Guerre anglo-irakienne 1941

On parle beaucoup des grandes opérations dites décisive : la bataille des Ardennes, Koursk et bien évidemment Overlord. Mais à y regarder de plus près, la victoire tient souvent au courage d’un petit groupe d’hommes ou de femmes qui changera par son action l’issue d’une bataille voir de la guerre. Dans cet article, les forces engagées par les belligérants ne dépasseront pas la centaine d’avion et l’effectif d’une division. Pourtant, sans cette victoire Britannique, il aurait été impossible pour eux de chasser Rommel d’Afrique.

Si je vous parle du régent Abdelilah d’Irak, je suis certain que ça ne vous dit rien. Pourtant, c’est sous son règne que les forces anglaises d’Afrique ont tremblé. Une menace pour le moins inattendue les a frappés sur leurs arrières. Mais commençons par le commencement. Suite à la première guerre mondiale, l’Empire Ottoman est phagocyté par la France et l’Angleterre. Les britanniques obtiennent notamment l’Irak qui bien qu’officiellement indépendante dès les années 30, reste totalement sous la tutelle de Londres pour les affaires étrangères, militaires mais aussi et surtout commerciale avec la main mise étrangère sur le pétrole du pays.

A cette époque, le pays est une monarchie constitutionnelle avec à sa tête le roi Fayçal Ier. Très vite, le peuple se montrera hostile envers les anglais qui comme à leurs habitudes, se conduiront d’une manière oscillant entre conquérant et tyran envers des gens qui après tout ne sont que des autochtones d’une de leur colonie. Cependant, tout à une fin et le roi Fayçal finit par décéder. Son fils Ghazi Ier mourra peu après le déclenchement de la seconde guerre mondiale. Monarque farouchement opposé au britanniques, il ne fallut pas longtemps pour qu’on accuse les anglais de sa mort « accidentelle ». Son fils, trop jeune pour monter sur le trône se voit assigné un régent : son oncle Abdelilah qui bien évidemment fait tout pour se rapprocher des anglais. Cependant, son premier ministre est quant à lui un grand opposant du Commonwealth et préférera prendre le parti de l’Allemagne qui pourrait en cas de victoire contraindre Londres à quitter l’Irak.

Démis de ses fonctions en 1941, il décide de monter un coup d’état et de chasser le régent. Aussitôt dit aussitôt fait. Gillani qui pouvait compter sur le soutien du peuple et de l’armée prit le pouvoir.  Le régent se réfugia in extremis dans une base anglaise. Les tensions montent. L’Angleterre menace d’intervenir militairement en Irak. En réponse, Gillani occupe les raffineries de pétrole et interne les travailleurs étrangers. Le pétrole sera désormais vendu à l’Italie. Cette fois s’en était trop. En pleine campagne du désert, les anglais ne pouvaient se permettre de perdre l’approvisionnement en carburant ni envoyer des troupes dont ils avaient cruellement besoin en Lybie. Seul leur restait une brigade de la 10e division composée majoritairement de troupes indiennes. Elle débarqua à Bassorah ; important port pétrolier irakien.

059fd210Ces véhicules datant de la grande guerre sont pourtant les plus puissant dont dispose les britanniques au début du conflit en Irak

La menace se confirmait. Bien qu’ayant le pouvoir, il faudrait agir vite pour éviter que les anglais n’arrivent à Bagdad. Devant la situation, l’Italie et l’Allemagne promirent d’aider l’Irak. Fort de cette promesse, Gillani donna ordre de déployer plusieurs régiments d’infanterie renforcé par une artillerie conséquente autour du port pour bloquer toute avance anglaise. La situation des britannique est désespérée. Ils n’ont pas de quoi tenir et aucune réserve disponible. Ils savent de plus que deux trains d’armes de Vichy doivent arriver pour aider les irakiens ainsi qu’une force aérienne germano-italienne. Pourtant, ils doivent vaincre. Sans l’Irak, l’Afrique tombera faute de carburant.

legion10Tout aussi puissante sur terre que dans les airs, les britanniques ne peuvent compter que sur des vieux biplans qui seront pourtant d’une efficacité redoutable face à l’aviation Irakienne plus moderne.

Un premier miracle arriva. Malgré un matériel plus moderne, l’aviation irakienne fut balayée par le petit contingent de la RAF présent. La maîtrise du ciel acquise, les anglais purent bombarder sans relâche les positions irakiennes. Il y avait encore quelques garnisons du côté de la Palestine. Mal équipées et avec une capacité de ravitaillement désuette. Dans un nouveau tour de force, l’intendance réussit à les motoriser en quelques jours. Ces troupes reçurent en renfort la légion arabe. Objectif de cette nouvelle colonne : briser l’encerclement le la brigade indienne et prendre Bagdad. La situation dégénère et le déploiement des avions de l’axe à Mossoul, les forces irakiennes sont partout en déroute.

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La supériorité en artillerie ne sert pas à grand chose sans la maîtrise du ciel.

Le 1er Juin, tout est fini et l’Angleterre peut à nouveau occuper militairement l’Irak et protéger ses approvisionnements en pétrole qui ne lui feront plus jamais défaut pendant la guerre. Ils en profiteront aussi pour occuper la Syrie et le Liban pourtant possessions françaises de plein droit sous prétexte qu’elles ont servi de bases arrières à l’axe. Cette fois, tout l’orient est sous contrôle des alliés. Seul l’Iran est encore souverain mais ce n’est qu’un petit répit. Moins d’un an plus tard, il sera occupé par les forces soviétiques.

 

 

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