Escarmouche en terre hellenique.

Devant les préparatifs allemands, italiens et bulgares d’une invasion de la Grèce, la perfide Albion prit les devants en envoyant des renforts aux troupes déjà présentes pour appuyer le petit pays dans la lutte contre l’Axe.Ce court récit, fictif, met en scène cet épisode de la grande Histoire de la Seconde Guerre Mondiale de mars 1941. Si le récit est fictif, les personnages, lieux & matériels sont réels.

Sir, votre appareil est prêt à décoller.
– Ah ! Pas trop tôt ! Les copains attendent depuis une demi heure, il faut pas autant de temps pour changer une paire de durites d’huiles d’habitude. On part pour botter le cul des fascistes Jacobson ! J’ose espérer que vos gars seront plus réactifs chez les helvètes !
– Les hellènes Léonard, les helvètes ce sont les suisses…
– Oh ça va « Cherry »… lâche moi avec tes bouquins, ta science, tu aurais mieux fait de faire Oxford plutôt que la guerre.

Les deux pilotes coururent vers les deux Hurricanes dont le moteur venait de se lancer sur la grand piste de Helwan, en Egypte.
Les coucous venaient de subir une ultime révision avant leur saut vers la Grèce. Le père Churchill venait de décider de renforcer le pays contre une éventuelle agression des boches.
Les italiens, c’était pas vraiment un problème. Les locaux avaient l’air de s’en débrouiller très bien depuis quelques mois en Albanie, et cela amusait beaucoup les gars du 33 Squadron de Sa Majesté.
Ceci dit, Herr Hitler ne pouvait se permettre de voir son principal allié dans la guerre perdre la face devant un petit pays montagneux.
Plusieurs squadrons étaient déjà sur place mais ne combattaient pas vraiment. Enfin, quelques kills par ci, par là… mais rien d’officiel ni de voyant. Là les choses commençaient à se gâter et de forts éléments du Fighter et du Bomber Command étaient envoyés là bas.
Tant mieux ! On commençait à prendre racine dans le désert, c’est malsain.

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Les appareils du 33e décollèrent rapidement et prirent un cap nord ouest, grimpant à six mille mètres.

De là, on pouvait contrer toutes attaques de torpilleurs Sparviero venant de Rhodes, ou repérer une escadre italienne. Les périscopes étaient laissés aux professionnels : deux Sunderlands volaient pesamment autour d’un convoi que le groupe du S/L Pattle apercevait au loin.
Il transportait des éléments de la 6th Australian Division et de la 2nd New Zealand Division. L’ANZAC de la Première Guerre était elle ressuscitée ?
Une escorte de la Royal Navy était sûrement présente au large de la Tripolitaine, pour empêcher les attaques des Gros d’il Signor Mussolini.

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Sir ? On sait où on dort au moins ?
– Avec les meilleurs chasseurs grecs Cottingham. Des Bloch français, certains en ont croisé en 40 il me semble.
– Sérieux ?! C’est ça leurs meilleurs oiseaux !! Heureusement qu’on arrive alors… parce que les français ont pas eu de beaux résultats avec ces machines.
– Et ils en ont pas beaucoup. Les nôtres sont déjà assez nombreux.

En effet, les appareils grecs sont pour la plupart dépassés. Potez et Bloch français sont ce qu’ils ont de mieux à opposer aux italiens… qui n’ont pas, eux non plus, la fine fleur de l’aviation mondiale.
Si la Luftwaffe entrait en scène, cela serait une autre histoire.

On y est boss ? Je vois la côte.
– Négatif « Cherry », c’est la Crête. On pousse plus loin.

Les Hurricanes continuèrent jusqu’à leur nouvelle base pendant encore deux bonnes heures.
La piste était grande, une base tout neuve ! Avec des beaux hangars propres !
Noël avant l’heure ? Chic alors !
Le général Wilson, commandant le Corps Expéditionnaire britannique avait peut être été au petit soin pour le 33e finalement ?
Alors que chacun posait son chasseur dans le plus beau style britannique, pour impressionner les rampants locaux, une voiture fonça vers le monoplan du Squadron Leader.

Pattle ?! Pattle ?!
– Oui !! Qu’est ce qu’il y a bon sang ? C’est pas une façon d’accueillir une si belle troupe de gentlemen…
– Fermez là ! Je suis le colonel Patch, on va ravitailler vos zincs. Et tout de suite, vous êtes armés ?
– Oui mais…
– Les italiens bombardent les dépôts grecs de la 1ere Armée engagée en Albanie. Le 30e va vous rejoindre avec ses Blenheim. Briefer vos gars, qu’ils restent dans les coucous.
– All right.

Pattle regarda les grecs se jeter littéralement sur chaque Hurricane pour en faire le plein.
Il y avait également les rampants d’une unité du Bomber Command, ça urgeait apparemment.

Sir, c’est quoi ce bord…
– On fait le plein et on décolle, les italiens matraquent nos amis. Faut leur faire comprendre que Sa Majesté est arrivée pour leur donner une correction.
– Une seule ? Attendez chef, j’ai de quoi renvoyer ces fascistes à Rome.
– « Cherry », laissez la radio libre pour ceux qui ont des choses utiles à dire.

Le colonel revint porter une carte de la région au Squadron Leader avec les ordres de la mission de bienvenue et les Hurricanes du 33e décollèrent pour s’en prendre à la Regia Aeronautica une fois les pleins faits.
A peine les trains rentrés, Cottingham aperçut quelque chose dans ses deux heures.

Bimoteurs a deux heures, haut.
– Le 30e patron ?
– Possible.

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En effet, les dix Blenheim If menés par le Sqadron Leader Paxton vinrent s’ajouter à la formation, mais bien plus en hauteur.
La tactique allait être simple. Les hurri’ se chargeraient d’une éventuelle escorte tandis que les chasseurs lourds engageraient les bombardiers.
Et les italiens ne se firent pas priés.
Les dépôts ne furent pas la cible du raid… ils se dirigeaient vers la base grecque !!

– OK. Les biplans sont pour nous, pas de combat tournoyant. Utilisez votre vitesse messieurs.
Les Blenheims vont se charger des bombardiers.
– Ce sont des Fiat patron. Je vois pas de moteur dans le nez.
– All right. On va les éloigner des bombardiers pour faciliter le boulot du 30e, TAILLY HO !

Les chasseurs britanniques plongèrent sur les biplans italiens une fois à portée. Ceux ci, des CR 42, les avaient fort bien vus. Ils n’étaient pas pilotés par des amateurs et après avoir tenté une passe frontale, chacun se mit à utiliser l’extraordinaire manœuvrabilité de son chasseur pour abattre l’adversaire.

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Les paires italiennes affrontaient les paires anglaises.

« Cherry », bandit dans tes six heures !
– All right.

L’oiseau des usines Hawker plongea et sema le Fiat en rétablissant à une vingtaine de mètres du sol, pendant se temps Cottingham découpait le plan supérieur d’un 42 avec ses huit .303. Le pilote italien sauta de sa machine, mais l’anglais était trop concentré à voir sa victime tomber lorsqu’une secousse secoua son dos.
Des traçantes de SAFAT passaient au dessus de lui !!

I’ve got an ennemy on my six !
– Roger Cootin’ !

Le déjà As anglais écrasa le palonnier sur sa gauche et poussa le manche en le calant contre son genou gauche tout en poussant à fond les gaz. Le chasseur britannique vrombit de son moteur Merlin et plongea vers la planète.
Mais l’italien ne lâchait pas l’affaire. Coriace le bougre !

Lâche moi fumier !

Les salves de 12,7 passaient toujours autour de l’anglais qui vrillait pour rendre la visée du fasciste, toujours présent dans le rétroviseur dorsal de la verrière du Hurri’, plus difficile.
Mais rien n’y faisait.
Restait que la chandelle.
Cottingham sortit alors ses volets et tira le manche de toutes se forces. Le Hawker fit un bruit terrible de ferraille tordue, mais il tint bon. Le voile noir cogna durement le pilote, mais le Merlin emmena le chasseur dans une superbe chandelle dans laquelle l’italien l’avait suivit !!
Mais il ne tirait plus.

Cottingham bascula sur la droite et vit alors le Fiat tomber lui aussi et rejoindre ses lignes. Sûrement à bout de munitions.

Ce coup ci, j’ai eu chaud. Merci Seigneur. 

Lorsqu’il rejoignit le reste du 33e, il eut le droit à un savon maison de la part du patron pour avoir laissé son ailier. Mais celui ci était encore en vie alors…
Les pertes s’élevaient à trois appareils perdus, pour onze victoires revendiquées. Prétentieux mais le colonel sera ainsi satisfait.
Les bombardiers avaient eux aussi été durement étrillés.

Hey Cottingham ! Pas mal pour une entrée en scène.
– Oui « Cherry », pas mal… mais j’ai bien faillit me faire avoir par un italien un peu trop collant.
– Il n’ont pas que des nuls, mais on les aura. Crois moi.
– Oh je ne m’inquiète pas. Le jour où ils auront quelques bons appareils par contre…

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Le 33e rejoint sa base pour préparer ce qui allait être la Bataille de Grèce, opération Marita pour les allemands.
Les renforts du Commonwealth continuaient à arriver. Et personne ne pensait alors que dans quelques semaines, un nouveau Dynamo allait être tenté, et réussi !!

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