Commémoration WW I. Episode I

Das Bootiennes, Das Bootiens,

           C‘est avec un très grand plaisir que le Service de Presse des Armées vous dévoile ce jour le premier épisode d’un projet commémoratif de la Grande Guerre. Cette guerre qui priva chaque famille d’un père, d’un fils, d’un frère, nous avons voulu montrer ce que fut cette guerre de manière plus crue et moins « violonesque » que ce que les documentaires et les séries ainsi que les films veulent vous la présenter. Autant vous le dire, il y aura quelques passages que notre CSA aurait qualifié de Lecterien.

Blague à part, le souhait est ici de montrer ce qu’est une guerre. La guerre totale même, dans ses beaux et ses mauvais rôles. Et sans la voix monotone de la voix off.

          Vous suivrez donc, chers lecteurs, l’aventure de Marcel VERDON. Mais place à la lecture !! Ce premier épisode n’est pas très long, il n’a pour but que de « briser la glace » pour que vous fassiez connaissance. Mais, pour ma part, je l’aime bien ce gars…

Infirmerie du fort de Douaumont. Source : SPA.

Infirmerie du fort de Douaumont.
Source : SPA.

Mon capitaine !! Il se réveille.
– Merci Catherine.

Je me sentais mal, la tête bourdonnante et le ventre en feu. Mais surtout, cette odeur infecte qui indiquait l’hôpital. MERDE !!!! J’ai pris un obus dans la gueule. Ca y est, on va me renvoyer à Fontenay en morceaux. Remarque, ça fera de la viande pour dimanche.

Est ce que vous m’entendez ?
J’hoche la tête, elle est toujours lourde. Je dois avoir un 75 encastré dedans…

Je suis le capitaine Travol, médecin chef de cet étage. Vous êtes à l’hôpital militaire de Chantilly.
Est-ce que vous vous rappelez quelque chose ? Votre nom ? Votre âge ? Grade ?

Il me regarde gentiment. Ca à l’air d’être un brave type. L’officier qui vient d’arriver derrière lui, beaucoup moins. Un commandant, avec un bras en moins. J’ai un peu de mal à dire si c’est le gauche ou le droit… la vache ! je suis dans les choux.

Mon capitaine… mon commandant… Sergent Verdon, Marcel. 28 ans. 3e Regiment de tirailleurs, 37e Division. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
– A vous de nous le dire sergent !
– Mon commandant, je me souviens que mon régiment à reçu l’ordre de se porter au-devant de l’ennemi. On a apparemment contourné l’aile d’un régiment prussien…
– Allemand sergent.
– Oui monsieur. Et nous avons tenté de les prendre à revers pour couvrir le 2e tirailleurs, qui déboitait. Une mitrailleuse arrosait la compagnie de Galabrut, j’ai conduit mes hommes en voltigeur sur celle-ci et on l’a fait sauter. Mais une contre-attaque nous a repoussé de notre position et leurs 77 nous ont arrosé. Vous savez, nos 75 avaient du mal à suivre notre progression et nos pièces lourdes de 120 avaient une allonge trop courte…
– Revenez au combat sergent.
– Excusez-moi mon commandant. Ca à explosé de partout, mes gars se sont retirés en bon ordre dans nos lignes mais j’ai laissé pas mal de braves types sur place…
– Des indigènes…
– DES HOMMES DE GRANDE VALEUR MON COMMANDANT !!!!
– Mon commandant, je peux vous dire que tous les hommes qui passent par ici sont mutilés de la même façon et ont très certainement donné leur sang de la même façon pour la France, quelque soit leur région d’origine.
– Merci mon capitaine. Donc sous le feu de l’artillerie pru… allemande, j’ai dû être touché car c’est là que s’arrêtent mes souvenirs.

Les deux officiers échangèrent un long regard, puis me regardèrent avec un brin d’admiration avant de disparaître tentant de glaner des informations auprès d’un adjudant de cavalerie.
La petite infirmière de tout à l’heure m’apporta un verre d’eau qui fut le bienvenu.

Tenez sergent. Je m’appelle Catherine, c’est moi qui vais m’occuper de vous. J’étais étudiante en art avant la guerre. Et vous ?
– Instituteur. Merci pour l’eau, j’étais plus asséché que le Sahara.
– Hihi. Quand la guerre sera terminée, je reprendrais mes études, vous reverrez surement vite vos élèves, les allemands ne pourront pas tenir très longtemps. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-moi.

La jeune femme alla au chevet d’un homme bandé jusqu’aux oreilles. Ma pauvre petite… je ne crois pas que cette guerre sera finie de sitôt. J’espère que tu reprendras tes études, mais si je revois mes petits vendéens, ça sera un miracle divin.

Canon de 75mm mle 1897 et son télémètre de campagne. Source : SPA (photo prise au Musée des blindés de Saumur).

Canon de 75mm mle 1897 et son télémètre de campagne.
Source : SPA (photo prise au Musée des blindés de Saumur).

          Le SPA se sert dans cette série commémorative de sa base de données de photos prise lors de vacances, etc. Les photographies seront, dès le second épisode, libre d’accès et de copie dans un petit dossier en ligne. Mais, ca sera la surprise, nous ne vous en écrivons pas plus. Ceci étant dit, nous faisons appel à vous !! Chères lectrices, chers lecteurs, pour nous proposer vos photos, vidéos personnelles si vous souhaitez les partager via ce billet bimensuel commémoratif de la Première Guerre Mondiale, contactez Maria « Divine » Ames. Les contributeurs seront évidement remerciés, et les auteurs se feront une joie de leur rendre hommage.

Notez que ce récit est purement fictif, cette romance n’a pour but que de rendre hommage tout en collant au plus près de la réalité historique connue auprès de documentaires sérieux, d’ouvrages et de photographies toute aussi sérieux, si ce n’est plus.

          Ah, et n’oubliez pas… le Service de Presse des Armées recrute des rédact(rices)eurs !! Contactez MERCo pour toute candidature ou simple renseignement, c’est une formidable aventure (et je vous parle pas de l’équipe… ).

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