La bataille de Komandorski

Bienvenue. Bienvenue dans les eaux glaciales du Pacifique Nord. Bienvenue dans les Aléoutiennes, le « pont » entre l’Asie et l’Alaska. Dans des eaux battues par les tempêtes polaires, où le brouillard presque constant rend la tâche des avions presque impossible, où le moindre accident tourne au désastre, l’ennemi le plus meurtrier ici, c’est le champ de bataille lui-même. En effet, durant ce qu’on appelle la campagne des iles Aléoutiennes, les accidents mortels coûtèrent plus de vies aux Américains que les Japonais eux-mêmes, de loin. La tentative d’invasion de Dutch Harbour, le 3 juin 1942, dans le cadre de la fameuse diversion orchestrée par Yamamoto en vue de soumettre Midway, s’était soldée par un échec total vus les très faibles résultats des bombardements sensés préparer le débarquement, justement en raison d’une météo exécrable. Faute de mieux, la force d’invasion occupa les 6 et 7 juin Kiska puis Attu, les plus à l’Ouest des Aléoutiennes, sans rencontrer la moindre résistance(1). Puisque les Américains tenaient une position de leur coté, les Japonais se devaient d’avoir la leur, qu’ils renforceront de leur mieux jusqu’à ce jour de mars 1943, où une bataille stratégiquement mineure et tactiquement brouillonne décidera du destin de ce front oublié. Bienvenue dans le dernier duel d’artillerie pur de l’Histoire. Bienvenue à la bataille des îles Komandorski.

KomandorskiMap1

27 mars 1943, 180 miles à l’Ouest d’Attu :

À l’aube de ce jour, le Rear Admiral Charles Horatio « Socrates » McMorris est penché sur ses cartes avec son état-major. Sous ses yeux s’étale l’immensité de l’océan, aplatie sur une grande feuille de papier. On y distingue, tracée au crayon, sa division, la Task Force 16.6, cap au 020. Le Richmond (CL-9), de classe Omaha, où il a hissé sa marque, ouvre la marche, suivi par le Salt Lake City (CA-25), classe Pensacola, et les quatre destroyers du Squadron 14, commandés par le capitaine Ralph Riggs, les Coghlan et Bailey, classe Benson, et Dale et Monaghan, classe Farragut. Sa mission est simple : intercepter un convoi japonais en route pour Attu ou Kiska. Les services de renseignement ont évalué la puissance de l’escorte à un croiseur lourd et un croiseur léger. Ses ordres sont de stopper le convoi, tout en évitant le combat contre des forces supérieures. Il verra vite que ces ordres sont plus contradictoires qu’il n’y paraît. En effet, là-bas derrière la ligne rose de l’horizon, l’ennemi avance.

À 07h30, presque simultanément, les radars des Coghlan et Richmond signalent des contacts au Nord, cap au 080. Au même instant, dans les premières lueurs de l’aube, deux yeux sous une casquette brune repèrent les silhouettes des navires américains. Le convoi est en vue.

A bord de son navire-amiral, le vice-amiral Boshiro Hosogaya reçoit l’information quelques secondes plus tard : « Navires en vue au Sud-Sud-Est ! ». Quelques minutes plus tard, les navires inconnus tournent leur proue vers eux et accélèrent. Le vice-amiral Hosogaya contemple son ordonnance placée sur la carte les marqueurs plaçant l’ennemi (c’est forcément lui) en vue des navires les plus au Sud de son groupe, deux précieux transports et les destroyers de classe Akatsuki Ikazuchi et Inazuma. Fermant les yeux quelques secondes, il se redresse finalement et ordonne le décollage de l’appareil de reconnaissance embarqué. A 07h55, il ordonne à la flotte de prendre un cap au Nord et aux navires de l’arrière-garde d’accélérer pour former un groupe compact. Les transports, protégés par quelques destroyers, se placèrent derrière la protection de la 5eme Flotte. Hosogaya sourit : les dieux sont avec lui, il a largement de quoi écraser l’ennemi.

À 08h20, sur le Richmond, « Soc » McMorris apprend que la partie sera plus compliquée que prévue : quatre navires ennemis, en plus des cinq précédents et identifiés comme deux transports, deux croiseurs légers et deux destroyers, viennent d’apparaître. Quinze minutes plus tard, des vigies les identifient à leurs mats : deux croiseurs lourds et deux destroyers ! Il sera difficile d’obéir aux deux ordres en même temps à présent. Mais le vice-amiral McMorris n’a pas volé son surnom de « Socrate », gagné à l’école navale. Il fait mettre cap à l’Ouest, espérant se donner du temps et peut-être contourner la flotte ennemie et atteindre les transports, qui se replient vers le Nord-Ouest. La distance entre les deux flottes, qui ont toutes les deux accéléré, se réduit très rapidement.

(Source : wikimedia.org )

(Source : wikimedia.org )

Sur le Nachi, le vice-amiral Hosogaya, malgré sa supériorité écrasante, n’est pas rassuré. Sa flotte a été renforcée peu avant son départ et compte à présent deux croiseurs lourds, son Nachi et le Maya, respectivement de classe Myoko et Takao, deux croiseurs légers, les Tama et Abukuma (classe Kuma et Nagara) ainsi que les destroyers Wakaba et Hatsushimode, classe Hatsuharu, sans compter les Ikazuchi et Inazuma précédemment cités. Un cinquième destroyer, le Usugumo (classe Fubuki) restera à l’écart pour protéger le convoi. Malgré la puissance de feu et le nombre en sa faveur, Hosogaya est inquiet. Il est persuadé que dès à présent, une flotte aérienne américaine est en route, et qu’à la faveur du temps particulièrement beau de ce 27 mars, il sera écrasé s’il s’attarde dans la zone. Les deux flottes sont à présent à portée de tir, et c’est le Nachi qui ouvre le bal. A 08h40, le canon gronde sur les eaux du Pacifique Nord.

De leur coté, les Américains sont en ordre de bataille : le Richmond suivi du Salt Lake City, avec en tête et en queue de convoi deux destroyers. A bord du navire-amiral US, un message radio tombe : les renforts aériens mettront au moins six heures à arriver. Alors que les deux flottes vont se croiser, le navire-amiral ennemi ouvre le feu, à 18 000 mètres de distance. Les marins US sentent alors des sueurs froides leur courir sur l’échine : en seulement deux salves, le Nachi vient d’encadrer le Richmond. Durant tout le combat, l’excellence des artilleurs nippons fera frémir leurs adversaires. A 08h41, le Richmond riposte, et encadre à son tour le Nachi à la troisième salve. Immédiatement, le Salt Lake City ouvre le feu à son tour, imité par les destroyers de tête. Afin de maintenir la distance, « Soc » McMorris fait virer encore un peu à bâbord. A courte distance il se ferait broyer, et il sait qu’il n’a aucune chance de semer les croiseurs modernes de l’ennemi. Alors il préfère garder sa distance, espérant par son artillerie briser la ligne ennemie. L’ennemi vire tribord, leurs deux flottes suivent à présent une route parallèle vers l’Ouest.

A 08h45, Hosogaya ordonne au Nachi de tirer ses 8 torpilles, mais toutes manquent leur cible. Alors qu’il étouffe un juron et contemple les tirs qui fusent autour du Richmond, dangereusement encadré, à 08h50 un souffle brûlant le jette au bas de son siège. Un obus de 150mm tiré par le Richmond vient d’exploser sur le flanc tribord de la passerelle, tuant 11 hommes et en blessant 21. L’amiral et son état-major sont indemnes, mais un début d’incendie se déclare. A bord du navire américain on exulte, la victoire leur semble acquise. Les fous ! Pourtant, deux minutes plus tard, un nouveau coup au but perfore le compartiment à torpille du Nachi, toujours tiré par le Richmond, et un autre frappe la salle de contrôle, tuant deux hommes et en blessant 5. Ce coup heureux prive le croiseur lourd de la puissance électrique nécessaire au fonctionnement des tourelles et des monte-charge. La rage au cœur, Hosogaya ordonne au Nachi de se replier et de céder sa place au Maya, commandé par le capitaine Matsumoto et impatient d’en découdre. Dix minutes après cela, l’ennemi manœuvrait à son tour.

Sur le Salt Lake City, le capitaine Rodgers est aux commandes. L’instant d’avant, lui et ses hommes ont cru que la partie était gagnée. Ce coup heureux et ce début d’incendie sur le navire-amiral ennemi était une aubaine. Peut-être le commandant japonais était-il mort, peut-être la victoire était dans leur camp. Mais alors ils virent les canons japonais se tourner vers eux. Tout en zigzagant pour permettre à toutes leurs tourelles de faire feu, les croiseurs japonais concentrent leurs tirs sur eux, même si la manœuvre leur coûte leur vitesse. Sur le croiseur US, de nombreuses paires de fesses se crispent : les artilleurs japonais se débrouillent beaucoup trop bien ! A 09h10, un obus du Maya de 200mm tombe sur la catapulte tribord. L’appareil qui s’y trouve prend feu et doit être jeté par-dessus bord. Le capitaine Rodgers est occupé à un jeu fantastique : deviner où l’ennemi pense qu’il va se trouver, et faire barrer à l’opposé. Malgré un franc succès à ce jeu de dupe, le vieux croiseur est durement malmené. Dix minutes après le premier, un autre obus de 200mm explose près du centre du navire, tuant deux hommes. A 09h45, le Tama se rapproche dangereusement. Rodgers fait tirer une salve complète pour le contraindre à s’écarter. Après plus d’une demi-heure d’engagement, le vieux « Swayback Maru »(2) commence à montrer des signes de faiblesse : les tirs reçus et les vibrations détraquent les instruments, et le gouvernail répond mal : il tire sur tribord, et bloque au bout de 10 degrés d’un côté ou de l’autre. Le premier rideau japonais, composé du Tama en tête, puis du Nachi et Maya, en profitent pour pousser l’avantage. A 10h10, un choc immense ébranle le croiseur US : un nouvel obus du Maya vient de perforer le pont principal, traverser le puit à chaînes et ressortir de l’autre coté, sous la ligne de flottaison à tribord. La voie d’eau est peu importante, et ne menace pas la vitesse du navire, mais la proue s’enfonce légèrement. Mc Morris cherche maintenant à rompre l’engagement qui tourne lentement mais sûrement en sa défaveur, et déporte sa flotte vers le Sud-Ouest. Il ordonne aux destroyers de tête Bailey et Coghlan de déployer un écran de fumée devant le croiseur blessé, qui ne cesse pas pour autant le tir, dès qu’une trouée se présente. L’ennemi en faisait autant, et après avoir reçu un autre tir de 200mm à 10h59, à 11h03 un choc puis une explosion ébranlèrent le croiseur. Un obus venait de perforer la proue à tribord sous la ligne de flottaison, et après avoir traversé une cuve à mazout était allé exploser dans une autre. Un trou béant déversait alors des tonnes d’eau de mer à bord, le géant d’acier donnait déjà de la gîte à bâbord, et sa vitesse diminuait. Mais par des efforts surhumains, les équipes de sécurité parvinrent à aveugler la voie d’eau, pataugeant dans l’eau glacée et le mazout, avant que les machines ne soient noyées, et à redresser le navire. Pendant ce temps, la situation s’aggravait malgré tout. Les tourelles arrière du Salt Lake City, les plus sollicitées, avaient épuisées presque toutes leurs munitions, malgré un réapprovisionnement à mains d’hommes depuis la soute avant. A court d’obus perforants, on commença à utiliser des munitions explosives.

Sur le Nachi, Hosogaya ne prenait toujours pas le parti de se rapprocher résolument, ou d’entamer une action à la torpille avec ses destroyers. Soudainement, une immense explosion arracha à l’océan une gerbe d’eau pulvérisée à quelques distances du croiseur nippon. « Attaque aérienne !! » hurla-t-on immédiatement. Maya et Nachi déclenchèrent aussitôt la puissance de leurs armes antiaériennes, arrosant le ciel parsemé de fumée à l’aveuglette. Cependant, Hosogaya, malgré cette menace, qu’il ne pouvait confirmer car dépourvu de radar, continua le combat. A 11h52, au milieu des torrents de fumée déployés par les destroyers ennemis, on distingua nettement un nouveau coup au but. « L’ennemi perd de la vitesse ! » cria un enseigne une minute après. Cette fois, Hosogaya allait pouvoir frapper le coup décisif.

(Source : wikimedia.org )

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En effet, le Salt Lake City perdait rapidement de la vitesse, mais les Japonais n’y étaient pour rien. Alors qu’ils compensaient la gîte en inondant des réservoirs vides, un des marins avait accidentellement manœuvré la mauvaise valve, envoyant dans les moteurs le contenu d’un réservoir plein d’eau de mer. A 11h53, les feux du Salt Lake City s’éteignent. Sur la passerelle, le capitaine Rodgers et ses officiers pensent la fin venue. Ce dernier se fit apporter une tasse de café, arguant que s’il fallait prendre un bain glacé, autant avaler quelque chose de chaud avant. Mais pas avant de se battre jusqu’au bout ! Jouant sur son erre, Rodgers fait placer son navire par le travers, pour offrir à l’ennemi toute la puissance de sa batterie. Mais c’était sans compter sur « Soc » McMorris, qui déploya immédiatement ses unités pour une action agressive de la dernière chance. Alors que le Richmond et le Dale déployaient un écran de fumée et se préparaient à récupérer l’équipage du croiseur immobilisé, le Bailey sortait de la fumée à toute vapeur pour lancer une attaque à la torpille sur les croiseurs ennemis, suivi par les Coghlan et Monaghan.

Sur le Bailey, commandé par le lieutenant Atkeson, leader de la 14eme division, on serrait nerveusement mâchoires et postérieurs. Toute la puissance de feu des croiseurs ennemis était braquée sur eux : les obus pleuvaient. Alors que Atkeson se demandait s’il était heureux que sa vie finisse ainsi, en suicide glorieux pour permettre à un croiseur blessé de survivre, un immense choc ébranla le destroyer : un obus de 200mm venait d’exploser sur tribord, tuant 5 hommes et en blessant gravement 6. Sans faiblir, il garda ses yeux braqués sur ses cibles, et arrivé à une distance de 9000m, il envoya ses torpilles. Immédiatement, les croiseurs japonais entamèrent leurs manœuvres d’évitement, compliquant très sérieusement les attaques des destroyers suivants, qui préférèrent renoncer à tirer les leurs. Coghlan reçut un coup au but lui aussi, et Bailey un autre, qui rebondit sur une cloison sans exploser, et qui fut finalement poussé à la mer par l’équipage.

(Source : ussbaileydd492.org )

(Source : ussbaileydd492.org )

(Source : navsource.org )

(Source : navsource.org )

Sur le Nachi, l’on serrait nerveusement les dents. Cette horde de destroyers se jetant courageusement sur eux ne pouvait signifier qu’une chose : les torpilles allaient voler bas. Pendant ce temps, l’officier radio en second essayait vainement de contacter l’avion de reconnaissance qui tournoyait au-dessus du croiseur ennemi blessé. Le destroyer de tête, méprisant le danger, lâcha sa salve, qui fut évitée sans difficulté. Alors que le barreur s’apprêtait à redresser la barre, Hosogaya se leva et l’en empêcha d’un geste. L’incompréhension brilla dans les yeux du sous-officier, et ce n’est qu’une seconde plus tard qu’il comprit : le vice-amiral rompait le combat. Déçus, mais obéissants, les hommes transmirent les ordres et continuant leur manœuvre vers le Nord, la flotte japonaise se retira. A 12h30, tout était fini.

(Source : wikimedia.org )

(Source : wikimedia.org )

McMorris et ses officiers contemplaient sans y croire ce qui se produisait : ils étaient en vie. Les machines du Salt Lake City avaient été redémarrées quelques minutes seulement après le début du raid des destroyers, aussi l’ordre fut-il donné de mettre immédiatement cap sur Dutch Harbour. Sacré baptême du Grand Nord pour les marins du Salt Lake City, fraîchement arrivés d’Hawaï. Malgré quatre heures d’engagement, les dégâts étaient plutôt légers, on déplorait seulement 20 blessés, sept tués, deux destroyers quelque peu malmenés et un croiseur lourd lourdement endommagé. Le Salt Lake City avait tiré la totalité de ses obus perforants durant la bataille, soit plus de 800. Drôle de bataille, drôle de finale, drôles de conséquences.

De retour au Japon, le résultat de cette bataille fut incroyablement disproportionné par rapport à l’engagement en lui-même. Il coûta premièrement sa place au vice-amiral Hosogaya, à qui on reprocha son manque d’agressivité. A la décharge de ce dernier, son équipage avait capté la demande de soutien aérien des Américains, et il s’attendait à voir arriver une flotte aérienne puissante à tout moment, sentiment confirmé par la méprise causée par les obus explosifs américains. Ensuite sa flotte avait consommé beaucoup de munitions et de carburant, plus que ce que les consignes de l’Amirauté recommandaient de conserver en dernier recours. Cela étant dit, son adversaire était dans un état bien plus misérable, tant en munitions qu’en dégât reçu, mais cela, il ne sut pas l’évaluer correctement car en définitive, sa flotte n’eut que 26 blessés, 14 tués et ses deux croiseurs lourds légèrement endommagés.

On ne peut pas dire qu’il s’agisse d’une victoire américaine, loin de là. Pourtant, sur le plan stratégique, les Japonais allaient en payer le prix fort. On cessa d’approvisionner Kiska et Attu par cargo. Uniquement par sous-marins. Ce qui réduisit grandement les capacités défensives de ces places, qui seront enlevées par les américains et les canadiens, et défendues avec l’acharnement coutumier des Japonais, jusqu’à la presque traditionnelle charge-suicide du 29 mai sur Attu. Kiska quand à elle fut évacuée par l’occupant nippon avant l’arrivée des alliés, qui perdirent tout de même plus de 300 hommes pour reprendre une île vide, du fait de pièges ou de tirs amis. Encore une fois, le champ de bataille lui-même prélevait son dû. On trouve toujours aujourd’hui sur Kiska une grande quantité de matériel japonais abandonné. Ainsi, les Américains gagnaient la campagne des iles Aléoutiennes, mettant le Nord du Japon sous la menace direct des bombardements, contraignant le Mikado à maintenir une forte présence militaire dans les îles Kouriles et au Nord de l’archipel, dont les différentes unités auront beaucoup à souffrir des éléments et de l’abandon progressif par leur hiérarchie, focalisée sur le Pacifique Sud. Mais c’est encore une autre histoire. A noter également pour l’anecdote que c’est durant cette campagne qu’un chasseur Mitsubishi Zero en bon état, tombé dans un marais, fut capturé par les Américains, permettant ainsi son étude. Que d’événements dans ce théâtre oublié.

La bataille des îles Komandorski reste à bien des titres très étrange. Dernière bataille du genre, où tout se régla par un bon vieux combat d’artillerie (l’avion de reconnaissance du Nachi n’ayant pas ou presque eu d’impact), marquée par les erreurs humaines, officiers et marins confondus (3). Ridicule par l’ampleur, mais massive par les conséquences sur un champ de bataille franchement hostile. Tout ça pour contrôler des cailloux arides battus par les vents et noyés par le brouillard. Bref, l’ironie de la guerre dans toute sa splendeur.

En espérant que la lecture du présent article vous ait divertis, n’hésitez pas à donner votre avis sur la forme autant que sur le fond. Le SPA est avide de vos retours. Et il vous aime. Beaucoup…

Cordialement, Jed.

soldat-japonais-attu

Légende : Soldats japonais sur Attu
(Source : petitehistoiredelagrandehistoire.wordpress.com )

(1) Effectivement les autorités américaines avaient évacué l’île, notamment par manque de confiance envers les populations locales d’origine asiatique et soupçonnées de sympathie pour l’ennemi. La majorité des habitants de Kiska et Attu passera toute la durée de la guerre dans des camps de travail.

(2) Surnom donné au Salt Lake City en raison de sa ligne de flottaison extrêmement basse, à cause de sa construction et de son chargement supplémentaire en temps de guerre. Son pont était de fait perpétuellement balayé par les vagues, d’où ce nom qu’on pourrait approximativement traduire dans le contexte par « Reins creusés » ou « Dos tordu ».

(3) En effet, si une erreur humaine a failli coûter la vie aux 650 marins du Salt Lake City, une autre a sauvé celles des 450 marins du Richmond. Lors des premiers tirs du Nachi, alors que celui-ci encadrait de très près le Richmond, un marin nippon aurait par mégarde coupé l’approvisionnement électrique des tourelles principales. Ce problème mineur, corrigé en moins d’une minute, n’en fit pas moins manquer au Nachi une occasion en or de sceller le sort de la bataille au bout de quelques minutes.

SOURCES :

-Micheal Morgan, Battle of the Komandorski Islands, Close Call in the Aleutians During World War II, in historynet.com
-Patrick Clancey, The Aleutians Campaign, chapter 9, in ibiblio.org
-United States Army Center of Military History (CMH Pub 72-6), in explorenorth.com
-Wikipedia.org

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