opération uranus

17 novembre 1942. Le front s’ébranle. Des milliers de soldats russes s’élancent à l’assaut. Le maréchal Jukov est bien décidé à stopper une fois pour toute l’offensive allemande sur Stalingrad. Face à eux, les 3e et 4e armées roumaines disposant d’un matériel démodé et d’une capacité anti-char tout juste anecdotique. Mais que c’est-il passé pour en arriver là?

22 Juin 1941. il est 3h du matin. 3 millions d’hommes s’élancent dans un nouveau blitzkrieg. Cette fois, ce n’est ni la France ni la Yougoslavie qui est visée mais la Russie. Le 9 juillet, tout ce que l’on appellera plus tard les pays de l’est sont conquis. Le 1er septembre Kiev tombe et le 5 décembre l’avant garde des forces allemandes est à 20 km de Moscou. Malgré des pertes effroyables, l’armée rouge recule mais ne se rompt pas. Une première contre-offensive sauve la capitale. L’hiver arrive. Mal préparé au froid et devant couvrir plus de 2000 km de front, l’offensive est à l’arrêt. Les russes jettent armée après armée dans la bataille sans se soucier du coup en vie humaine. L’Allemagne ne peut se le permettre et chaque homme, chaque char, chaque avion perdu les éloignent de la victoire.
Contrains et forcé, les objectifs sont revus. Il faut s’emparer du Caucase afin de s’assurer d’avoir assez de carburant. C’est donc le groupe d’armées sud qui va repasser à l’attaque. Les victoires sont au rendez-vous et très vite, la 6e armée arrive à Stalingrad. Un ordre va tout changer. Staline décidera qu’il n’est plus question de céder un seul pouce de terrain à l’ennemi et toute personne sachant tenir un fusil devra se battre ou être exécuté par les impitoyables commissaires politiques. Devant la résistance grandissante, les Allemands manquent d’homme. Ils vont donc faire ce à quoi ils ont toujours rechigné: demander un soutien à leurs alliés. Ainsi, des divisions italiennes, roumaines, hongroises,… vont se retrouver sur le front afin de permettre aux allemands de concentrer leurs efforts sur la ville. La 3e armée roumaine se déploie au nord de la ville et la 4e au sud. De faibles effectifs, la tâche sera ardue. Ils doivent couvrir un front nécessitant 4 fois plus d’homme que ceux dont ils disposent.
images10
Les troupes sont prêtes mais que vaut un fusil face à un char?

Du côté rouge par contre, le nombre n’est pas un problème. Comme dit précédemment, les Russes enverrons plus d’un million d’hommes se battre à Stalingrad. Peu en reviendront car s’il fallait savoir tenir un fusil pour être mobilisé, il n’était pas obligatoire pour le parti d’en équiper tout le monde. Beaucoup devant se battre avec ce qu’ils trouvaient: arme ennemie, gourdin et même des briques. Aucune des contres offensives ne réussit du coup les Russes optèrent pour une autre tactique: L’encerclement de toute la 6e armée. Des milliers d’hommes traversèrent la Volga pour stopper l’Allemagne. Mais derrière la ligne de front, s’assemblait une armée équipée quant à elle du meilleur matériel possible et en très grand nombre. 1 million d’hommes, 900 chars, 14 mille canons et 1500 avions allaient être engagés comme deux pinces autour de Stalingrad. En face d’eux, 150 mille roumains, 900 canons pour la plupart démodé, 150 chars tout aussi récents et quelques divisions allemandes gardée en réserve mais déployable.

19 novembre 5h du matin. La IIIe armée subit un barrage d’artillerie sans précédent dans cette région du front. Entre 3000 et 4000 canons vont tirer simultanément. S’ensuivra une offensive comptant Un.000 hommes appuyé par quelques centaines de chars. Le front est percé. Les Russes ont lancé un bulldozer sur un mur de paille. La IIIe armée engage toutes ses réserves mais c’est un combat perdu d’avance. Les Roumains ne démériteront pas. Face aux chars russes les canons roumains ne servaient à rien. De trop faible calibre et démodé, ils ne pouvaient percer le blindage de ces monstres d’aciers. Pourtant, le bataillon de sapeur tenu en réserve jusque-là, détruisit de nombreux chars au cocktail Molotov et à la charge explosive. À partir de 10 h, la IVe armée subit le même sort.

t-38_g10
type de blindé donné à la roumanie et constituant ses « meilleurs chars »

Le 20, les Allemands conscients du danger déployèrent le 22e panzerskorps en soutient de la IIIe armée. En pure perte cependant. Il était déjà trop tard.
Le 21, la 29e panzergrenadier, ultime réserve fut engagé sur le front sud. Les Russes répondirent en envoyant la LVIIe armée. On remarque bien ici la différence de force engageable. D’un côté, on lance des armées entières, de l’autre, quelques divisions. S’en est déjà fini de la IIIe armée. Accusant plus de 20.000 prisonniers, elle n’existe plus. Les rares survivants s’étaient repliés dans les lignes allemandes.

300px-10Même quand on est valeureux on n’a parfois pas le choix.
Le 24, une batterie d’artillerie lourde de la IVe armée réussiront pour un temps à stopper et même à faire reculer les Russes dans la région de Krasnay-Geroy.
Le 16 décembre, la IIIe armée de la garde (URSS) se lance dans l’opération saturne. Obligeant l’Allemagne à envoyer ses renforts dans un autre secteur tout en continuant les coups de buttoir sur ce qui reste des troupes roumaines.
L’encerclement est complet. Une armée entière est prise au piège. Aidée par le 57e panzerkorps, la IVe armée tentera de faire la jonction avec l’armée de Paulus. Les Russes contre-attaqueront massivement avec 450.000 hommes et 700 chars repoussant ce qui sera la dernière offensive roumaine. Pas loin de 80% des effectifs furent mis hors des combats. Sur toute la bataille de Stalingrad, les Russes perdront presque 1,3 million d’hommes (tué, blessé, capturé et disparu) Malgré tout, ils finiront par l’emporter et changer par la même occasion l’issue de la guerre sur le front est.

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.