La bataille de Remagen

Crédits: Erwin Schütze

Les Alliés, après avoir gagné la bataille des Ardennes, ont pour objectif de traverser le Rhin. Malheureusement, la plupart des ponts traversant le Rhin sont détruits, mais le pont ferroviaire Ludendorff tout proche de Remagen est toujours debout.

Le pont Ludendorff avant les combats.
Source: Blogosphere Mara Jade

Le retrait des Allemands

Les officiers allemands ont reçu pour ordre direct d’Hitler qu’après l’évacuation des civils et des milliaires tous les ponts traversant le Rhin soient dynamités pour ralentir la progression alliée. Le capitaine de réserve Bratge commande une section de 36 soldats avec pour but de dynamiter le pont. Bratge veut détruire le pont le plus vite possible, mais un certain major du nom de Hans Scheller prend la relève du commandement dans la nuit. Lui veut garder le pont intact le plus longtemps possible pour évacuer le plus de soldats possible.

L’avancée alliée

Les armées des États-Unis, du Canada et du Royaume-Uni lancent une offensive le 8 février 1945. Les Alliés progressent vite ; ils prennent Euskirchen – capitale de l’arrondissement du même nom – le 4 mars et le lendemain atteignent Cologne à 50 km, où ils vont devoir livrer d’âpres combats. Les troupes arrivent à Remagen dans la matinée du 7 mars.

La découverte du pont

Le plan de base était que la 9e Division blindée prenne la ville de Remagen et rejoigne la 3e armée de Patton. En effet, les Américains croyaient que le pont allait être détruit sous peu. Mais lorsque le lieutenant Karl H. Timmermann, commandant la compagnie A du 14e Bataillon de chars, arrive sur les hauteurs de Remagen, ce dernier fait remonter l’information selon laquelle le pont est intact et les plans changent. La priorité est maintenant donnée à la capture du pont. Cependant, des renseignements indiquent que le pont va être détruit vers 16h ; il s’agit de faire vite.

L’attaque de la ville

Vers les 9h, une task force est créée pour prendre le pont. Elle est composée d’un peloton du 89e Escadron de reconnaissance, quelques véhicules de la compagnie A du 27e Bataillon d’infanterie blindée, d’un peloton de la compagnie B du 9e Bataillon du génie blindé, et enfin des trois compagnies du 14eBataillon de chars.

Aux environs de 13h, l’assaut est donné sur la ville quasiment déserte, car tous les habitants sont partis se réfugier sous le tunnel de l’autre côté du fleuve, qui abrite la voie ferrée qui traverse le pont. La résistance est faible et en moins de 2 heures les hommes et les véhicules ont traversé et sécurisé la ville. Les pershing prennent place au pied du pont et font taire les quelques rares DCA ayant le courage de leur tirer dessus.

La prise du pont.
Source: Blogosphere Mara Jade

La prise du pont

À 15h20, les Allemands déclenchent le dispositif de mise à feu. Mais pour une raison inconnue il ne marche pas, donc un volontaire part déclencher manuellement le dispositif de mise à feu. Cela permet de ne déclencher qu’une des deux charges principales, le câble de l’autre étant sûrement endommagé. Une fois la fumée et la poussière dispersée, ils découvrent un pont fragilisé, mais tenant toujours debout à cause d’une pénurie d’explosifs – de mauvaise qualité, de surcroît.

À 15h30, Timmermann ordonne l’assaut du pont long de plus de 300 mètres. Les hommes progressent à pied, car l’accès au pont a été endommagé, empêchant d’y déployer les véhicules. Arrivés au milieu du pont, les Alliés sont pris pour cible par des MG42 situées dans les tours en face, en plus des snipers cachés sur la rive dans une embarcation échouée. Les blindés restés sur la rive opposée leur viennent en aide en ouvrant le feu sur les deux positions allemandes. Les tirs s’arrêtent et la progression reprend. Des hommes du génie suivent Timmermann pour désamorcer les charges et les jeter dans le fleuve.

Arrivé au pied des tours, le sergent Joseph de Lisio s’attaque seul à celle de droite et capture cinq Allemands, pendant qu’un autre groupe capture celle de gauche et fait un prisonnier. Le pont est sous contrôle, mais il reste encore deux endroits importants à sécuriser. Ce même sergent, aidé d’un de ses hommes, se lance dans le tunnel rapidement ; les civils et les militaires en sortent en hissant le drapeau blanc.

Pendant ce temps, des hommes de la compagnie B partent à l’assaut des positions allemandes sur la colline. Durant l’ascension, les premiers hommes se font tuer, car par miracle la prise du pont n’a encore fait aucun mort chez les Alliés. Arrivés en haut, ils constatent que les Allemands ont déserté leurs positions. Mais la bataille pour le pont commence à peine. Le lendemain, les Américains s’emparent d’Unkel – un village situé à environ 4 km au nord.

Le pont endommagé après sa capture.
Source: Blogosphere Mara Jade

Le pont endommagé après sa capture.
Source: U.S. National Archives and Records Administration

Un soldat examinant le pont depuis la colline du côté allemand.
Source: Blogosphere Mara Jade

La contre-attaque allemande

Le général Eisenhower ordonne de créer une tête de pont d’au moins 5 divisions. Vers minuit, les premiers véhicules traversent le pont et en 24 heures plus de 8 000 hommes suivent. Mais les Allemands font tout pour s’y opposer ; des centaines de pièces d’artillerie sont amenées pour pilonner le pont. Même un mortier Karl de 540 mm, construit pour détruire des fortifications, tire 11 obus avant de tomber en panne ! Entre le 8 et le 9 mars, environ 3 000 obus sont tirés sans que le pont ne subisse de gros dégâts.

L’aviation est aussi appelée en renfort. Du 8 au 10 mars, des centaines d’avions tentent leur chance : du Stuka à l’Ar-234, premier bombardier à réaction de l’histoire. Néanmoins, l’aviation n’as pas plus de succès que l’artillerie, à cause des canons anti-aériens amenés en masse. Les Allemands envoient même le premier missile balistique de l’histoire, le V-2. Du 11 au 17 mars, 11 V-2 sont tirés sur le pont, en vain ; ils sont trop peu précis pour toucher leur cible.

L’effondrement du pont

Le 17 mars, soit 10 jours après sa capture, le pont se met à trembler et s’écroule soudainement. Le bilan est de 32 morts pour 63 blessés. Entre temps, plus de 25 000 hommes ont traversé le fleuve, ce qui a permis de créer une tête de pont solide.

Le pont le 17 mars.
Source: The National Archives and Records Administration (NARA)

À l’issue du conflit, le lieutenant Timmermann et le sergent Joseph de Lisio sont décorés pour leurs actions. Timmermann participe ensuite à la guerre de Corée, dont il réchappe, avant de mourir peu de temps après à cause d’un cancer. Aujourd’hui, seules les tours du pont ont survécu et certaines ont été transformées en musée.

Les tours aujourd’hui.
Source: Blogosphere Mara Jade

Yoshida Itsuru

Sources:

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Pont_de_Remagen
  2. https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://army.togetherweserved.com/army/servlet/tws.webapp.WebApp%3Fcmd%3DShadowBoxProfile%26type%3DPerson%26ID%3D279554&prev=search
  3. https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://en.wikipedia.org/wiki/Karl_H._Timmermann&prev=search
  4. https://www.secondeguerre.net/articles/evenements/ou/45/ev_remagen.html
  5. http://jacqueline-devereaux.blogspot.fr/2009/03/7-mars-1945-allemagne-capture-du-pont.html
  6. https://www.dailymotion.com/video/x2mbh54
  7. http://ostfront.forumpro.fr/t590-le-pont-de-remagen
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