Les animaux de guerre

Crédits: Erwin Schütze

Introduction 

Depuis de nombreux siècles les animaux sont utilisés comme armes de guerre : depuis les éléphants de l’époque d’Alexandre le Grand à nos jours. Beaucoup d’animaux servirent dans les rangs des différentes nations du monde et parfois de manière inattendue. Aujourd’hui, nous allons revenir sur certains animaux du XXe siècle, qui purent marquer leurs époques de manière héroïque ou par leurs audaces.

 

Pigeon

Les pigeons furent beaucoup utilisés pendant la première guerre mondiale, notamment en tant que messagers. On pouvait même retrouver des caisses de transport de pigeons sur des motos, dans des bus londoniens reconvertis en pigeonniers roulants, dans des navires et même des chars. L’avantage de ces pigeonniers roulants était qu’ils suivaient le champ de bataille. Dans le cas des unités à terre ou des chars, il pouvait s’agir du dernier moyen de communication. Comme dans le cas du commandant Raynal, qui défendait le fort de Vaux :

« Nous tenons toujours, mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses. Il y a urgence à nous dégager. Faites-nous donner de suite toute communication optique par Souville, qui ne répond pas à nos appels. C’est mon dernier pigeon. Signé : Raynal »

Gravement intoxiqué au gaz le pigeon mourut en arrivant au colombier de Verdun ; il fut cité à l’ordre de la nation.

Pareillement, une unité de chasseurs à pieds s’était retrouvée isolée, les moyens de communication coupés par l’artillerie ennemie et les fumées empêchant tout contact visuel. Un pigeon fut alors envoyé pour porter ce message :

« Sommes sous le Souchez. Subissons lourdes pertes, mais le moral est très élevé. Vive la France ! »

L’artillerie allongea alors ses tirs et l’unité put être secourue.

Un bus londonien transformé en pigeonnier roulant durant la 1ère guerre mondiale.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Colombophilie_militaire

Cependant, les pigeons n’avaient pas que des missions de messagers, mais aussi d’espions. Équipés d’appareils photos ou de petites caméras, les pigeons passaient au-dessus des lignes adverses pour prendre des images des positions ennemies. Toutefois, cette technique restait plus qu’aléatoire, surtout pour les appareils photos qui pouvaient être équipés d’un minuteur.

Les pigeons restèrent très utilisés comme messagers durant de nombreuses années, notamment aussi durant la deuxième guerre mondiale, malgré le développement de la radio. La dernière unité européenne à employer des pigeons était le 8e régiment de transmission de l’armée française, dissous en août 2014.

Pigeon espion durant la Grande Guerre.
Source: wikipedia.org

Membre d’équipage d’un bombardier Lancaster emportant 2 boîtes à pigeon durant la seconde guerre mondiale.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Colombophilie_militaire

Même si les pigeons étaient souvent utilisés pour leurs remarquables capacités de repérage dans l’espace afin de transmettre les messages, l’armée américaine, durant la seconde guerre mondiale, leur trouva une autre utilité, connue sous le nom de projet Pigeon.

Les pigeons n’ont pas qu’un bon sens de l’orientation, ils sont aussi loin d’être idiots et disposent d’une très bonne vue. Le psychologue Burrhus Frederic Skinner entraîna des pigeons à garder une image au centre d’un écran. Si le pigeon y arrivait, alors il recevait de la nourriture en récompense. La première tête chercheuse était née, il suffisait d’entraîner le pigeon à garder l’image d’un navire au centre de la cible et le tour était joué.

Le système fonctionnait par contact électrique : l’image était placée sur une surface conçue avec de nombreuses petites plaques électriques, et une petite plaquette de fer était placée sur le nez du pigeon. Quand le pigeon tapait sur un carré, cela fermait le contact, ce qui donnait des informations au missile pour rectifier sa trajectoire si le pigeon ne tapait pas le centre de l’image.

Plusieurs types de missile était prévus, allant de 1 à 3 pigeons par missile. Le plus retenu était celui à 3 pigeons, où le missile retenait la décision de la majorité pour le guidage. Néanmoins, les pigeons n’étaient pas infaillible, par exemple les nuages, la nuit, le nombre de navires ou encore leur ombre pouvait gêner les pigeons dans leurs guidages et faire tomber la bombe à côté de la cible.

Bien que sceptique, l’armée américaine alloua un budget de 25 000 $, mais le projet Pigeon fut annulé en octobre 1944 alors que 64 pigeons était déjà formés et ne manquaient jamais leurs cibles, même avec des sons stressants comme celui des détonations. D’autres technologies comme le radar ou la bombe atomique étaient dorénavant jugées plus importantes. L’idée fut ensuite reprise dans les années 40 pour le guidage des missiles intercontinentaux, sous le nom de projet Orcon pour ORganic Control. Cependant, là encore, le projet fut abandonné au profit d’un guidage radar.

Cône d’une bombe avec un pigeon.
Source: http://cyberneticzoo.com/bionics/1940-project-pigeon-1948-project-orcon-b-f-skinner-american/

Bombe Pelican qui devait accueillir le cône de guidage.
Source: Ibid.

 

Chien

Les chiens étaient utilisés depuis l’Antiquité pour des fonctions militaires, notamment la garde de lieux. Ils furent de nouveau beaucoup utilisés durant la 1ère guerre mondiale comme garde ou encore escorte pour les éclaireurs. Ces chiens pouvaient être envoyés dans des recoins où les ennemis se cachaient. Ils pouvaient aussi être utilisés pour porter ou tracter des charges dans des lieux difficiles d’accès comme les montagnes où ils supportaient mieux le froid que les mules. Et tout comme les pigeons, ils servaient aussi de messagers pouvant même transporter des colis.

Ne dit-on pas que le chien est le meilleur ami de l’homme ? Eh bien, certains chiens étaient entraînés à chercher  les blessés sur le champ de bataille, pour ensuite s’emparer d’un de leurs vêtements et le rapporter aux secours qui allaient ensuite suivre le chien jusqu’au blessé.

En outre, les chiens étaient des soldats, donc comme tout soldat ils possédaient un livret civil et militaire avec une plaque d’identité et un équipement. Les chiens pouvaient même recevoir un grade comme Studdy, être promus au grade de soldat pour leurs faits d’armes. Ces chiens étaient soit réquisitionnés, soit donnés par la SPA, soit prêtés par leurs propriétaires ou encore même trouvés dans la rue. On estime qu’environ 100 000 chiens participèrent à la première guerre mondiale.

Les chiens continuèrent d’être utilisés dans les conflits ultérieurs : pendant la seconde guerre mondiale ou encore pendant la guerre du Vietnam. Durant cette dernière, les chiens servaient notamment de sentinelle pour les camps américains ; ils empêchaient les attaque surprises sur les bases. Grâce à eux on estime qu’environ 10 000 vies américaines furent sauvées. Aujourd’hui, les chiens sont toujours utilisés comme chiens d’attaque ou comme sentinelles, certains étant même entraînés pour déminer le terrain – avec une efficacité toute relative.

Chiens tractant de l’armement léger durant la grande guerre.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Chien_de_guerre

Chien médecin durant la première guerre mondiale.
Source: Ibid.

Régiment d’éclaireurs avec chiens durant la seconde guerre mondiale.
Source: Ibid.

Chien d’attaque portant un gilet pare-balle durant un exercice.
Source: Ibid.

Je vais revenir sur l’armée soviétique qui avait un grand intérêt pour les chiens tout le long de son existence, et pas seulement pour les chiens soldats « traditionnels ». Dans les années 1930, l’URSS développa des chiens anti-char aussi appelés bombe-chien ou chien-mine. Le principe consistait à entraîner les chiens à se nourrir sous les chars avec une charge sur le dos. Ensuite, les soviétiques privaient leurs chiens de nourriture durant plusieurs jours et remplaçaient la charge par une quinzaine de kilogrammes d’explosif, avant de lâcher chaque chien près d’un char ennemi.

Le dispositif était mis à feu par un simple bâton de bois qui se couchait lorsque le chien passait sous le char. L’effet était souvent dévastateur, car le dessous des chars était l’un des endroits le moins bien protégé par le blindage, mais le chien n’avait aucune chance de survie.

Bien sûr, il y avait quand même quelques autres inconvénients, comme le fait que les chiens pouvaient être effrayés par le bruit des combats et donc retourner vers les troupes soviétiques. Cela fut le cas en 1942, où une division fut obligée de battre en retraite à cause des chiens apeurés. Par ailleurs, il y avait aussi le fait que les chiens se repéraient au bruit et à l’odeur du moteur. Or, les chars allemand roulaient à l’essence, alors que les chars soviétique roulaient au diesel. Durant leur entraînement, les chiens était entraînés à se nourrir sous des chars russes, et donc avaient tendance à se glisser sous ces derniers plutôt que sous ceux allemands.

Malgré ces multiples inconvénients, des chiens furent entraînés jusqu’en 1996. Durant la seconde guerre mondiale, les Allemands durent donc prendre des mesures, car les chiens étaient des cibles rapides et difficiles à atteindre pour les mitrailleuses placées sur les chars. L’emploi du lance-flamme, quoique très efficace pour protéger les chars, n’arrêtait pas certains chiens comme les Dobermanns, qui n’avaient pas peur du feu. On estime aujourd’hui que, durant la guerre, les chiens détruisirent environ 300 chars ennemis, dont une douzaine pour approximativement 60 chiens utilisés durant la bataille de Koursk.

École des chiens de guerre en 1931.
Source: Ibid.

Entraînement d’un chien anti-char.
Source: http://www.passionmilitaria.com/t48929-les-chiens-antichars

Mécanisme de destruction anti-char.
Source: http://capchiens.forumpro.fr/t237-14-18-des-animaux

Chien portant le mécanisme anti-char.
Source: http://ostfront.forumpro.fr/t377p15-les-chiens-explosifs-de-l-arme-rouge

 

Chauve-souris

Les chauves-souris tadarides du Brésil sont de petites chauves-souris musclées vivant par millions dans des grottes du nouveau Mexique. Ces petites chauves-souris peuvent porter plusieurs dizaines de grammes et elle rentrent dans un état d’hibernation quand la température baisse.

Connaissant cela, le dentiste Lytle S. Adams eut une idée. Les Japonais étaient très bien préparés contre les incendies, car la majorité de leurs bâtiments étaient faits de bois et de paille. Il eut donc comme idée d’utiliser les chauves-souris pour provoquer des centaines d’incendies à la fois. Son idée fut proposée au président américain par l’intermédiaire de la femme de celui-ci : Eleanor Roosevelt.

Louis Fiester conçut des bombes au napalm pesant de 17 à 28 grammes, spécialement conçues pour être transportées par les chauves-souris, avec explosion à retardement. Le déroulement devait être le suivant. Des bombardiers B-24 transportaient plusieurs bombes contenant les chauves-souris. Du fait des températures basses, les chauves-souris rentreraient dans un état d’hibernation. Peu avant l’aube, les bombes étaient larguées, lorsqu’elles arrivaient à 300m, un parachute s’ouvrait et la bombe laissait plusieurs plateaux se déplier. Les 1040 chauves-souris par bombe reprenaient tranquillement leurs esprits. Profitant de l’obscurité et de leur vol silencieux, les chauves-souris s’envolaient trouver un abri dans les bâtiments japonais, pour que peu de temps après les bombes explosent et provoquent de nombreux incendies dans un rayon de 70km.

Grâce à des tests réalisés sur une ville réduite, on put déterminer que les bombes à chauves-souris provoqueraient entre 3 600 et 4 750 feux, alors que les bombes ordinaires provoqueraient entre 160 et 400 feux. Malgré cela, plusieurs problèmes subsistaient, comme le poids des bombes, ou encore que pendant les premiers tests les chauves-souris ne se réveillaient pas à temps et mouraient lorsque le conteneur touchait le sol.

Cependant, un incident plus grave arriva en mars 1943. Plusieurs chauves-souris s’échappèrent avec leurs bombes armées, pour aller chercher refuge dans des endroits à l’ombre. Malheureusement pour les Américains, un des rares endroits où il y a de l’ombre dans une base du Texas, c’est sous les réservoirs de carburant. Je pense que je n’ai pas besoin de vous dire la suite, vous l’imaginerez très bien tout seul. Le résultat fut de plus de 6 bâtiments complètement détruits et plusieurs autres endommagés.

Suite à cet incident, le projet fut passé à la marine américaine et renommé « projet X-ray ». Bizarrement, ce ne fut pas cet incident qui causa la fin du programme, mais sa lenteur de développement. Le projet n’aurait été prêt que pour la mi-1945, c’est pourquoi les autorités américaines préférèrent allouer le budget du projet X-ray au développement de la bombe atomique. En 1944, le projet fut définitivement annulé, malgré la remarquable efficacité qu’eurent les chauves-souris sur la base américaine. Le docteur Adams maintint que sa solution aurait été tout aussi efficace, sans avoir les effets dévastateurs de la bombe atomique et déclara à ce propos :

« Imaginez des milliers d’incendies survenant simultanément dans un disque de 70 km de diamètre autour de chaque bombe larguée. Le Japon aurait pu être dévasté, mais avec cependant un faible nombre de vies perdues. »

En définitive, malgré son insistance, son génie et son brin de folie, le Docteur Adams ne vit jamais son arme employée.

Bombe conteneur pour le largage de chauve-souris.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Bombe_%C3%A0_chauves-souris

La reproduction de la ville pour les tests.
Source: Ibid.

Incendie de la base du Texas.
Source: Ibid.

 

Ours

Les ours furent utilisés pendant l’époque romaine pour se battre dans les cirques, mais je vais vous raconter l’histoire d’un ours un peu plus moderne en particulier : l’ours Wojtek.

Pendant la seconde guerre mondiale, l’armée polonaise se battait sous commandement britannique. Lors d’un séjour en Irak, la 22e compagnie d’artillerie du deuxième corps polonais recueillit auprès d’un petit garçon irakien un ourson devenu orphelin lorsque sa mère fut abattue par des chasseurs. L’ourson fut nourri de miel, de lait, de pain, de fruits, de confiture et même de conserves de viande. L’ours grandit vite et dépassa les 1m80 pour plus de 100kg.

l’ourson Motjek.
Source: https://sites.google.com/site/armeepolonaisesuite/wojtek-l-ours-soldat

Malgré cette carrure impressionnante, les soldats aimaient leur nouveau compagnon. Ils lui donnaient des bières ou des cigarettes, dont l’ours raffolait même s’il finissait toujours par les avaler. Cependant, l’ours était aussi un grand sportif, et les soldats les plus téméraires l’affrontaient à la lutte. Même avec ses muscles puissants l’ours ne blessait sérieusement personne, peut-être quelques uniformes déchirés et des griffures mais rien de grave. L’ours faisait aussi preuve d’une grande intelligence et pouvait même saluer sur commande.

Wojtek luttant avec un soldat.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Wojtek_(ours)

L’ours par sa taille disposait de son propre dortoir : une caisse en bois aménagée spécialement pour lui. Néanmoins, l’ours préférait parfois dormir sous la tente avec ses soigneurs. Et lorsque les chaleurs se faisaient trop fortes, l’ours n’hésitait pas à aller sous les douches pour se désaltérer et se rafraîchir, si bien qu’à cause de son comportement le régiment pouvait souffrir de pénurie d’eau. Et les soldats les plus farceurs apprenaient à l’ours à faire peur aux nouvelles recrues. Wojtek se payait même le luxe de voyager en camion à côté du conducteur.

Wojtek avec ses soigneurs.
Source: http://forum-auto.caradisiac.com/automobiles-mythiques-exception/voitures-anciennes/sujet387070-3150.htm

Cependant, l’entraînement touchait à sa fin et le régiment polonais fut envoyé en Italie. Pour pouvoir suivre les soldats polonais sur les navires anglais, l’ours fut enrôlé dans l’armée polonaise, obtenant un grade et un statut militaire. Le soldat de première classe Wojtek ne recevait pas de solde, mais une double ration de nourriture.

Wojtek montant sur un navire.
Source: https://bridoz.com/wojtek-lours-soldat-qui-a-combattu-les-nazis-pendant-la-guerre/

L’avance des Alliés était bloqué en Italie par la ligne Gustave, un peu l’équivalent de la ligne Maginot qui coupait l’Italie en deux d’est en ouest. La route de Rome était bloquée par cette ligne et la position du mont Cassin fortement défendue. Des attaques britanniques, américaines et françaises avaient échoué à reprendre la position stratégique. Les polonais comptaient bien marquer cette guerre, mais à leur façon, et Wojtek y participa bien sûr.

Pas en première mais en seconde ligne, alors que ses soigneurs étaient parti se battre. L’ours restait enchaîner près des canons, et Wojtek imita les hommes qui portaient les munitions. Les lourdes caisses devaient être portées par 3 ou 4 hommes, mais Wojtek pouvait très bien en transporter une à lui tout seul. Ainsi, l’offensive polonaise fut un succès, peut-être les soldats se sentaient-ils protégés par leur compagnon qui fournissait une couverture d’artillerie.

Insigne de la 22eme compagnie d’artillerie du deuxième corps polonais.
Source: Ibid.

Après cette bataille, Wojtek fut promu caporal et l’insigne du régiment fut changée pour un ours transportant un obus. Lorsque la guerre prit fin, de peur que le symbole de l’ours soit récupéré par les soviétiques, Wojtek fut envoyé en Écosse avant d’être démobilisé en 1947 et accueilli par le zoo d’Édimbourg, où ses anciens compagnons allaient le voir et lui donnaient cigarette ou bière. Il mourut en 1963 d’un cancer de l’œsophage, surement dû à sa grande consommation de bières et de cigarettes. Deux statues de lui furent érigées : une à Cracovie et une à Édimbourg.

Statue de Wojtek à Cracovie.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Wojtek_(ours)

Statue à Édimbourg de l’ours Wojtek.
Source: https://www.amusingplanet.com/2018/02/wojtek-bear-that-drank-beer-and-went-to.html

 

Chat

Les chats sont des animaux de compagnie depuis déjà un bon moment et, tout comme les chiens, les chats pouvaient servir dans l’armée, mais aussi dans les services secrets.

La CIA durant la guerre froide cherchait un moyen d’espionner les soviétiques. C’est alors que la CIA pensa à transformer un chat en espion. Au début des années 60, le projet chaton acoustique fut mis en marche. En plusieurs opérations, un chat fut doté d’un micro dans l’oreille, d’une pile et enfin d’un émetteur qui courait le long de sa colonne vertébrale pour se finir dans la queue pour être en mesure d’écouter la conversation en temps réel. Toutes ces opérations coûtaient cher – on estime à environ 20 millions de dollars le montant total. Ensuite, le chat était entraîné à rejoindre des hommes et les suivre pour que l’opération soit un succès.

Une fois son entraînement effectué, le chat enfin paré à une mission réel avait pour objectif d’espionner 2 hommes dans un parc près de l’ambassade de l’URSS à Washington D.C. Le début de l’opération fut parfait, le chat descendit du camion pour se diriger vers le parc. Malheureusement, lorsque le chat traversa la route un taxi le percuta, réduisant à néant les efforts de la CIA. Malgré tout d’autres essais furent menés après l’incident, mais les tests étant peu concluant le projet fut définitivement abandonné en 1967. Dans les documents déclassifiés récemment, on peut lire des notes qui disent que le projet n’est pas réaliste mais que la CIA salue l’énergie et l’ingéniosité de ses membres.

Schéma du chat espion.
Source: https://www.liberation.fr/planete/2015/06/25/acoustic-kitty-quand-la-cia-formait-des-chats-pour-espionner-l-urss_1337100

Les chats ne servaient pas qu’à espionner les soviétiques, mais aussi à chasser les rongeurs. C’était pour cela que les chats étaient embarqués à bord des navires depuis des siècles : pour éviter que les rats ne contaminent la nourriture ou mangent l’étoupe qui rend la coque du navire étanche. Cette tradition perdure encore de nos jours, même si les chats ne chassent plus forcément les nuisibles ; ils sont utilisés comme mascottes.

On va suivre l’histoire d’un des chats de navire les plus célèbres. Le Bismarck, comme beaucoup de navires de la seconde guerre mondiale, avait son propre chat de navire nommé Sam. C’était un chat noir et blanc qui partit avec le Bismarck le 18 mai 1941. Comme une majorité doit le savoir, le navire ne rentra jamais en Allemagne. Le 27 mai 1941, le chat sauta par-dessus bord lorsque le Bismarck coula. Sur les 2 200 membres d’équipages seuls 114 survécurent au naufrage et Sam fut retrouvé sur une planche de bois par le destroyer britannique HMS Cossack.

Le Bismarck, premier navire de Sam.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Sam_l%27insubmersible

Représentation du sauvetage de Sam par un des marins du destroyer HMS Cossack.
Source: https://www.zmescience.com/other/feature-post/unsinkable-sam-cat-wwii/

Les Anglais renommèrent le chat Oscar comme la lettre O dans l’alphabet radio, pour man Overboard. Oscar devint le nouveau chat de navire du destroyer, mais le chat ne put vivre en paix que peu de temps. Le 24 octobre 1941, alors que le navire escortait des convois entre Gibraltar et le Royaume-Uni, le destroyer fut touché par une torpille de l’U-563 et le tiers avant du navire disparut dans les flots tuant 159 marins. Oscar et le reste de l’équipage furent transférés sur le destroyer HMS Legion qui essaya de remorquer le navire endommagé jusqu’à Gibraltar. Malheureusement, les conditions météo se dégradèrent et le HMS Cossack fut laissé là et coula peu de temps après.

Le HMS Cossack qui secourut Sam après le naufrage du Bismarck.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Sam_l%27insubmersible

Oscar fut de nouveau transféré sur un navire, le HMS Ark Royal qui avait aussi poursuivi le Bismarck. L’équipage surnomma  le chat Unsunkable Sam. Le chat se crut peut être en sécurité sur le porte-avion, mais à tort. Le 14 novembre 1941, le HMS Ark Royal fut touché par une torpille de l’U-81 et le navire fut de nouveau pris par d’autres navires pour être remorqué jusqu’à Gibraltar. Les voix d’eau trop importantes condamnèrent le navire, à 30 miles de Gibraltar. Avec une gite trop importante le navire se mit à couler, mais lentement ce qui permit à tout l’équipage sauf une personne d’être évacué. Sam fut retrouvé un peu après accroché à une aile d’avion. Après ce 3e naufrage, le chat fut de nouveau réaffecté, mais à Gibraltar cette fois, histoire que les allemands s’amusent un peu plus à essayer de couler le bout de rocher. À la fin de la guerre, il fut envoyé dans la maison des marins à Belfast où il mourut en 1955.

L’Ark royal sur le point de couler après avoir été torpillé par un U-boot.
Source: Ibid.

 

Conclusion

Les animaux furent utilisés depuis de nombreuses années par les hommes pour se battre et parfois même considérés comme des camarades par les soldats. J’ai essayé de vous compter des histoires peu connues et amusantes sur des animaux utilisés de façon inhabituelle, ou même des animaux au destin incroyable durant la guerre. On se donne rendez-vous le mois prochain pour un autre billet de presse du SPA !

Yoshida Itsuru

Sources:

Pigeon :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Char_de_combat
http://www.colombophiliefr.com/pages/historique.htm
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pigeons_voyageurs_de_l%27arm%C3%A9e_fran%C3%A7aise_pendant_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale
https://www.histoire-genealogie.com/Les-Poilus-et-le-pigeon-voyageur-dans-la-Grande-Guerre-A-Fromereville-III-14e-episode
https://fr.wikipedia.org/wiki/Colombophilie_militaire
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pigeon_photographe
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pigeon_voyageur
https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Pigeon

Chien :
https://www.france.tv/france-2/journal-20h00/779005-journal-20h00.html
http://www.lesmuseauxblancs.com/pages/chiens-de-guerre/du-19e-siecle-a-nos-jours/premiere-guerre-mondiale-1914-1918.html#page3
https://fr.wikipedia.org/wiki/Chien_de_guerre
https://fr.wikipedia.org/wiki/Chien_antichar
http://www.passionmilitaria.com/t48929-les-chiens-antichars
http://ostfront.forumpro.fr/t377p15-les-chiens-explosifs-de-l-arme-rouge

Chauve-souris :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bombe_%C3%A0_chauves-souris
https://wikimonde.com/article/Bombe_%C3%A0_chauves-souris
http://cm2dolomieu.fr/les-chauves-souris-incendiaires/index.html

Ours :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Monte_Cassino
https://fr.wikipedia.org/wiki/Wojtek_(ours)
https://sites.google.com/site/armeepolonaisesuite/wojtek-l-ours-soldat
https://www.lemonde.fr/culture/article/2012/07/17/wojtek-l-ours-soldat_1732257_3246.html

Chat :
https://en.wikipedia.org/wiki/Acoustic_Kitty
https://www.liberation.fr/planete/2015/06/25/acoustic-kitty-quand-la-cia-formait-des-chats-pour-espionner-l-urss_1337100
https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Chaton_acoustique
https://en.wikipedia.org/wiki/Unsinkable_Sam
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sam_l%27insubmersible

Ce contenu a été publié dans article historique, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.