Les vedettes « High Speed Launch » (HSL) de la Royal Air Force

« The Sea Shall Not Have Them »

Ports ou des unités du « Air Sea Rescue Service » (ASRS) ont étés basés pendant la seconde guerre mondiale. Recensement depuis la partie sud des « Western Approaches », la Manche et la partie sud de la côte Est – Mer du Nord. Carte de l’auteur.

Ports ou des unités du « Air Sea Rescue Service » (ASRS) ont étés basés pendant la seconde guerre mondiale. Recensement depuis la partie sud des « Western Approaches », la Manche et la partie sud de la côte Est – Mer du Nord.
Nom du port – (numéro d’unité ASRU) – numéro d’identification HSL – (Nationalité, si autre que UK).
Carte de l’auteur.

Il est de ces services trop peu connu du grand public et qui pourtant ont joué un rôle important, mais trop peu médiatique, pendant la guerre. Saviez-vous par exemple que la Royal Air Force (RAF) avait également une section marine ? En effet, la « Marine Craft Section » avait à charge l’entretien et l’armement des vedettes rapides destinées au sauvetage des équipages abattus et abîmés en mer. Si la carte ci-dessus se focalise sur la zone autour de la Manche et la partie sud de la Mer du Nord (un choix dicté par la présence majoritaire des HSL ou « High Speed Launch »), les unités et bases de l’ASRS étaient disposées tout autour de l’Angleterre, des îles Shetlands aux « Western Approaches » en passant par l’Ecosse et l’Irlande. [1]
La « Marine Craft Section », si elle trouve son origine bien avant la Seconde Guerre mondiale, est un pur produit de celle-ci, car elle a dû se faire une place de choix durant le conflit à force d’améliorations et d’obstination de ces équipages. Imaginez qu’à la fin 1940 seule une dizaine de vedettes devaient quadriller l’ensemble des côtes anglaises (principalement la côte Est et la Manche). Personne ne sera donc surpris que les chances de survie des aviateurs abîmés en mer étaient d’à peine 20% à cette période. Mais dès juin 1941 des changements opérationnels augmentent ces chances à 35% ! En 1944 elles sont même montées à 60 %… [2]

Le 6 février 1941, sur décision du chef d’état major de la RAF, est créé le « Air Sea Rescue Service » dont la devise est « The sea shall not have them » (« La Mer ne les auras pas ») et qui s’inspira des méthodes et de moyens du « Seenotdienst der Luftwaffe » son vis-à-vis allemand. La « Marine Craft Section » de la RAF deviendra alors la « Marine Branch » de la RAF. Graduellement, le service commanda à plusieurs chantiers de nouvelles vedettes et améliorait la conception de celle-ci. A la fin du conflit près de 300 unités composaient le service et elles avaient permis de récupérer près de 13 à 14 000 personnes dont 8.000 aviateurs. [3]

La procédure connut également de grandes améliorations. Là où au début de la guerre l’aviateur en difficulté devait appeler sa base qui transmettait – par téléphone !!! – aux services portuaires de la marine le plus proche une demande d’aide, la Royal Air Force pouvait à présent faire coopérer son « Coastal Command » et sa « Marine Branch » bien plus efficacement comme suit :

– Émission d’un signal de détresse par l’appareil sur le point de s’abimer en mer, le fameux « MAY DAY » ;
– Envoie par le Coastal Command d’un avion pour localiser le lieu du « naufrage » et y parachuter un canot pneumatique – le célèbre « Dinghy » – et autre matériel de secours.

1941-1945. Hig Speed Launche HSL n°164 du n°203 Air Sea Rescue Unit au départ de Colombo (Ceylan) – Océan Indien- guidé par un Hawker Hurricane de recherche du n°222 Group RAF. Imperial War Museum (Référence CI 46)

1941-1945. High Speed Launche HSL n°164 du n°203 Air Sea Rescue Unit au départ de Colombo (Ceylan) – Océan Indien- guidé par un Hawker Hurricane de recherche du n°222 Group RAF.
Remarquer le pavillon mi-RAF (avec cocarde) mi-White Ensign, particulier à ce service.
Imperial War Museum (Référence CI 46)

Contenu du pack de survie largué par avion aux équipages abîmés en mer Méditerranée. Contient rations en fer, lampe torche, kit de premier secours, cigarettes, sucre d’orge, Signaux de détresse, lait concentré, jus de tomates, batteries, canif, sifflet et une bouteille d’eau. Imperial War Museum (Référence CM 3676)

Contenu du pack de survie largué par avion aux équipages abîmés en mer Méditerranée. Contient: rations en boites, lampe torche, kit de premier secours, cigarettes, sucre d’orge, Signaux de détresse, lait concentré, jus de tomates, batteries, canif, sifflet et une gourde d’eau.
Imperial War Museum (Référence CM 3676)

– Dans le même temps, envoi d’un unité naval du « Air Sea Rescue Service » afin de récupérer les naufragés, leur apporter les premiers soins (l’équipage n’emportait que peu de matériel puisque le but premier était de ramener à la base le plus rapidement possible – en quelques heures maximum – le personnel sauvé) ;
– Prise en charge des équipages sauvés par le corps médical de la base ;[4]

RAF Marine Branch, 1939-1945. Photo aérienne oblique prise lors du sauvetage par une vedette High Speed Launch de la RAF d’un équipage de Consolidated Liberator (US Navy) au lendemain d’avoir été abattu par un Junkers Ju88s dans le Golfe de Gascogne. Une Thornycroft HSL de 67 Ft, n°2641 approchant les dinghies contenant les survivants. Imperial War Museum (Référence C 4159)

RAF Marine Branch, 1939-1945. Photo aérienne oblique prise lors du sauvetage par une vedette High Speed Launch de la RAF d’un équipage de Consolidated Liberator (US Navy) au lendemain d’avoir été abattu par un Junkers Ju88s dans le Golfe de Gascogne. Une Thornycroft HSL de 67 Ft, n°2641 approchant les dinghies contenant les survivants.
Imperial War Museum (Référence C 4159)

Comme mentionné précédemment, le Service n’avait, au début du conflit, qu’une dizaine de vedettes à sa disposition. Elles étaient majoritairement de « classe » si l’on peut employer ce terme [5] « HSL 100 Type 1 » acquises vers 1936 à la British Power Boat Company. Elles servirent de base à la conception du modèle suivant à savoir le « HSL100 Type 2 », aussi connu sous le nom de « Type Two 63 ft HSL » (« HSL » : High Speed Launch) ou sous le sobriquet de « Whaleback » (« Dos de baleine ») en référence à ces lignes plutôt rondelettes.

Ce modèle affichait une longueur de 63ft (pieds, soit 19,20m) pour un déplacement de 20.5 T et une vitesse à plein régime de près de 39 nœuds [6] et ce, à partir de 1941. La British Power Boat Company fournira également le type 3 de cette « classe », une vedette de 68 Ft pouvant filer à 28 nœuds et surnommé « Hants & Dorset ».

Tableau comparatif entre Type 1 et Type 2. Tableau de l'auteur.

Tableau comparatif entre Type 1 et Type 2. Tableau de l’auteur.

Entre 1942 et 1945, les principaux pourvoyeurs d’unités seront John I. Thornycroft & Company (une centaine d’unités de 67 ft – les « Thorneycroft Whaleback »), la Miami Shipbuilding Company sous contrat Lend-Lease (63 Ft – principalement à destination de la Méditerranée) et Vosper & Company (73 Ft).

Prototype du Type 1 aux essais. http://www.belgian-navy.be

Prototype du Type 1 aux essais.
http://www.belgian-navy.be

Base navale de Dover, 1941. Air Sea Rescue launch n°123 à Douvres. Imperial War Museum (Référence A 9923)

Base navale de Dover, 1941. Air Sea Rescue Launch n°123 à Douvres.
Imperial War Museum (Référence A 9923)

Malheureusement, comme souvent avec la soi-disant « petite marine », le temps est passé sur les souvenirs et sur les ponts et peu nombreuses sont les unités de ce type à avoir survécu jusqu’à nos jours. Cependant plusieurs marques de modèles réduits proposent à leur catalogue une vedette du « Air Sea Rescue Service » et quelques musées en possèdent également en vitrine (ou en réserve) [7]. Heureusement, en 1992, une association anglaise achète et restaure le HSL n°102 (de la classe « HSL 100 Type 1 ») [8] si bien qu’en 1996, elle invite la Reine d’Angleterre à son neuvage, 55 ans après que celle-ci eut visité cette même vedette en temps de guerre. En 2010, la n°102 était toujours visible au port de Portsmouth au « Portsmouth Historic Dockyard ». [9]

HSL n°102 - Restauré et visible au « Portsmouth Historic Dockyard ». http://www.dailymail.co.uk

HSL n°102 – Restauré et visible au « Portsmouth Historic Dockyard ».
http://www.dailymail.co.uk

Par ailleurs, une autre vedette de type 3, la n°2552, serait en cours de restauration depuis 2013. [10]

 

Notes et bibliographie :
[1] Il à existé également plusieurs bases en Méditerranée (Gibraltar, Malte et en Egypte) ainsi qu’au moins une flottille dans les eaux de l’Océan Indien basé à Ceylan.

[2] Forum Belgian Navy, « Air Sea Rescue -Marine Branch of the Royal Air Force 1918-71 », En ligne http://www.belgian-navy.be/t4486-air-sea-rescue-marine-branch-of-the-royal-air-force-1918-71 . Consulté le 19/08/2017.

[3] Les autres étant des équipages et/ou passagers de navires coulés ou naufragés.

[4] Notons ici que les équipages du « Air Sea Rescue Service », rattaché à la RAF ne faisaient aucunes distinctions de nationalités lors de leurs interventions. En témoigne par exemple le « Score Board » du n° 254 Air Sea Rescue Unit (Méditerranée) qui affiche des cocardes allemandes, italiennes, anglaises, américaines ou françaises. Conservé à l’Imperial War Museum sous la référence EPH 9434.
http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/30089193 . Consulté le 19/08/2017.

[5] Le « parc maritime » était très hétéroclite (chalutiers, canots de sauvetage, vedette ASM, barges à fond plat de type « Eureka », vedettes rapides…) et ceci même pour les vedettes au vue du nombre de type différents ainsi que leur provenance: British Power Boat Company, Thornycroft Compagny, Vosper & company (également constructeurs -entre autres- des plus connus MTB), Fairmile ou encore en provenance du Canada ou des USA (les « Miami’s »).

[6]Propulsion assuré par trois « Napier Sea Lion 12-cylinder petrol engines »

[7] C’est le cas du Imperial War Museum qui propose un modèle du n°186 HSL Whaleback (référence MOD 13) et un modèle du n°2564 HSL de type Vosper (référence MOD 212).

[8] British Military Powerboat Trust, « HSL-102 – 64 FT HIGH SPEED LAUNCH ». En ligne http://bmpt.org.uk/other_boats_history/HSL-102/index.htm . Consulté le 19/08/2017.

[9] Simon Lewis (2010), « The Spitfire of the seas rides again: on board a remarkable WWII rescue boat » in DailyMail en ligne du 3 avril 2010, http://www.dailymail.co.uk/home/moslive/article-1262606/The-Spitfire-seas-rides-board-remarkable-WWII-rescue-boat.html . Consulté le 19/08/2017.

[10] http://www.hsl2552.co.uk/

Don Kindell (s.d.), « British and other navies in the World War 2 – Royal Navy Ship, January 1942». En ligne http://www.naval-history.net . Consulté le 19/08/2017.

Royal Air Force Air Sea Rescue & Marine Craft Section Club (2013), « Unit plaques ». En ligne http://www.asrmcs-club.com/welcome.htm . Consulté le 19/08/2017.

NDLR: Le Service de Presse des Armées remercie l’auteur de l’article (qui à souhaité resté anonyme) pour sa contribution.
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