Souvenir de la Bataille du Timor. Février 42. Février 43.

Pépé ! Pépé ! Tu peux m’aider à faire mon devoir maison de géographie ? – Bien sûr mon grand Dierderik. Quel est ton sujet.
– Le thème ce sont les indes; celles qui étaient nos colonies avant.
– Hum hum ?
– Et j’ai choisi l’île du Timor !
– Le ?!
– Ba oui, maman elle a dit que tu y avais été pendant la guerre, alors je me suis dis que tu connaissais !

Le jeune écolier, bien classé dans son école de Rotterdam, ne pouvait se douter qu’il rouvrait là une plaie profonde. La Guerre du Pacifique. Oui. Le Sergeant-Majoor Krit l’avait faite. Il en était revenu. Vaincu, puis victorieux.

Mon garçon. Dit-il la voix tremblante, d’émotion, de rage encore non dissimulée pour l’Empire du Japon en ce moi de Mars 1996, ce n’est pas un cours de géographie que je vais te faire. Mais d’Histoire. Ecoute bien.

J’étais sous-officier dans une compagnie… dans un groupe de soldat de notre royaume, là bas, dans nos Indes. Tu comprends ?
– Voui pépé !!
– Bien. La vie y étais paisible. Puis, début 1942 les japonais nous ont attaqué.
– Pourquoi ?
– Parce que nos Indes avaient… heu… de l’essence, dans le sol, pour mettre dans leurs voitures, leurs avions, leurs bateaux. Et du caoutchouc, pour faire des armes, ainsi que d’autres choses. En nous attaquant ils ont tué beaucoup de personnes.
– C’est méchant ! Les japonais je croyais qu’ils faisaient que des dessins animés super méga cool !
– Oh non. Ce sont des gens sans âme, sans pitié, ils ont tués femmes, enfants… J’ai donc résisté avec l’aide des australiens débarqués nous aider.

Tu vois où est l’Australie ?
– Ouiiiii ! C’est le pays qui ressemble à un lapin qui mange une carotte !
– Heu, oui.
– Et après ?
– Et bien. C’est là que j’ai connu l’enfer. La mine du grand père s’assombrit. Imagine. Une foret avec énormément d’arbres, tellement que tu ne vois pas plus loin que devant tes bras. Des moustiques, plus que tu n’en as jamais vu. Chaque bête, chaque moment, chaque flaque d’eau croupie veut ta mort. L’ennemi, le japonnais, est dangereux. La jungle, plus encore. Et le jap’ a des avions, des canons. Toi, ton armée, elle a perdu tout cela, tu n’as plus beaucoup d’amis.
– Pourquoi tu n’as plus d’amis ? Tu t’es faché ?
– Non. Ils sont morts. Les balles, la malaria, les bombes ou une plaie infectée.
– C’est quoi la malaria ?
– Une maladie, qui quand un moustique te piques te donnes une si grosse fièvre que tu meurt.
– Han ! Fasciné, le garçon buvait les paroles du l’ancêtre. Et tu tuais les moustiques alors ?!
– Non. Impossible, nous n’avions rien, et ils étaient plus nombreux que toute la population des Pays Bas. Non.
– Alors tu as fais quoi ??!!!
– Nous avons lutté.

La guérilla fut notre tactique. C’est à dire que nous attaquions des petits groupes de jap’s rapidement par surprise pour faire un maximum de morts. De dégâts. De blessés. Puis après cette attaque aussi rapide que le vent, nous disparaissions. En emportant un maximum de nourriture, d’armes, de médicaments.
– Trop biiiiiiiiien !!!!!!!
– Non. Beaucoup de braves gens y ont laissé la vie. Néerlandais. Australiens. Américains. Indigènes.
– Pépé Pépé Pépé ! C’est quoi c’est quoi un indigène !
– C’est une personne vivant sur place, nous sommes des indigènes de Rotterdam par exemple. Les indigènes du Timor se sont battus à nos côtés, ou nous ont apporté leur aide. Pas tous, mais ceux qui l’ont fait l’ont souvent payé très cher.
– Combien ? Combien ?
– Ils en sont mort. Et ce sont eux qui je crois, en ont payé le prix le plus lourd.
– Mais Pépé. Tout le monde meurt dans ta guerre ?
Le vieil homme eut les yeux qui s’humidifièrent.
– Oui mon grand. Surtout les braves. Et les innocents.
Mais les jap’s aussi. Et crois moi, on leur a pas laissé le temps de boire une goutte de leur saloperie de saké ! Et on laissait de jolis souvenirs après notre passage.
– Ah bon ? Quoi ? Quoi ???

– Je te monterai plus tard. Mais il faut que tu saches que de février 1942 à février 1943 j’ai combattu là bas. Pour notre pays. Et qu’on leur as mis plein la gu… heu… qu’on leur a fait mal.
– Pépé, j’ai une question.
– Oui.
– Qui a gagné au final ??
– Au Timor ? D’abords eux. Ils nous ont mis une raclée. Puis, ce fut notre tour. depuis Port Moresby. Mais je n’étais plus là bas. On m’avait envoyé en Australie, comme instructeur. Comme professeur si tu préfères.
– Han !! Tu faisais quoi ?!
– Je montrais comment tuer des Jap’s.
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La Bataille du Timor ne fut qu’une des batailles de la Guerre du Pacifique. Elle illustre ce que furent les combats dans la jungle a ceci prêt que les pertes civiles y furent proportionnellement bien plus importantes. Et avec le Front de l’Est ce fut peut être le pire théâtre d’opération.
PERTES DE CETTE BATAILLE :
– Alliés : † 450
– Japon : † 4 000
– Civils : † 40 000 – 70 000

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