à savoir la rapidité de violentes contre-attaques, utilisant toute la puissance de feu de l’armement moderne en des points névralgiques.

Par ailleurs, elle met à mal l’idée reçue de la supériorité matérielle de l’armée allemande. Le char B1-bis s’avère en effet supérieur en plusieurs points au panzer: blindage plus épais, armement sans équivalent».

 

________________________________________________

Sources :

Les généraux d’Hitler: Leur combat de JL. Collins et all. Editions Elsevier

La bataille de Stonne de JP. Autant Editions Bénévent
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Stonne

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.