Opération Seelöwe

Intro
L’opération Seelöwe est un plan ambitieux de débarquement allemand sur le sol britannique en 1940 et qui aurait pu mener à la capitulation ou au moins à la sortie de la guerre du Royaume Uni.

II Contexte

Au début de la guerre,avant même la bataille de France, Hitler a affirmé qu’il voulait le contrôle des ports dans la manche pour attaquer le Royaume-Uni. Il avait établi quatre grands points a respecter pour que le débarquement puisse être un succès :

– Les forces navales ennemies doivent être anéanties ou, à défaut de cela, incapable d’intervenir;
– La menace de la Royal Air Force doit être supprimée;
– Les défense côtière et les unités de la Royale Navy à proximité doivent être détruites;
– De prévenir et d’empêcher l’action des sous-marins sur les troupes d’invasion.

En mai 1940, la France est défaite par l’Allemagne et Hitler demande un plan en vue d’une invasion terrestre du Royaume-Uni. Tout cela en tentant tout de même de trouver une paix de façon diplomatique durant le mois de juillet. Raeder a étudié la possibilité d’un débarquement, mais au vue de la supériorité de la Royal Navy et des pertes pendant l’invasion de la Norvège, il préconisait un contre blocus avec des sous-marins, l’aviation et des raiders.

Début juillet, la planification de l’attaque commença. La Luftwaffe, optimiste, disait qu’il lui faudrait entre 14 et 28 jours pour obtenir la supériorité aérienne. En sachant cela, Hitler ordonna que la marine se soit regroupée et soit prête à intervenir à la mi-août au plus tard. Mais Raeder négocia avec Hitler un blocus sur le Royaume-Uni plutôt qu’une invasion. Conséquemment, Hitler ordonna une intensification des attaques aériennes et sous-marines en plus de débuter les préparatifs.

III Plan

Là où Hitler voulait le front le plus large possible pour s’enfoncer rapidement dans les terres anglaises, la Kriesgmarine, elle, voulait plutôt un front le plus réduit possible pour protéger efficacement les troupes de débarquement. Un compromis fut alors trouvé: l’attaque s’étalerait de Portsmouth à Ramsgate. Avec comme effectif huit divisions d’infanterie ou de montage avec deux divisions aéroportés, la deuxième vague comporte huit divisions de panzer ou d’infanterie motorisé et la troisième de six divisions d’infanterie de renfort. Le premier objectif était de s’emparer des ports pour pouvoir assurer une logistique suffisante pour les milliers de soldats qui en auraient grandement besoin. Puis, ils devaient avancer jusqu’au 52e parallèle en encerclant Londres pour l’assiéger et élargir le front au niveau de la mer vers Plymouth pour que l’approvisionnement soit plus abondant. Le but n’était pas de conquérir tout le Royaume-Uni, car les Allemands pensaient qu’une fois Londres assiégé, les Anglais se rendraient quasi immédiatement.

Heureusement pour les Anglais, Hitler ne tarda pas a tourner son attention vers la Russie voyant les difficultés de l’aviation et de la marine à prendre le contrôle sur leurs rivaux anglais. L’opération fut donc suspendue avant d’être abandonnée en 1943.

 

Plan de l’attaque

 

Carte de la Manche de la Kriesgmarine

IV Matériel

L’opération Seelöwe présentait certaines difficultés technologiques pour les Allemands qui firent de leur mieux pour les contourner.

Suivant la tactique du blitzkrieg, des chars devait accompagner les fantassins durant le débarquement. Par contre, cela posé de nombreux problème, dont le plus sérieux de tous était que les Allemands ne disposaient pas de chars capables d’accomplir ce genre de mission. Ils conçurent alors deux types d’engins capables de suivre la première vague d’assaut.

Le Schwimmpanzer

Le Schwimmpanzer II était une version modifiée du Panzer II auquel on avait fixé de longues boîtes rectangulaires de chaque côté de la coque pour lui permettre de flotter. Il se déplaçait grâce à ses propres chenilles qui étaient reliées à un arbre d’hélice traversant chaque flotteur. Ce qui lui permettait d’atteindre 5,7 km/h sur l’eau. Un tuyau en caoutchouc gonflable autour de l’anneau de la tourelle créait un joint étanche entre la coque et la tourelle et le canon de deux centimètres du char et la mitrailleuse coaxiale étaient opérationnels et pouvaient tirer quand le char était dans l’eau. Les Allemands ont converti 52 de ces chars à l’usage amphibie avant l’annulation de Sea Lion.

Le Tauchpanzer

Le Tauchpanzer, appelé également U-Panzer pour Unterwasser Panzer, était un char moyen standard Panzer III  ou Panzer IV dont la coque était complètement étanche en scellant tous les orifices de visée, les trappes et les prises d’air avec du ruban adhésif ou du calfeutrage. Une fois que le char avait atteint la rive, tous les couvercles et tous les joints pourraient être soufflés par des câbles explosifs, ce qui permettrait un fonctionnement normal au combat. L’air pour l’équipage et le moteur était aspiré par un tuyau en caoutchouc de 18 m de long auquel un flotteur était attaché pour maintenir son extrémité au-dessus du niveau de la surface de l’eau. Ce qui leur permettait de fonctionner jusqu’à 15 mètres de profondeur. Une antenne radio était également fixée au flotteur pour permettre la communication entre l’équipage du char et la barge de transport. Le char était aussi équipé d’une pompe pour évacuer l’eau en cas d’infiltration ou encore d’un gyrocompas directionnel pour la navigation, mais les chars pouvaient aussi suivre les instructions transmises par radio depuis la barge de transport. À la fin du mois d’août, les Allemands avaient converti 254 chars, soit à peu près l’équivalent d’une division blindée.

 

Un projet de char amphibie

Test d’un char submersible

En plus du reste, la Kriesgmarine  n’avait pas d’expérience dans une attaque amphibie, donc ils ont dû créer des barges de débarquement. Cependant, dû au retard occasionné par leur conception, ils ont préféré convertir des barges fluviales. On en distingue 2 types : la péniche, longue de 38,5 mètres et transportant 360 tonnes, et la Kampine , longue de 50 mètres et transportant 620 tonnes. Sur les 2 400 barges collectées pour l’invasion, 1 336 ont été classées comme des péniches et 982 comme Kampinen. Les désignations d’une péniche standard était le type A1 et quelque chose de plus grand comme le type A2.

Le type A

La transformation des péniches consistait à découper une ouverture à l’avant pour décharger les troupes et les véhicules, à souder les longerons longitudinaux et transversaux à la coque pour améliorer la navigabilité, ajouter une rampe intérieure en bois et couler un plancher de béton dans la cale pour permettre le transport de char. Tel que modifié, le chaland de type A1 pourrait accueillir trois chars moyens tandis que le chaland de type A2 pourrait en transporter quatre.

Le type B 

Cette barge était un type A modifié pour transporter et décharger rapidement des chars submersibles (Tauchpanzer) développés pour Sea Lion. Le type B nécessitait une rampe extérieure plus longue (11 mètres) avec un flotteur attaché à l’avant de celui-ci. Une fois le chaland ancré, l’équipe allongeait la rampe d’arrimage interne à l’aide de blocs et d’agrès jusqu’à ce qu’elle repose à la surface de l’eau. À mesure que le premier char roulait sur la rampe, son poids inclinait l’extrémité avant de la rampe dans l’eau et le poussait vers le fond marin. Une fois que le char est partie, la rampe remonte jusqu’à une position horizontale, prête pour la sortie suivante. En tout, ce sont 75 type B qui ont été commandés fin septembre 1940.

Le type C 

La barge de type C a été spécifiquement convertie pour transporter le char amphibie Panzer II ( Schwimmpanzer ). En raison de la largeur supplémentaire des flotteurs attachés à ce char, couper une large rampe de sortie à l’avant du chaland n’a pas été jugé souhaitable, car cela aurait rendu la navigation quasiment impossible. Au lieu de cela, une grande trappe a été coupée dans la poupe permettant ainsi aux chars de partir directement dans l’eau avant de faire demi-tour avec leur propre force motrice et de se diriger vers la rive. La barge de type C pouvait accueillir jusqu’à quatre Schwimmpanzern dans sa cale. Environ 14 de ces embarcations étaient disponibles à la fin de septembre.

Le type AS 

C’est une barge renforcée contre les tirs d’armes légères et de petit calibre en protégeant les côtés d’une barge de type A avec du béton. La péniche pouvait accueillir dix bateaux d’assaut (Sturmboote) le long de sa coque, chacun capable de transporter six fantassins. Le tout motorisé par un moteur hors-bord de 30 CV. Le poids supplémentaire de cette armure et équipement supplémentaire a réduit la capacité de charge de la barge à 40 tonnes. À la fin septembre, 23 barges de ce type ont été commandés.

Le type AF 

La Luftwaffe s’est aussi penchée sur les barges de débarquement. Le major Siebel a proposé d’équiper les barges non motorisées de type A de leur propre force motrice en installant une paire de moteurs d’avion BMW de 600 ch. La Kriegsmarine était très sceptique de cette entreprise, mais le haut commandement de l’armée était enthousiaste avec le concept et Siebel a procédé aux conversions. Les moteurs de l’avion étaient montés sur une plate-forme soutenue par un échafaudage en fer à l’arrière du navire. Une fois achevé, le Type AF avait une vitesse de six nœuds et une portée de 60 milles marins. Les inconvénients de cette installation comprenaient l’incapacité de faire reculer le navire vers l’arrière, une manœuvrabilité limitée sans compter que le bruit assourdissant des moteurs rendait les communications vocales problématiques. Au final, se sont plus de 200 barges qui ont été converties à la fin du mois d’octobre.

Même la Luftwaffe avait créé une nouvelle arme pour l’occasion. Une sorte de bombe qui était constituée de longs câbles fait pour sectionner les câbles à haute tension. Les Bf 110, qui ont transporté ces armes, ferait leur largage à basse altitude et de nuit.

 

Barges prévue pour la conversion

Conversion en cours

 

 

Exemple de motorisation avec des moteurs d’avion

 

Faisabilité
Un wargame a été fait en 1974 avec comme scénario que la Luftwaffe n’avait pas encore la supériorité aérienne. Les Allemands auraient bien réussi a débarquer, mais les obstacles dressés par la Home Garde aurait permis de gagner suffisamment de temps pour que les divisions régulières se placent et que la Royal Navy atteigne la Manche depuis Scapa Flow. Ce qui aurait pour conséquence de bloquer tout ravitaillement et donc les troupes allemandes seraient obligées de se rendre. Mais certaines personnes disent que le wargame n’avait pas pris en compte le fait que beaucoup d’équipement lourd aurait pu être laissé à Dunkerque ni que l’armée allemande n’avait pas de moyen sérieux pour traverser la manche. 
Ce qui est sûr, c’est que le Royaume-Uni aurait engagé jusqu’au dernier homme et dernier navire afin de bloquer le débarquement. En ce qui concerne la supériorité aérienne, plusieurs s’entendent pour dire que l’Allemagne ne pouvait pas l’avoir avant la fin de la fenêtre météo, voire même pas du tout. En effet, la Royal Air Force aurait pu facilement se regrouper au nord des îles et ne descendre intervenir en masse qu’en cas d’attaque des Allemands. Mais imaginons que les Allemands avait  finalement acquis la supériorité aérienne…ùils n’auraient sans doute même pas eu besoin de débarquer, car avec un tel scénario Churchill aurait alors été remplacé par son ministre des Affaires étrangères Edward Wood, lequel préférait faire la paix avec l’Allemagne plutôt que d’avoir à faire face à un massacre de civils sur le sol britannique.

exercice de débarquement

Sources :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Seel%C3%B6we
http://quelqueshistoires.centerblog.net/1676509-Operation-Seelowe-Operation-Otarie-
https://www.dday-overlord.com/forum/photos-de-la-preparation-de-l-operation-seelowe-t7192.html
https://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Sea_Lion
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