Copacabana

Patch des FEB

Le Brésil. Pays de la Coupe du Monde et des Jeux Olympiques en cette année 2016. Ce jour, nous allons plutôt nous intéresser à son entrée en guerre aux côtés des alliés le 22 août 1942.
Parce qu’il faut avouer que ce vert pays n’a pas eut beaucoup de place dans nos papiers, au SPA, n’est-il pas ? Pas que nous ayons une dent contre lui, mais que sa contribution à l’effort de guerre n’a pas été aussi spectaculaire que les grandes nations du conflit.
Mais le pays du football, avant d’être celui du ballon rond, a contribuer de manière significative à la chute de l’Axe.
 
Commençons, si vous le voulez bien, par le début.
C’est mieux !
Ce qui entraîna ce grand pays dans les tourments de la guerre furent les U-Boot. Comme nombre de nations neutres, tant lors de Première que la Seconde Guerre mondiale, même si le cas des USA pendant la WWI est à part car les U-Boot du Kaiser ne servirent que de prétexte au Président Wilson. On me glisse dans l’oreillette que je m’égare. Pardonnez un vieux gâteux.
 

U-534, Type IXC/40

 On peut donc mettre sur le dos du U-507 l’acte de déclaration de guerre du Brésil envers le IIIe Reich et le Régime de Mussolini… mais point le Japon.
En effet, le-dit submersible type IXC, le même modèle que l’U-534 ci-dessus, torpilla en moins de 48h cinq marchands brésiliens. On dénombra plus de six cent victimes donc près de la moitié sur le Baependy.
 
C’est donc en Europe, que le Brésil allait porter le fer pour laver cet affront. Équipée à l’américaine, entraînée par les américains, la Force Expéditionnaire Brésilienne allait compter 25 000 hommes sous commandement… devinez ? Américain ! Oui ! C’est gagné ! A que je l’aime ce jeu !
 
Leurs forces terrestres seront engagées en Italie, ainsi que leur maigre aviation. Pour de fort bons résultats, il faut être honnête.
 
Sur le plan naval, la contribution brésilienne se « limita » au rôle ingrat quoique essentiel d’escorte de convois. Ses quatre destroyers et ses deux croiseurs ne pouvaient pas vraiment affronter de force navale en haute mer, ni même ses deux cuirassés périmés.

Servants de DCA brésiliens. A part les hommes, tout est Made in USA

Le principal rôle du Brésil dans le conflit tient à l’aspect économique. Oui, car figurez vous, que les navires ne sont plus les mêmes que durant la Bataille de Salamine. Quoi que… si c’était le cas, le pays dont nous parlons aurait de grosses ressources à vendre vu tout le bois qu’il a autour du ventre. Pardon ? On me glisse a nouveau dans l’oreillette que je m’égare, et que cela explique pourquoi MERCo me donne des coups de pieds. C’est bon, c’est bon, je reprendre le fil d’Ariane… de l’histoire, de l’histoire.
 
L’économie donc, en effet le Brésil et l’Allemagne avaient de très très grand liens commerciaux dans les années trente. Multipliés par 4,5 entre 1933 et 1937, leurs échanges comprenaient de nombreux bien bruts comme le fer, le café, le coton, le caoutchouc naturel au départ des Amériques contre des produits manufacturés venant d’Europe. Notamment des produits chimiques nécessaire à la petite industrie locale, colorants, éléments de synthèse, etc., mais aussi des armes.
Il ne faut pas oublier que l’importante communauté germanique du pays contraint le président Getúlio Vargas à ménager celle-ci, tant par sa richesse, que par sa qualité en terme de main d’oeuvre (deutch kalitat?).
 
Cependant. Devant le blocus mis en place par les Alliés, le pays qui nous intéresse aujourd’hui n’entra pas en guerre aux côtés de l’Axe pour plusieurs raisons.
Techniques : son armée était loin d’être prête à cela.
Stratégique : le Brésil était très loin d’éventuels futurs alliés pouvant lui prêter main forte.
Diplomatique : Les autres pays d’Amérique Latine étant devant le même dilemme, ne profiteraient ils pas de l’occasion ?
Commercial : et c’est sans nuls doutes là le principal facteur.
Observons les chiffres.
 
 
Le commerce (en tonnes) du Brésil avec : 1939
USA : Imp : 678 K, Exp 868 K
GER : Imp : 585 K, Exp 420 K
UK : Imp : 230 K, Exp : 278 K
 
1940
USA : Imp : 1 352 K, Exp 932 K
GER : Imp : 80 K, Exp 104 K
UK : Imp : 264 K, Exp : 540 K
 
Nul besoin de grandes explications. Le commerce avec l’Allemagne étant en train de littéralement se casser la figure, les USA devenant le premier partenaire sans aucun doutes du Brésil, il faut là appliquer ce que l’on appelle en 2016, la RealPolitic.
 
C’est ce à quoi va s’appliquer à construire le gouvernement brésilien, jusqu’en août 42.
Par exemple, en mars 41 : les USA et le Brésil signent un accord dans lequel les USA s’engagent à fournir du matériel militaire et des conseillés à la défense en vu de remettre les forces brésilienne « à niveau ». En échange, le Brésil s’engage à fournir les ressources vitales à l’effort de guerre américain. Notez qu’à cette date, les USA ne sont pas encore en guerre.
Vient ensuite l’autorisation pour les Etats Unis d’utiliser les bases de Natal et Belem. Puis Recife.
Enfin, le Brésil sera intégrer au célèbre programme Pret-Bail.
 
Ce n’est donc pas l’engagement de ses forces au combat, même si ce point fut important, qui fut le plus capital. Mais bien l’apport de ses ressources à l’effort de guerre Alliés qui donne sa place à part entière au Brésil dans la Seconde Guerre Mondiale.

Plantation de caoutchouc

Oublions les chiffres.
Mais simplement le fait que la perte de la Malaisie, début 42, coupa les Alliés de leurs principales sources d’approvisionnement en caoutchouc naturel. L’Indochine française étant elle aussi occupée, les USA et la Grande Bretagne se tournèrent (l’URSS dans une moindre mesure) vers l’Amérique Latine parmi et donc, le Brésil.
Son coton devient aussi un apport capital à l’effort de guerre. Le café également, dans les longues heures de la nuit à guetter un U-Boot en patrouille… LA !! ALAAAAAAAAAARME !!
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[IRL] Das Boot Tour: CA Brest 2016

CA Brest 2016, entre fête maritime et fêtes aux bugs.

En longeant le port, nous tombons nez à nez avec un énorme homard en acier de 13m de long, sculpture de Marc Morvan installée au rond point Melville à l’occasion de la fête maritime de Brest 2016 [1]. Oui, cette année c’est au bout du monde ou presque que l’association Das Boot Création se réunit début juillet pour son Conseil d’Administration (CA), en d’autres termes pour sa réunion de travail in situ. Ces réunions ont vocation à se retrouver entre administrateurs pour faire le point du premier semestre de l’année sur nos avancées et réalisations projetées pendant l’AG de fin d’année précédente (Paris 2015). Elles ont aussi vocation à pouvoir échanger sur des sujets d’actualité liés au jeu et au final à faire avancer le jeu dans la direction souhaitée tout en renforçant la cohésion de l’équipe et le côté humain de notre aventure.

"Le Homard Géant" de Marc Morvan -  http://www.cotebrest.fr/

« Le Homard Géant » de Marc Morvan – http://www.cotebrest.fr/

Ne laissant aucun répit à nos voyageurs du jour, MERCo embraye dans l’heure (juste le temps d’un rafraîchissement salutaire) sur une rétrospective du semestre écoulé et un tour de table de l’équipe sur les projets en cours ainsi que les attentes et perspectives de chacun. Quatre thèmes principaux y seront abordés :
1. L’équipe, avec l’intégration de Thémis qui depuis février 2016 donne entière satisfaction et que nous impliquerons davantage par la suite. Ne le lui dites pas encore mais sa masse de travail va augmenter.
2. La V1 Das Boot et sa Réforme Soutien actuellement au point mort (manque de temps IRL pour du codage) ainsi que la Réforme Mines mise en place en mai 2016 et qui s’achèvera une fois la liste de bugs à corriger bien élaguée. C’est à cet instant que Kojak a ouvert la liste des bugs et comment dire… pressé par l’ampleur de la tâche qui l’attendait (certains médisant ont pu écrire de façon erronée qu’il avait surtout peur des coups de fouets) s’y attela avec le concours d’Indiana (alias Dark) et Nadge.
3. Les réalisations, visibles par les joueurs, du premier semestre, à savoir : Bug gain d’UT PNJ (janvier 2016) ; Concours RP (janvier 2016) ; Réforme scénario (février 2016) ; Quotas navires permissionnaires longue durée (mars 2016) ; Modification temps de construction (mars 2016) ; Réforme mines et débug et wiki (mai-juin 2016) ; Cour martial (juin 2016) ;
4. La V.2.0. pour laquelle nous avons fait un gros travail de conceptualisation des différents modules lors de nos réunions bimensuelles, bien qu’il reste quelques points importants à finaliser. Ces concepts serviront de base à la rédaction de Cahiers des Charges, documents indispensables à la mise en route de la phase de codage. Nous nous sommes cependant rendus compte que tout ce travail était passé sous silence car nous ne communiquions que de façon parcimonieuse à ce propos. Il a donc été décidé de créer un « bulletin » qui permettra aux joueurs de suivre l’évolution de nos travaux de façon régulière. Nous avons également décidé de mettre au calendrier du deuxième semestre et ce conformément à nos prévisions de l’AG 2015, l’écriture d’un Cahier des Charges « User » pour détailler la conception et la programmation et, avant la fin de l’année avoir un premier module du jeu en phase de codage.

Samedi 9 juillet 2016 :

Ce n’est pas moins de 16 bugs différents que l’équipe Kojak, Nadge et Indiana vaincront ce week-end. Le forum a crépité, les claviers ont chauffé, les doigts ont rougi pour venir à bout de ces maudits bugs qui vous et nous pourrissaient la vie depuis parfois plusieurs semaines.
Et si cela ne suffisait pas, voilà que l’équipe vous propose aussi quatre petites nouveautés ergonomiques pour vous faciliter la vie : 1. Le bouton « en avant toute » passera désormais au rouge lorsqu’une avarie sera détectée (un véritable plus pour les distraits et joueurs sur « tablettes »), 2. un tri des navires en page « contrôle de tir » (une aubaine pour le salut de la molette de vos souris et autres mulots), 3. une mise en lumière des tableaux IG pour éviter le ton sur ton et préserver vos yeux d’un effort supplémentaire et enfin, 4. une meilleure redirection vers votre rechargement d’armes au port.

En parallèle, nous prenons connaissance des chiffres des quotas joueurs, nations et carrières préparés à notre intention par Baudolino. Nous devons constater que pour la période 2015-2016 nous sommes dans une courbe ascendante du nombre de joueurs. C’est un phénomène cyclique qui peut s’expliquer par plusieurs forces qui agissent sur la population de joueurs : débats houleux sur le forum ou au sein des camps, désintéressement de joueurs plus « anciens » ayant fait le tour, période critique à l’automne 2015 au niveau des bugs, lassitude sur le non traitement de ces bugs, difficultés à produire des nouveautés sur la V.1, manque d’informations concernant le future de DB…
Il nous apparaît important de souligner que si les administrateurs peuvent influer plus ou moins directement sur une partie de ces causes, il relève d’une responsabilité commune d’appliquer et de promouvoir une ambiance communautaire propice à la réflexion et au respect des idées de chacun. A ce titre citons à nouveau cette phrase d’un fondateur de Das Boot : « … On a le jeu que l’on en fait. » (2015, LMF)[2].

Sur les coups de midi nous allons prendre l’air sous un magnifique soleil sur les bords de l’Aber Wrac’h et des forces dans une crêperie du coté de Lannilis. Das Boot n’est jamais loin dans les conversations et nous savons que la suite du programme sera délicat quant à la complexité de la matière à traiter. En effet, nous avons pris le parti de nous pencher sur un des modules « touchy » (sensible) que sont l’équilibre du gameplay ASM vs. Sub et l’ogre triangulation qui sont intimement liés.

Malgré nos craintes (justifiées par les précédentes tentatives) nous avons laissé l’initiative aux joueurs depuis mai 2016 d’échanger autour de la triangulation. Ces discussions ont amené une trentaine de points et propositions différentes. Aussi après avoir fait un rapide tour de table des administrateurs nous avons passé en revue les principes mêmes de la triangulation et ses différentes variantes. Nous avons également listé les avantages du système à flèches et ses inconvénients, ceci afin de bien pointer les éléments problématiques. Nous citons à ce propos la phrase pleine de bon sens d’un joueur sur le sujet forum :

L’équilibre, c’est que les subs en supériorité numérique et tactique aient l’avantage, et que les asm avec ces mêmes supériorités aient l’avantage à leur tour. Et qu’à force égale, les meilleurs/plus coordonnés l’emportent à l’issu d’un affrontement intéressant. (Vassilii Crow Kroupkov)

Quatre catégories de propositions ayant été dégagées des discussions forum, nous nous attelons à celles-ci, principalement les paragraphes A et D, le lendemain étant dédié à la suite:
A. Qui influe la méthode ou la technique de triangulation ;
B. Qui ajoute des éléments, artefact, modules,… de nouveaux développements ;
C. Qui influe le Gameplay Sub vs. ASM ;
D. Autres ;

Ne s’agissant ici que d’un premier débroussaillage des idées, il serait superflu d’entrer dans le détail des discussions point par point. Ceux-ci pouvant avec le temps être amendés, augmentés ou s’avérer à la lumière d’autres développements hors propos. De manière plus globale disons simplement qu’il est dans notre intention de casser la systématique d’utilisation au profit d’autres techniques de chasse et l’adjonction de nouveaux artefacts et choix à faire par les joueurs lors de ces phases. Il est aussi dans nos intentions de rééquilibrer le gameplay Sub vs. ASM. Certains points discutés pourraient éventuellement encore être testé lors de la V.1. mais sans garantie puisque nous nous consacrerons en priorité à la V.2.0.

Le soir c’est soirée pizza et V.2.0. jusque tard dans la nuit. Ceux qui nous suivent régulièrement sur le Blog de l’association connaissent notre métaphore de la plaque Lego qui illustre [3] notre vision à ce sujet :

La V.2.0. est une copie techniquement propre, souple et évolutive (au niveau du code et de sa structure) permettant une nouvelle jeunesse du jeu pour pouvoir se remettre à développer par la suite des améliorations. [4]

Réalisation de Szczepan Grzeszczyk

Réalisation de Szczepan Grzeszczyk

Nos objectifs en la matière pour le deuxième semestre sont clairs puisque nous souhaitons finaliser les concepts de base du jeu afin de passer à la phase de conception technique via les premiers Cahiers des Charges structurés et la mise en application de ceux-ci sur les modules « Inscription », « Connexion » au jeu et à notre back-office (interface administrateur) ainsi que « Utilisateurs ».

En vue de ces premiers pas de la V.2.0. nous ouvrirons soit dans le courant soit vers la fin de l’été une zone « atelier » sur le forum afin de lancer un appel aux joueurs volontaires codeurs sous la forme d’une « Université d’été des codeurs ». Il s’agira ici de guider des volontaires via des lectures et des exercices ainsi qu’une session Question – Réponses vers des travaux pratique pour la V.2.0. Indiana (alias Dark) vous en reparlera dès que les détails pratiques auront été réglé.

Dimanche 10 juillet 2016 :

Nous nous levons tôt (enfin tout est relatif bien sûr) dimanche matin car nous avons invité un joueur à nous rejoindre. Ancien sous-marinier à l’île Longue (rade de Brest), toujours actif dans la marine et passionné d’histoire sous-marine de la seconde guerre mondiale il nous apparaissait tout à fait opportun de s’adjoindre une vision historique et « du cru » pour traiter du gameplay Sub vs. ASM et des paragraphes B et C (voir plus haut). Appuyé par plusieurs livres, tableaux et croquis mais aussi quelques sons d’une autre époque et d’une autre dimension, nous parlons technologie radar (Métox et Naxos) et radiogoniométrie, de torpilles « FAT » (système de guidage) et de leurre « BOLD » (génère une grande quantité de bulles brouillant le sonar), de l’impact de la profondeur (souvent sous-estimée), de la différence de propagation du son suivants les saisons : en hiver les sons ont tendance à plonger, avantage acoustique aux sous-marins et inversement en été où les sons ont tendance à remonter, avantage acoustique à l’ASM donc. On y parle de la différence de fonctionnement et de dégâts occasionnés entre les grenadeurs sur rails, les K-gun et le « Hérisson » ainsi que de l’impact non négligeable de l’aviation dans la détection et la chasse ASM à l’époque : 278 victimes (d’après un tableau issu du Musée-mémorial consacré à la bataille de l’Atlantique à la pointe de Pen Hir)[5] que notre invité détaillera par type d’avion.

Pertes de Sous-marins - Mémorial Pen Hir

Pertes de Sous-marins – Mémorial Pen Hir

Nous profitons de l’occasion pour remercier David (nom d’emprunt.. ou pas) de son passage et de sa participation au CA, de ses recherches à cette occasion qui nous ont permis d’élargir le spectre des possibilités ouverte pour le jeu. Même si nous ne le faisons qu’avec parcimonie (afin de pouvoir concentrer nos efforts dans un temps imparti, hélas toujours trop court – c’est une des limites du bénévolat) nous aimons prolonger la participation communautaire du forum lors de nos réunions (CA, réunions de travail, de tests, AG,…) avec des invités / joueurs et garder le contact.

Et comme dans Astérix, nous finissons notre aventure du week-end autour d’une bonne table avec chacun une montagne de travail et de projets. Mais pour l’heure chacun repart à ses vacances, son travail ou sur la route. Nous nous retrouverons bien vite pour écrire de nouvelles pages de l’aventure Das Boot.

En vous souhaitant bon jeu,

Et en bonus, nous vous faisons profiter des sons « d’une autre époque et d’une autre dimension » : Lien de la vidéo (attention, volume sonore important!)

Notes :
[1]
http://www.letelegramme.fr/brest-2016/brest-2016-le-homard-geant-de-marc-morvan-arrive-ce-mardi-06-06-2016-11096943.php
[2]
Août 2015, http://blog.das-boot.fr/?p=706
[3]
Réalisation Szczepan Grzeszczyk.
[4]
Compte rendu de l’AG de novembre 2015, Paris.
http://blog.das-boot.fr/?p=1058
[5]
Musée entretenu par des bénévoles dans les blockhaus de la falaise de Kerbonn. Depuis Camaret-sur-mer, suivez la direction de la pointe de Pen Hir, le musée est à droite le long de la route, parking de l’autre coté de la route. Le monument aux Bretons de la France libre, dite Croix de Pen-Hir, se trouve plus loin sur la route (visible depuis le mémorial).
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USS INDIANAPOLIS Des hommes et des requins

USS-INDIANAPOLIS

USS-INDIANAPOLIS

Les Sous-marins du Soleil Levant

…/…  A ce moment l’officier de navigation s’écria : «navire ennemi probable à 90° bâbord !» Je ramenai le périscope, montai sur la passerelle et regardai à la jumelle dans la direction signalée. Sans aucun doute, un point sombre s’apercevait à l’horizon, sous les rayons de la lune. «Alerte !» criai-je à mon tour.

     J‘étais déjà au périscope où je distinguai la tache noire. «Ouvrez les purges !» L’eau remplit les ballasts et nous nous enfonçâmes. Je collai mes yeux à l’oculaire pour ne pas perdre l’objet de vue. Nous atteignîmes bientôt l’immersion périscopique. Aussitôt le bateau disparu sous l’eau, je commandai : «un navire en vue. Préparer tous les tubes. Disposer les kaitens !» Il était 23h08. Nous abattîmes sur bâbord pour prendre la tache sombre par l’avant. L’ennemi supposé se rapprocha graduellement.. la tache commença à prendre l’apparence d’un grand navire de guerre et sa partie supérieure se partagea en deux. Il y avait un mat très haut à l’avant. «Nous le tenons !» pensai-je. Je pus estimer la hauteur du mât à 25 mètres environ. C’était donc un cuirassé ou un grand croiseur. La distance tomba à 4000 mètres – et l’angle – 45 degrés tribord. Un des hydrophones indiqua une vitesse assez élevée. J’acceptai tout d’abord cette indication mais l’observation au périscope ne la confirma pas et je la ramenai à 20 nœuds. J’étais tellement occupé par les torpilles ordinaires, que je n’avais donné aucun ordre pour préparer le lancement des kaitens et les pilotes de celles-ci vinrent m’en demander. Etant donné le clair de lune, elles n’avaient pas beaucoup de chance de réussir. Je décidai donc de les garder pour le cas où les torpilles ordinaires ne donneraient aucun résultat. La lune se trouvait derrière nous, de sorte que le navire ennemi était devenu bien visible. Il possédait deux tourelles à l’arrière et un grand mât militaire. Je le pris pour un cuirassé du type «Idaho». L’équipage attendait avec impatience l’ordre de lancer… Tout le monde conservait le calme le plus absolu. Je modifiai le réglage du conjugateur(1) : angle de lancement : 60 degrés tribord, distance : 1500 mètres, et manœuvrai pour attaquer. Enfin, j’ordonnai d’une voix ferme «Attention !… Feu !» les torpilles partirent à l’intervalle de deux secondes, puis on me prévint du poste avant : «Toutes les torpilles parties. Bon fonctionnement.» les six engins, déployés en éventail, couraient vers le navire ennemi. Je fis un rapide tour d’horizon mais il n’y avait rien d’autre en vue. Amenant notre bateau à une route parallèle à celle du but, nous attendîmes anxieusement. « Touché ! Touché ! » m’écriai-je à chaque impact tandis que mes hommes dansaient de joie…/…(2)

Charles B. McVay

Charles B. McVay

 

L’USS INDIANAPOLIS

     L‘USS Indianapolis est un croiseur lourd de classe Portland lancé en 1931. Intégré à la Task Force 11 dès le 16 décembre 1941, il participe à la campagne de Nouvelle-Guinée, puis à celle des îles Aléoutiennes. Il participe également aux batailles des îles Gilbert et Marshall. En 1944, à nouveau la Nouvelle-Guinée, les îles Marianne, la bataille de la Mer des Philippines.

     Après une refonte en 1945, l’Indianapolis sous les ordres du Capitaine de Vaisseau Charles B. McVay, rejoint, en février 1945, la Task Force 38. Endommagé près de l’île d’Okinawa, l’Indianapolis traverse le Pacifique pour rejoindre Mare Island, près de San Francisco où il est remis en état. Il reçoit alors l’ordre de rejoindre en urgence Tinian pour y livrer un chargement d’uranium 235 enrichi et divers éléments de la bombe Little Boy. Quittant San Francisco le 16 juillet 45 et faisant escale à Pearl Harbor le 19, il entre dans le port de Tinian le 26 juillet.

     Après sa livraison, l’Indianapolis rejoint Guam pour prendre ensuite la direction de Leyte. Le croiseur est toujours sans escorte et dans la nuit du 29 au 30 juillet, deux torpilles lancées par le sous-marin japonais I-58 atteignent l’Indianapolis. La deuxième torpille touche le navire à proximité d’une soute de combustible et de munitions. L’Indianapolis se coupe en deux. L’ordre est immédiatement donné de quitter le navire qui s’enfonce dans les flots, 12 minutes après les impacts, avec environ 300 des 1196 marins qui se trouvent à son bord.(3)

     Les messages envoyés par le croiseur en perdition semblent avoir été ignorés ou mal interprétés, du moins mal adressés. Les autorités navales américaines habituées à recevoir de faux messages envoyés par les japonais pour attirer les secours dans des secteurs dangereux, ne prirent pas au sérieux ces SOS. Bien que l’ordre de marche du navire américain ait été communiqué, son retard ne semble pas avoir inquiéter outre mesure les dites autorités. Bien que divers messages aient été captés à plusieurs endroits différents, l’absence de confirmation ne permit pas de lancer les recherches.

     Perdus au milieu du Pacifique, plusieurs centaines de marins tentent de survivre, attendant des secours, ignorant que personne n’a pris ou reçu leurs messages de détresse. Les hommes n’ont pas d’eau, pas de nourriture, la chaleur est accablante la journée. Dès la fin de la première journée, les premiers requins apparaissent mais ne semblent pas s’intéresser aux hommes qui tentent de former des groupes pour éviter que certains d’entre eux ne se trouvent isolés. Les requins pourtant attaquent en premier lieu les corps des hommes morts qui continuent à flotter, équipés de leur gilet en kapok. L’épuisement, l’hypothermie viennent à bout de ces malheureux qui luttent pour leur survie. Certains, victimes d’insolation, perdent la raison. Les journées sont interminables, les naufragés scrutent désespérément l’horizon dans l’attente d’une aide qui ne vient pas. Et soudain un homme est happé et parfois dévoré sous les yeux de ses camarades. Certains commencent à délirer, victimes du soleil.

Temoin

      Le 2 août, 4 jours après le naufrage, un hydravion en mission de reconnaissance repérera de nombreux hommes à la mer. Un Catalina se portera sur place hissant tant bien que mal des naufragés à son bord allant jusqu’à attacher des hommes aux ailes de l’avion quand il n’y a plus de place à bord. Le destroyer Cecil J Doyle(4) arrivera sur place et recueillera 321 hommes, 4 mourront de leurs blessures. Des 1196 marins de l’Indianapolis, seuls 317 ont survécu.

Conclusion : 

     Ce naufrage, qui reste à ce jour, le plus meurtrier de l’histoire de l’US Navy amènera les autorités américaines à trouver un bouc émissaire en la personne du Capitaine McVay et à le traduire en cour martiale.malgré les réticences de plusieurs amiraux tels que Chester Nimitz ou Raymond Spruance. Les charges retenues contre le capitaine de l’Indianapolis se résument entre une «mise en danger de son navire en omettant de zigzaguer» et «échec à donner l’ordre d’abandonner le navire dans un temps approprié». Les autorités américaines évitent de mettre en évidence les délais mis par les secours pour se rendre sur les lieux tout comme les demandes d’escorte non exaucées du capitaine McVay. La défense appellera même à la barre le commandant du I-58, Mochitsura Hashimoto qui déclare qu’il aurait inévitablement coulé le croiseur même si celui avait manœuvré en zigzaguant. Un commandant de sous-marin américain, Glynn R. Donaho, témoignera également en ce sens. Embarrassée, la cour américaine le reconnaîtra tout de même coupable de ce chef d’accusation. McVay ne se remettra jamais de ce verdict et se suicidera en 1968. Les survivants mèneront une campagne de réhabilitation dans les années qui suivirent qui mènera à une résolution du Congrès américain en 2000 lavant McVay de tous soupçon dans son commandement de l’Indianapolis.

 Sans titre 3

     En conclusion, je reprendrai des mots cités dans un article trouvé sur le net (5) laissant à penser, que les vrais bouc-émissaires de ce procès furent sans doute les requins ! Des 500 marins qui périrent après le naufrage, les requins furent loin d’être la cause principale. Effectivement, à peu près 80 hommes moururent de leur fait. Les autres causes étant principalement la noyade et l’hypothermie. L’importance portée aux requins et la pseudo responsabilité du capitaine McVay n’occulte t’elle pas le fait que la Marine américaine ait oublié ses marins pendant 4 jours ?

Notes :

(1) Conjugateur ? = Tel quel dans le texte.   (2) Texte intégral tiré des mémoires de Mochitsura Hashimoto « Les sous-marins du Soleil levant » Press Pocket 1955.   (3) 1197 selon certains sites.    (4)  Une autre source (Combined Fleet) ne mentionne pas le destroyer Cecil J Doyle mais les USS RINGNESS et REGISTER. (5) Voir Sources, site Sharktueries.

Sources :

http://sharkuterie.blogspirit.com/archive/2006/11/17/comment-les-requins-ont-ils-attaque-les-marins-de-l%E2%80%99uss-indi.html

http://www.dark-stories.com/uss_indianapolis.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/USS_Indianapolis_(CA-35)

http://www.combinedfleet.com/I-58.htm

http://www.eyewitnesstohistory.com/indianapolis.htm (en anglais)

Vidéo : Dans le film, Les Dents de la Mer, le capitaine Quint interprété par Robert Shaw, raconte le naufrage de l’Indianapolis, avec quelques libertés dans le texte =

https://www.youtube.com/watch?v=9Fb8jLTm3VE

 

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LA TRAGÉDIE DU LANCASTRIA

Lancastria-1936

Le Lancastria en 1936

 

   La compagnie maritime Cunard Line fait sortir des chantiers navals William Beardmore de Glasgow un paquebot de 168 mètres de long : Le RMS Tyrrhenia. RMS pour Royal Mail Ship (1), il s’agît d’un navire associant le transport des passagers (immigrants mais aussi vacanciers) au transport du courrier de la poste britannique vers l’étranger. Renommé RMS Lancastria dès février 1924, il assurera la liaison Londres New-York jusque 1932. Il subit dès lors quelques transformations, le RMS Lancastria, désormais paquebot de luxe effectue des croisières en Méditerranée et dans les fjords norvégiens.

   1939, le monde s’embrase et l’Amirauté britannique, en 1940, réquisitionne le Lancastria pour en faire un transport de troupes. Repeint, armé et modifié, le paquebot devenu HMT Lancastria est employé dans l’Atlantique Nord et contribue à l’évacuation des troupes stationnées en Norvège (Harstad, Namsos). Le 4 juin, le Lancastria se trouve à Liverpool en cale sèche pour une ultime révision. L’équipage en permission est rappelé en urgence, devant l’avancée « éclair » des troupe allemandes en France, tous les navires disponibles sont réquisitionnés. Le Lancastria quitte Liverpool pour Plymouth où il arrive le 16.

   Dirigé sur Brest en compagnie d’un autre paquebot, le Franconia, il est au large du port français. De hautes colonnes de fumées provenant des réservoirs d’essence brestois détruits incitent les deux transatlantiques à continuer leur route vers le sud. Attaqués par des appareils de la Luftwaffe, les deux navires mouillent dans la baie de Quiberon. Endommagé, le Franconia doit subir des réparations et c’est seul, que le Lancastria reprendra la mer en direction de l’estuaire de la Loire, de Saint-Nazaire. Le navire mouille dans la rade de Saint-Nazaire à environ 4 milles du rivages en compagnie de plusieurs navires militaires et civils prêts à embarquer les troupes évacuant. Personne ne sait que les allemands ne sont qu’à 25 milles du port. D’innombrables navires de petit tonnage effectuent des aller-retours du port aux navires pour tenter d’embarquer le plus de monde possible.

Hilander-Navette 01 redi

Le Highlander effectuant la navette entre Saint-Nazaire et le Lancastria

   Après Dynamo (Dunkerque), Cycle (Le Havre), l’opération Ariel (ou Aerial) constitue la dernière opération d’évacuations des troupes alliées (principalement britanniques il est vrai) depuis les ports de l’Ouest de la France. L’essentiel de la troupe fut embarqué à Brest sans grande difficulté mais un grand nombre d’unités de soutien et de la logistique de l’armée britannique, des personnels de la RAF, des Belges, des Tchèques et les troupes polonaises ainsi que des civils britanniques attendaient à Saint-Nazaire. Le 17 juin, à St-Nazaire, les Lancastria, Georgic, Duchess Of York ou Oronsay furent vite surchargés. Le chiffre de 9000 passagers est souvent avancé pour le Lancastria. Il ne peut plus accueillir personne à son bord et s’apprête à larguer les amarres quand plusieurs avions ennemis apparaissent.

   L‘Oronsay est endommagé, et à son tour, le Lancastria devient la cible d’un bombardier allemand qui largue à 15H48 quatre bombes sur le Lancastria. Une bombe explose dans une cale où se trouve 800 soldats de la RAF. Le feu et la fumée les empêchera de sortir… Une deuxième bombe frappe le navire près de la cheminée tandis que la troisième éventre une soute libérant 1400 tonnes de fuel. La dernière bombe explose près du navire mais assez prêt pour créer un trou béant sur le côté. Les canots sont libérés et les gilets disponibles sont distribués… Le transport commence à gîter sur bâbord, dans une tentative désespérée tous les hommes se déplacent à tribord. Le Lancastria vit ses dernières minutes, il sombre rapidement, l’hélice est maintenant apparente et le navire s’enfonce dans les flots emmenant avec lui des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants avec lui. Les passagers qui ont pu se jeter à l’eau tentent de se débattre dans une mer d’huile qui leur colle aux vêtements, cheveux, leur pique les yeux, ce qui en avalent ne peuvent plus respirer…

Des rescapés du Lancastria secourus

Des rescapés du Lancastria secourus

Un autre avion allemand lâchera des bombes incendiaires qui heureusement, en raison de la faible altitude, n’exploseront pas. Bilan d’un drame qui n’aura pas duré plus de 24 minutes, il y eut entre 3000 et 5800 victimes selon les estimations.

Le naufrage du Lancastria

Le naufrage du Lancastria

   La tragédie qui fit probablement plus de 4 fois plus de victimes que le Titanic fut passée sous silence sur ordre de Churchill afin de ne pas démoraliser plus encore ses concitoyens. Ce naufrage ne sera évoqué que 5 semaines plus tard dans le New York Times (2) ainsi que dans un journal écossais. (2) Tous les documents officiels britanniques concernant le Lancastria sont classés « Secret Défense » pour 100 ans, soit jusqu’en 2040. Depuis 2006, la zone est considérée comme un « cimetière marin » et est marquée par une balise commémorative. Les villes de Saint-Nazaire et de Moutiers-en-Retz ont construit un mémorial dans leur commune en souvenirs des victimes du Lancastria. De même, en Angleterre un vitrail commémoratif est visible dans l’église St Katharine Cree, à Londres.

 

Pour les personnes qui souhaiteraient en savoir plus sur cette tragédie, je vous conseille vivement le site en relatant l’histoire. Très bien écrit, plaisant, documenté, présentant nombre de photographies et de récits de témoins, c’est un formidable témoignage de l’histoire.  http://www.lelancastria.com/index.php/fr/

Notes :
(1) Pour la signification du sigle RMS (https://fr.wikipedia.org/wiki/Royal_Mail_Ship)
Wikipedia (https://fr.wikipedia.org/wiki/RMS_Lancastria#Naufrage).

(2)  Editions du 26 juillet 1940 du « New York Times » et de « The Scotsman ».

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[Réforme] Mines 2016

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Bonjour à tous !

La semaine dernière, nous avons mis en place la réforme mines. Il est maintenant grand temps de vous détailler les tenants et les aboutissants.

Note : pour une bonne compréhension, je précise que le terme « navire de surface » dans le texte qui va suivre désigne tout navire étant à la surface (militaires, soutiens et submersibles naviguant en surface).

I : Une réforme, pourquoi faire ?

L’objet de cette réforme tient en plusieurs grands principes :
– donner de nouvelles possibilités tactiques en introduisant de nouvelles mines, permettant la mise en place de stratégie défensives avec l’apparition de plusieurs types de mines, et la possibilité d’atteindre les subs,
– une remise à plat technique du système de touche, dégâts et avaries, et corrections de nombreux bugs,
– diversification du système d’avaries et de dégâts,
– un nouveau calcul des coûts (prestige et UTs) qui tend à redonner de l’intérêt aux soutiens créés spécifiquement dans le cadre d’un objectif donné (guerre de mines) en favorisant son profil particulier et exclusif via la régulation de ses coûts d’exploitation.

II : Les nouveautés de la réforme

1) Un nouveau type de mines : les mines immergées VS mines flottantes.

À présent, il existe deux types de mines : les mines flottantes, qui correspondent aux mines actuellement implémentées dans le jeu, et les mines immergées. Les mines déjà posées en jeu avant la réforme sont considérées comme des mines flottantes.
Les mines flottantes fonctionneront de la même manière que les mines actuelles au niveau des probas (aux modifications de formules près, voir plus bas). Elles ne sont pas capables de toucher un submersible en plongée. En revanche, un submersible en surface pourra être touché par ce type de mines.
Les mines immergées peuvent par contre toucher les navires de surface et les submersibles en plongée. Elles ont moins de chance de toucher les navires de surface que les flottantes. En revanche, un sub en plongée a plus de chance de toucher une mine immergée que s’il était en surface. Annonce corrigée :

Au niveau des dégâts purs, les flottantes font plus de dégâts que les immergées, mais elles ne touchent pas les subs.

En plus de ces possibilités, nous avons défini un petit tableau (avec des petits + et -) qui vous montre les différences relatives entre les différents types de mines suivant la ’victime’ 😈

Diapositive1

Paramètres pris en compte par les mines :

Nous avons passé en revu les différents paramètres pris en compte dans les probabilités de touches des mines. Voici donc un petit récapitulatif :

– Un joueur s’introduisant dans un champ de mines de son camp a moins de chance de toucher une mine que dans un champ ennemi.
– Un dragueur de mines a moins de chance de sauter qu’un navire lambda.
– Un navire en flank aura plus de chance de sauter qu’un navire en 3/4, qui lui-même aura plus de chance de sauter qu’un navire en slow.
– Entrer dans un champ de mine la nuit est bien plus dangereux que d’y aller au crépuscule ou à l’aube. L’aube et le crépuscule sont plus dangereux que le jour.
– Plus un navire est grand, et plus il a de chance de toucher des mines.
– Plus le tonnage d’un navire est grand, plus il a de chance de toucher des mines.
– Plus le niveau de la vigie est élevé, moins les mines ont de chances de toucher le navire.
– Le type de mines et le fait d’être en surface ou non sont aussi importants (voir plus haut)
– Plus il y a de mines dans un champ, et plus les probabilités de toucher les mines sont importantes. Ceci est proportionnel au nombre de mines et non à la concentration affichée (s’il y a 500 mines, la proba sera plus élevée que pour 400 mines, alors que la concentration affichée (impraticable) sera la même)

Dans tous les cas, les probas sont toujours comprises entre 5% et 95%. Ainsi, en entrant dans un champ de mine, vous avez toujours au moins une chance sur 20 de sauter, même si les conditions vous sont extrêmement favorables. À l’inverse, vous avez toujours au moins une chance sur 20 de ne pas sauter, même si les conditions sont les plus défavorables possibles 😛

Paramètres pris en compte pour les dégâts :

– Les dégâts sont fonction du nombre de mines TOTAL sur la case, incluant tous les types de mines et les mines de tous les camps. En clair, si vous avez joué au malin et que vous avez miné une case déjà minée par l’adversaire, vous pouvez vous cramponner à votre casquette d’officier pour les dégâts !
– Le type de mines a lui aussi une influence sur les dégâts (voir plus haut)

Comme pour les probas, les dégâts de coques ont été encadrés. Une explosion de mine enlève désormais entre 5% et 95% de vos points de coque. La règle du 1 point de coque restant est remplacée par la règle du « il vous restera au moins 5% de coque ».

Avaries :

L’autre ÉNORME différence entre une mine flottante et une mine immergée est la distribution des probabilités d’avaries. Ainsi, le fait de sauter vous attribue une ou plusieurs avaries. Les mines immergées ont par exemple une plus faible probabilité de créer des incendies, mais ont de bonnes chances de vous clouer sur place avec votre moteur ou une voie d’eau.
La réforme ajoute une nouvelle répartition des avaries lors de l’explosion d’une mine. Ainsi, le nombre d’avaries est fonction de la concentration du champ de mines. Ce nombre d’avaries est ensuite réparti suivant le type de mines selon le tableau suivant :

Diapositive2

 

Si vous obtenez une avarie alors que vous avez déjà des avaries sur cet élément, alors l’avarie s’aggrave. Exemple : je prends deux avaries sur mon moteur déjà touché (j’avance trop vite, j’ai cassé mon moteur juste avant 😛 ). Mon moteur passe donc de touché à détruit.

Si jamais vous tentez de profiter du plafonnage des dégâts de la règle donné plus haut (il est impossible d’être en dessous de 5% de coque après une mine), l’équipe vous dédie affectueusement quelques avaries supplémentaires qui vont feront passer le goût de la tentative d’abus de failles <3
(Concrètement, si vous avez moins de 5% de coque et que vous explosez, votre navire ne perdra pas de points de coque, mais vous risquez d’être criblé d’avaries, et je pèse mes mots.)

Perte d’équipage : Les mines font perdre de l’équipage au navire. C’est actuellement un taux fixe, mais il est possible que cela change un jour. Vous serez bien entendu mis au courant.

Pertes de mines suite à une explosion : Lorsqu’un champ de mine explose, des mines disparaissent de la case. La perte de champ de mines dépend du camp du champ de mine et de son type. Si vous faites péter le champ de mine immergé axe, le champ en question perdra le plus de mines, mais les champs axes et les champs immergés subiront aussi des dégâts. Enfin, le champ allié flottant subira beaucoup moins de pertes.

2)Prise de mines au port et pose de mines :

Gros changement : les mines sont désormais un consommable, et, à ce titre, sont disponibles dans l’arsenal. Il est cependant impossible de prendre moins de mines que la capacité maximum du navire. On en prend, ou on en prend pas. Il n’y a pas [strike]d’essai[/strike] de milieu.
Elles disposent d’un stock, comme tous les autres consommables. Cependant, elles n’utilisent pas d’encombrement en soute, et par conséquent les non-mouilleurs ne peuvent en emporter (la manutention de ces équipements est dangereuse, alors en mer…)

Sur le plateau de jeu, il est possible de mettre les deux types de mines sur une seule case, dans la limite de 500 mines par camp au total. Ils s’afficheront ainsi en jeu comme deux champs de la même nationalité sur la case. De plus, le fait qu’il y ait un champ de mines adverse sur une case n’empêche pas d’en poser un de son propre camp !

Désormais, les mouilleurs de mines seront favorisés par rapport aux autres navires poseurs de mines sur ces deux points, ceci afin de favoriser la prise de ces bâtiments, qui représentent un véritable effort de la part du joueur poseur de mines.

Voici un tableau récapitulatif des avantages accordés aux mouilleurs de mines. Notez bien que le coût de prise est un coût unitaire : le prix réel se calcule en multipliant ce prix unitaire par la capacité d’emport des mines du navire.

Diapositive3

Notez que pour prendre des mines, il est nécessaire de dépasser le seuil de 1000 PPs + coût des mines. Ceci afin d’éviter les abus de failles de la part de joueurs qui utiliseraient le gain automatique de 250 PP / semaine pour miner à tout-va. Il est possible de déposer les mines au port si vous vous êtes planté de type de mine : vous serez remboursé à hauteur de 90% du prix d’achat des mines.

Le minage s’effectue comme avant sur des cases de mer peu profonde, en étant en slow. Notez la possibilité donnée aux subs de pouvoir miner en IP.

3)Dragage de mines :

Il est possible de draguer les mines du camp averse, et uniquement celles-ci. Cela se fait en slow, avec un coût de 6 UTs par dragage. S’il y a deux champs de types différents sur la case, le jeu en enlèvera autant aux deux champs (et l’un d’eux peut éventuellement disparaître).

Le dragage enlève entre 5 et 10 % du nombre de mines du champ, avec un minimum de 15 mines. D’après les tests menés, un champ de 500 mines disparaît ainsi en environ 25 dragages.

Cependant, cette opération n’est pas sans risque : le dragueur de mine peut sauter sur une mine durant l’opération. À chaque fois qu’il drague, c’est comme s’il entrait sur la case en termes de jeu (et donc faisait les tests de probas pour éviter les champs de mines).

Draguer des mines rapporte 5 points de prestige par mine draguée au démineur.

(Vous constaterez par la même occasion que le jeu possède un script pour draguer uniquement en slow. Je dis ça je dis rien. Et je risque de remporter la palme du plus mauvais jeu de mot.)

4) Obsolescence des mines :

Les mines sont désormais victimes d’obsolescence : elles disparaissent automatiquement au fil du temps. Cependant, toutes les mines ne sont pas frappées par l’obsolescence. Seules les mines à proximité des ports le sont. En effet, pour ne pas gêner le trafic, les autorités portuaires envoient des dragueurs s’en occuper (attention, aucun PNJ n’est généré, c’est une manière de parler).

L’obsolescence frappe les champs n’ayant pas été modifiés depuis un certain temps (aléatoire), qui sont adjacents à un port, ou dans un rayon de deux cases pour les ports d’arrivée des nouveaux. Seules les mines ennemies sont affectées par ce déminage, les mines du camp du port étant préservées car participant à sa défense. Deux exceptions : les ports neutres, qui déminent toutes les mines adjacentes (pour des raisons évidentes), et les ports d’arrivée des nouveaux (pour des raisons évidentes aussi).

La vitesse d’obsolescence est proportionnelle à la taille du port. Un port majeur est plus apte à obtenir du matériel de déminage performant qu’un port mineur. Encore une fois, les ports d’arrivée des nouveaux sont plus rapides que le reste des ports à éliminer les mines, pour des raisons de gameplay.

Pour résumer qui démine quoi à quelle vitesse, voici un tableau récapitulatif :

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Si vous avez des questions, vous pouvez les poser sur ce topic : http://dasboot.motionforum.net/t17846p25-reforme-mine-discussion-autour-de-la-mise-en-place

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Rudolf Hess

HESS Intro

Rudolf HESS

     Fils d’un commerçant allemand installé en Egypte, Rudolf Hess est né à Alexandrie le 26 avril 1894. Il quitte l’Egypte pour étudier en Allemagne à l’âge de 14 ans. En 1914, contre l’avis de son père, Hess s’enrôle dans le 7eme régiment bavarois d’artillerie de Campagne. Ypres, la Somme, Verdun Hess reçoit pour acte de bravoure la croix de fer de première classe en 1915. Plusieurs fois blessés, il est affecté en Roumanie en 1916, combattant dans les montagnes proches de Transylvanie. Grièvement blessé, il passera plusieurs mois à l’hôpital et sera promu Lieutenant en octobre 1917. C’est à cette époque que Hess aurait rencontré Adolf Hitler pour la première fois (1). Jugé inapte au métier de fantassin, il est transféré dans une école de pilotage en Allemagne. Sa formation de pilote ne se termine que quelques jours avant la fin du conflit et son engagement au combat ne consistera qu’en quelques vols de reconnaissance. Son unité dissoute, il est démobilisé en décembre 1918.

Hess. 1918

Hess. 1918

     Hess entre à l’université de Munich pour reprendre des études d’économie mais la révolution allemande l’amène à intégrer les Corps-Francs de Von Epp.(2) Reprenant malgré tout ses études d’économie, il fait la connaissance de sa future épouse Ilse Pröhl. Il adhère au NSDAP dès sa création en 1920 et devient rapidement le secrétaire particulier d’Adolf Hitler. Hess dans l’ombre de Hitler. Après l’échec du putsch de la brasserie en 1923, Hitler et putschistes sont jugés par un tribunal qui prendra plus l’allure d’une tribune pour l’orateur qu’est Hitler, qui profitera d’une grande audience à travers les médias pour tenir de véritables discours. Ludendorff, grande figure de l’armée sera épargné et de faibles peines seront prononcées à l’égard des autres accusés qui verront pour certains leur peine absorbée par la détention préventive. Hitler et Hess sont emprisonnés dans la forteresse de Landsberg aux allures de maisons de campagne (3). Ils y écriront Mein Kampf, bible insipide de l’idéologie nationale-socialiste.

HESS Landsberg

     A sa sortie de prison, Hess épouse Ilse Pröhl en 1927 avec qui il aura un fils Rolf en 1937. Tout comme l’ascension du NSDAP dans les années suivantes, la position de Hess ne fera que grandir. Présenté comme le Dauphin d’Hitler en 1933, il participera activement à la rédaction des Lois de Nuremberg et sera le représentant officiel d’Hitler dans toutes les manifestations où le dictateur ne paraît pas. Hess privilégiera toujours l’image de son chef à ses desseins personnels et de ce fait sera toujours à l’écart des intrigues du pouvoir. Avec le début du conflit, la politique passe au second plan et Rudolf Hess se marginalise de plus en plus des personnalités du IIIeme Reich, même si on le verra encore au côté d’Hitler à Rethondes lors de la signature de l’armistice français en mai 1940.

HESS Rethondes

Hess s’envole vers l’Ecosse

     Le 10 mai 1941 Hess s’envole vers le Royaume-Uni à bord d’un Messerschmitt Bf 110. Il subit des tirs de DCA et saute en parachute sur la propriété du Duc de Hamilton. Il se casse une cheville en atterrissant et est aussitôt arrêté. Il ne sera jamais entendu par les autorités britanniques. Ni le roi, ni Churchill, ni aucune personnalité importante ne le recevra. Hess sera emprisonné dans la Tour de Londres, puis dans deux résidences surveillées jusqu’à la fin du conflit où il paraît devant le Tribunal de Nuremberg qui le condamne à la prison à perpétuité. Enfermé à Spandau, le plus vieux prisonnier du monde est retrouvé mort dans la serre du parc de la prison en 1987.

HESS Avion Ecosse

     La question principale qui se pose est de connaître les raisons de ce périple et de savoir si Hess a agi sur ordre de Hitler. Selon plusieurs historiens, Hess, prenant de moins en moins part aux «affaires courantes», les opérations militaires ayant totalement pris le dessus sur lea vie politique du IIIeme reich, aurait vu dans ce voyage la possibilité, de négocier une paix séparée avec les anglais à l’approche du conflit avec l’Union Soviétique. L’écrasement de l’Angleterre promis par Göring n’a pas eu lieu et il est bien clair que les anglais ne céderont pas. Il faudrait donc plutôt voir le geste de Hess comme un coup de dés, un acte diplomatique en vue d’une solution avantageuse pour les deux parties. Cette idée allant dans le sens d’un acte indépendant de la volonté de Hitler est corroborée par différents témoignages, notamment ceux des personnes présentes au Berghof lorsque Hitler apprend la nouvelle.(4)

HESS Nuremberg

     L‘état mental de Hess peut être mis en cause certes. Ses comportements durant sa détention, du moins jusqu’à son arrivée à Spandau, est sujette à interrogations. Ses intérêts pour l’ésotérisme, ses amnésies simulées ou non, sa grève de la faim, tout ceci, a fait se creuser la tête à nombre de psychiatres ou psychologues durant le procès de Nuremberg. La préparation du vol de Hess a pris plusieurs mois, a nécessité des aménagements particuliers liés à la distance sur l’avion, il a fallu se procurer des cartes pour la navigation, des bulletins météos, se procurer des rapports de reconnaissance de la Luftwaffe. Hess à discrètement impliqué ses aides de camp et indirectement quelques personnalités. Les deux premières tentatives ont avorté, le troisième essai fut le bon. On ne peut donc empreindre la décision de Hess de lubie issue d’un esprit détraqué. Le choix du Duc de Hamilton n’est pas non plus un hasard. Hess a séjourné en Angleterre avant la guerre et il semble avoir approché le Duc lors d’une visite du Prince de Galle en Allemagne. Hamilton est proche de Lord Halifax, opposant de Winston Churchill. Hess a pu voir en lui un bon médiateur pour ses négociations.L’historien américain Joachim Fest (5) qualifie le geste de Hess comme une «volonté de désobéissance constructive, une volonté de surmonter la dépréciation dont il avait fait progressivement l’objet.»

HESS Spandau 2

Quoiqu’il en soit, il est bien difficile aujourd’hui d’avoir la certitude que Hess a agi seul, même si de nombreuses «pistes» le laissent croire. Celui qui fut le plus vieux prisonnier du monde n’avait droit qu’à une visite par mois d’une demi-heure d’un membre de sa famille en présence des directeurs de la prison. Des cahiers lui étaient fournis et étaient immédiatement détruits pour éviter toute publication, il n’avait droit qu’à une presse triée à laquelle il ne pouvait d’ailleurs pas s’adresser. Les circonstances de la mort de celui qui représentait le dernier symbole du nazisme restent aujourd’hui encore sujettes à caution ou du moins à débats. La version officielle veut qu’il se soit suicidé. Outre les sites et la littérature de mauvais goût qui alimentent de façon douteuse le mythe Rudolf Hess, nous sommes en droit de nous interroger. D’une part, l’obstination des anglais à ne pas vouloir libérer Hess alors que la Russie de Gorbatchev y était enfin disposée ainsi que l’incompréhensible refus de ces mêmes anglais d’ouvrir au public leurs archives concernant la détention de Hess. La question reste posée…

HESS. Spandau 1

 

Notes :

(1) Wulf Schwarzwäller, Rudolf Hess The Last Nazi, États-Unis, National Press Inc. and Star Agency,‎ 1988, 314 p.

(2) les Freikorps étaient essentiellement composés de vétérans de la grande guerre dont Ernst Röhm, futur chef des SA. Pour un aperçu de l’histoire des Corps-Francs, voir par exemple l’excellent livre d’Ernst Von Salomon «Les Réprouvés».

(3) … aux allures de maison de campagne… en référence aux peu difficiles conditions de détention des putschistes de la Brasserie. La prison de Landsberg prendra une toute autre allure en 1945 lorsqu’elle abritera les accusés des procès de Nuremberg, Dachau, des Einsatzgruppen.

(4) les mémoires de Rochus Milch (J’étais garde du corps d’Hitler. Par Nicolas Bourcier. Cherche Midi, 2006) n’offrent honnêtement pas grand chose de nouveau, mis à part quelques informations sur le vol de Hess et plus particulièrement la réaction d’Hitler à cette annonce.

(5) Auteur allemand, spécialiste du 3eme Reich.

Sources :

 

https://annoyzview.wordpress.com/2015/01/21/mystery-of-rudolf-hess/
http://www.delpla.org/article.php3?id_article=491
http://deuxiemeguerremondia.forumactif.com/t9215-hess-en-angleterre-acte-isole-ou-plan-hitlerien
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Hess
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Hess

 

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Guerre anglo-irakienne 1941

On parle beaucoup des grandes opérations dites décisive : la bataille des Ardennes, Koursk et bien évidemment Overlord. Mais à y regarder de plus près, la victoire tient souvent au courage d’un petit groupe d’hommes ou de femmes qui changera par son action l’issue d’une bataille voir de la guerre. Dans cet article, les forces engagées par les belligérants ne dépasseront pas la centaine d’avion et l’effectif d’une division. Pourtant, sans cette victoire Britannique, il aurait été impossible pour eux de chasser Rommel d’Afrique.

Si je vous parle du régent Abdelilah d’Irak, je suis certain que ça ne vous dit rien. Pourtant, c’est sous son règne que les forces anglaises d’Afrique ont tremblé. Une menace pour le moins inattendue les a frappés sur leurs arrières. Mais commençons par le commencement. Suite à la première guerre mondiale, l’Empire Ottoman est phagocyté par la France et l’Angleterre. Les britanniques obtiennent notamment l’Irak qui bien qu’officiellement indépendante dès les années 30, reste totalement sous la tutelle de Londres pour les affaires étrangères, militaires mais aussi et surtout commerciale avec la main mise étrangère sur le pétrole du pays.

A cette époque, le pays est une monarchie constitutionnelle avec à sa tête le roi Fayçal Ier. Très vite, le peuple se montrera hostile envers les anglais qui comme à leurs habitudes, se conduiront d’une manière oscillant entre conquérant et tyran envers des gens qui après tout ne sont que des autochtones d’une de leur colonie. Cependant, tout à une fin et le roi Fayçal finit par décéder. Son fils Ghazi Ier mourra peu après le déclenchement de la seconde guerre mondiale. Monarque farouchement opposé au britanniques, il ne fallut pas longtemps pour qu’on accuse les anglais de sa mort « accidentelle ». Son fils, trop jeune pour monter sur le trône se voit assigné un régent : son oncle Abdelilah qui bien évidemment fait tout pour se rapprocher des anglais. Cependant, son premier ministre est quant à lui un grand opposant du Commonwealth et préférera prendre le parti de l’Allemagne qui pourrait en cas de victoire contraindre Londres à quitter l’Irak.

Démis de ses fonctions en 1941, il décide de monter un coup d’état et de chasser le régent. Aussitôt dit aussitôt fait. Gillani qui pouvait compter sur le soutien du peuple et de l’armée prit le pouvoir.  Le régent se réfugia in extremis dans une base anglaise. Les tensions montent. L’Angleterre menace d’intervenir militairement en Irak. En réponse, Gillani occupe les raffineries de pétrole et interne les travailleurs étrangers. Le pétrole sera désormais vendu à l’Italie. Cette fois s’en était trop. En pleine campagne du désert, les anglais ne pouvaient se permettre de perdre l’approvisionnement en carburant ni envoyer des troupes dont ils avaient cruellement besoin en Lybie. Seul leur restait une brigade de la 10e division composée majoritairement de troupes indiennes. Elle débarqua à Bassorah ; important port pétrolier irakien.

059fd210Ces véhicules datant de la grande guerre sont pourtant les plus puissant dont dispose les britanniques au début du conflit en Irak

La menace se confirmait. Bien qu’ayant le pouvoir, il faudrait agir vite pour éviter que les anglais n’arrivent à Bagdad. Devant la situation, l’Italie et l’Allemagne promirent d’aider l’Irak. Fort de cette promesse, Gillani donna ordre de déployer plusieurs régiments d’infanterie renforcé par une artillerie conséquente autour du port pour bloquer toute avance anglaise. La situation des britannique est désespérée. Ils n’ont pas de quoi tenir et aucune réserve disponible. Ils savent de plus que deux trains d’armes de Vichy doivent arriver pour aider les irakiens ainsi qu’une force aérienne germano-italienne. Pourtant, ils doivent vaincre. Sans l’Irak, l’Afrique tombera faute de carburant.

legion10Tout aussi puissante sur terre que dans les airs, les britanniques ne peuvent compter que sur des vieux biplans qui seront pourtant d’une efficacité redoutable face à l’aviation Irakienne plus moderne.

Un premier miracle arriva. Malgré un matériel plus moderne, l’aviation irakienne fut balayée par le petit contingent de la RAF présent. La maîtrise du ciel acquise, les anglais purent bombarder sans relâche les positions irakiennes. Il y avait encore quelques garnisons du côté de la Palestine. Mal équipées et avec une capacité de ravitaillement désuette. Dans un nouveau tour de force, l’intendance réussit à les motoriser en quelques jours. Ces troupes reçurent en renfort la légion arabe. Objectif de cette nouvelle colonne : briser l’encerclement le la brigade indienne et prendre Bagdad. La situation dégénère et le déploiement des avions de l’axe à Mossoul, les forces irakiennes sont partout en déroute.

destro10

La supériorité en artillerie ne sert pas à grand chose sans la maîtrise du ciel.

Le 1er Juin, tout est fini et l’Angleterre peut à nouveau occuper militairement l’Irak et protéger ses approvisionnements en pétrole qui ne lui feront plus jamais défaut pendant la guerre. Ils en profiteront aussi pour occuper la Syrie et le Liban pourtant possessions françaises de plein droit sous prétexte qu’elles ont servi de bases arrières à l’axe. Cette fois, tout l’orient est sous contrôle des alliés. Seul l’Iran est encore souverain mais ce n’est qu’un petit répit. Moins d’un an plus tard, il sera occupé par les forces soviétiques.

 

 

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Raid de la baie de la Sude.

« Hello…well, I mean ”Buongiurno ».

(Bonjour…enfin, je veux dire  »Buongiurno »)

Veuillez faire la traduction pour moi, monsieur Moravia, s’il vous plaît. Merci.
Je suis l’officier Smith, chargé de l’interrogatoire, et voici mon interprète, monsieur Moravia, qui parle très bien l’italien car il vient du même pays que vous ».

Le jeune prisonnier regarde sans émotion l’interprète, sans rancœur, sans haine. Aucune pensée, aucun mot ne lui vient. Il regarde ensuite l’officier anglais…un homme droit, bien dans son uniforme, avec des yeux bleus, visage banal mais sourire agréable qui met en confiance.

– « Enseigne Cabrini, je vais vous demander de coopérer et de bien me donner tous les détails de l’opération à laquelle vous avez participé. Et pas la peine de nier quoi que ce soit, vu l’endroit où l’on vous a  »repêché », cela ne fait aucun doute que vous êtes impliqué jusqu’au cou. Si vous refusez de me parler, vous risquez d’être confronté à des gens beaucoup moins courtois que moi.
Donc…si vous voulez bien commencer?»

L’enseigne dévisage l’officier anglais, le jauge, réfléchit à toutes les possibilités … et il en a peu. De toute façon, il a fait ce qu’on lui a demandé et, en cela, il est fier. Il n’a pas tellement peur de la suite, il se sent libre de toute pression. Devoir accompli ou pas, il ne regrette rien car il n’a pas flanché et est allé jusqu’au bout.
Après quelques secondes de réflexion, il se lance dans le récit  du  »raid de la baie de la Sude ».

– « Buongiorno,
Lo mi chiamo (Je m’appelle) Angelo Cabrini, je suis enseigne de vaisseau de la Xème flottiglia MAS.
Pour cette opération, j’ai fait parti d’un commando de six plongeurs. Le 25 mars, au petit matin, nous avons quitté Brindisi qui se situe sur le talon de mon beau pays…mais j’imagine que vous connaissez déjà l’emplacement de ce port. »

L’anglais hoche la tête.

Après avoir esquissé un petit sourire l’enseigne continue son récit.

– « On est donc parti de Brindisi avec deux contre- torpilleurs vers la  »Baie de Souda », en Crête. Sur ces deux contre-torpilleurs, il y avait six navires de tourisme motorisés et modifiés.
Chaque membre de mon équipe aura son petit navire rempli d’explosifs pour faire un beau trou dans vos navires et les rendre inutilisables ».

Petit regard vers l’officier anglais qui resta de marbre a cette dernière phrase.

– « Imperturbable ce buveur de thé, pensa l’italien…Bon j’en étais où ? Ha oui.
Notre périple vers la Crête ne fut pas long et on n’a rencontré personne. La nuit tombée, les deux contre-torpilleurs nous ont débarqués à 10 nautiques de la baie. Quand mon équipe et moi, sommes allés sur nos canots, les contre-torpilleurs s’en sont retournés vers l’Italie… ».

Un des deux contre-torpilleurs

– « Un instant Monsieur Cabrini, cette opération était un aller simple…pas de retour prévu?…»

– « Non, aucun d’entre nous ne devait rentrer chez lui. On nous a donné le minimum d’informations et bien prévenus qu’ils n’iront pas nous chercher après…»

– « Donc ils vous ont choisi… »

– « Non, non, on s’est porté volontaire. Le devoir, l’envie de servir mon pays au mieux m’a fait lever la main. Les cinq hommes avec moi sont de la même trempe et sans doute meilleurs même. Je suis sûr que vous auriez fait de même monsieur Smith?…non? »

– « Peut être….bon…continuez! »

– « …Après quelques heures avec, au dessus, la nuit noire et, en dessous, une mer d’encre sans fond, on est arrivé comme prévu à 2 heures du matin, le 26 mars 1941, devant notre objectif. Le chef du groupe nous a fait aligner en vitesse lente, pour un minimum de bruit, et avancer avec le plus de discrétion possible.
De là où on était, on pouvait apercevoir quelques rares lumières prouvant la présence de nos cibles, difficiles à repérer du ciel, j’imagine, mais du coup, nous facilitant la tâche pour nous faufiler … même si les écrans formés par vos navires et quelques obstacles ont bien failli nous avoir mais on a réussi tout de même à passer outre.
C’est surtout grâce au Lieutenant Faggioni qui a su gérer avec calme et patience notre progression. Pourtant de mon côté, je ne faisais pas le fier. On était fatigué… Pendant trois heures, on a passé votre rideau d’obstacles , trois heures de stress, de peur, de fatigue, d’impatience…et plus on s’approchait de la cible, plus on avait envie d’accélérer pour en finir…mais heureusement, le lieutenant nous a menés avec fermeté et assurance.

Enfin, vers 5 heures, nous nous sommes trouvés à la bonne distance pour atteindre les cibles. On surveille les alentours pendant que notre chef, le lieutenant Faggioni, vérifie une dernière fois les cibles avec les jumelles. Il m’assigne avec un frère le croiseur « HMS York de la Royal Navy ».

C’est pour moi un honneur qu’il me choisisse.
Deux autres frères sont assignés aux pétroliers  »Périclès ».
Notre capitaine et son second attendent en réserve si nécessaire.
Une fois les cibles bien confirmées par chacun, on a attendu quelques minutes et à 5h15, notre lieutenant nous donne le signal.

On part tous les quatre en même temps, le moteur à fond. Je tiens mon gouvernail fermement, toute ma patience, mon stress, mes peurs se transforment en euphorie intérieure. Je me rappelle même avoir souri tout du long…Mais sans doute étais-je un peu trop euphorique et trop près du bateau : Après avoir enclenché le minuteur, j’ai sauté du canot avec un flotteur. Il y a eu une explosion et à partir de ce moment, je ne me rappelle de rien… »

-« Ha oui… récit intéressant et détaillé !
Je ne sais pas comment mais on vous a récupéré à temps, sonné…et non noyé. Votre jour de chance, j’imagine… »

« Et mes collègues?… »

Smith regarde l’italien, quelques secondes…

« Notre  »HMS York » a souffert de l’action de votre duo. Vous avez endommagé notre navire mais il n’a pas sombré.

HMS York après l’attaque

Le  »Périclès » a été touché juste une fois mais suffisamment pour ouvrir une brèche et se vider de son fuel.
Le quatrième canot a été retrouvé échoué, sans doute abandonné trop vite. La force des explosions a fait croire aux hommes qui défendaient ce port à une attaque aérienne. Du coup, ils ont arrosé le ciel…mais à part des mouettes abattues et un gaspillage de munition, ils n’ont rien descendu.
Par contre, nos hommes embarqués sur des navettes yougoslaves ont été les seuls à comprendre ce qu’il se passait et ont immédiatement réagi à la menace.
Ils ont coupé la route de votre capitaine et de son second mais ils ne se sont pas arrêtés pour autant. Alors les deux vedettes ont tirés au 20 mm. Le second a eu son embarcation détruite et votre chef, grâce à l’interception, a raté sa cible.
Malheureusement pour nous, quelques jours après l’attaque, le  »York » a été fini par un de vos avions.

Le Périclès et le York échoués

En ce moment, on essaie de remettre à neuf tous les navires qui ont été malmenés par les déflagrations. Pour le  »Périclès »,  on n’a pas le choix : il va falloir le remorquer pour le réparer en cale sèche.
Voilà le rapport que j’ai reçu, vous nous avez causé bien des soucis juste avec six hommes.
Par contre, j’approuve le fait qu’il n’y ait eu aucune victime dans cette attaque. En cela, je peux dire que votre opération a été  »propre ». »

– « Donc mes frères ne sont pas morts ? »

– « Non ,Enseigne, ils ne le sont pas, mais vous n’aurez pas l’occasion de les revoir car on ne va pas vous mettre  dans la même prison au risque que vous mettiez en place une évasion… »

 »Petit sourire ».

– « Vous allez m’envoyer où ? »

– « Cela, je ne le sais pas, mais vous n’allez pas être libre avant la fin de la guerre. Cela étant dit, je vous laisse aux mains de la police militaire.
Merci pour votre coopération, enseigne Cabrini Angelo.  Merci monsieur Moravia pour votre traduction…Au revoir, messieurs ».

– « Addio ».

Sources:

Raid de la Baie de Sude (anglais)
Raid de la baie de Sude (français)

J’espère que l’article vous a plu.
J’ai choisi cet événement car il raconte une opération réussie et surtout sans victime. C’est aussi pour montrer mon respect pour le courage de ces six hommes d’où qu’ils viennent.
Merci.
Vio Morvan du SPA.
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La bataille de Stonne

 

La bataille de Stonne est un des seuls «succès français» de la bataille de France. Lors de cette bataille, les panzers de Guderian, qui avaient permis la formation d’une tête de pont a Sedan, furent mis en échec par la 2e armée française bien décidée à en découdre avec l’ennemi. Mais pour bien comprendre, revenons un peu en arrière.

Nous sommes en mai 1940, la campagne de France a commencé. Sur le papier, l’armée française a suffisamment de troupes et de matériel pour battre le 3e Reich. Contrairement à la pensée commune, les panzers du début de la guerre n’avaient rien d’exceptionnel et n’auraient pu rivaliser avec les chars lourds B1-bis. Pourtant, en très peu de temps, l’armée française fut défaite. En effet, dans une tentative de contrer l’avancée allemande, le commandement français avait massé une grande partie de ses troupes derrière la ligne Maginot. Le reste des forces, comprenant la majorité des troupes d’élite françaises,
devaient avancer en Belgique si les allemands tentaient à nouveau d’appliquer le plan  Schlieffen. Il ne restait que quelques divisions pour défendre les Ardennes.

Très vite, les troupes envoyées en Belgique furent prises au piège. Lors de ces manœuvres, le Général Guderian réussit a conquérir Sedan, lui donnant ainsi une tête de pont solide sur la Meuse. La percée ennemie devenait de plus en plus menaçante. Le XXI corps français monta en ligne afin de menacer le flanc de l’avancée allemande.

Stonne1

Général Heinz Guderian

Les visions opposées.

Fidèles à leur doctrine, les français optèrent pour une bataille défensive. Les hauteurs de Stonne auraient par la suite permis à l’artillerie de tirer sur les ponts de la Meuse.
Les ordres furent donc donnés en conséquence. Le XXIe corps se fortifia sur place. Bien que des attaques françaises eurent lieux, ce fut avec tellement de mollesse qu’elles passèrent inaperçues.

Du côté allemand, un statu quo aurait pu suffire. La principale attaque devant aller vers l’ouest, il suffisait de garder Sedan et ses alentours sous contrôle pour permettre
le franchissement de la Meuse. Pourtant, au contraire des français, ils optèrent pour une défense agressive. L’objectif étant de s’emparer de Stonne et de ses hauteurs pour
mettre Sedan hors de portée des canons.

Stonne2

Deux mitrailleuses de 8 mm Hotchkiss modèle 1914 en batterie et leurs servants

Les combats :

La bataille durera du 15  au 27 juin. Le 15 au matin, les chars de la 10e panzer lancèrent l’attaque. «Quand ils arrivèrent dans Stonnes ils se firent bien recevoir. La moitié fut détruite» (Michel Baudier). Cependant, cette première attaque est un succès allemand. Les troupes françaises doivent se replier. Devant l’avancée des panzer, les chars français contre-attaquèrent en force et reprirent le village. A court de munitions, ils durent cependant le rendre aux allemands peu de temps après. Une nouvelle contre-attaque fut lancée et le village de nouveau repris.  Les jours suivants, l’infanterie soutenue par l’artillerie attaqua sans relâche. Point névralgique de la bataille, le village va être perdu et repris pas moins de 17 fois…

Bien souvent appelée le Verdun de 1940, cette bataille fut la plus éprouvante de la campagne de France. Bien que vaillantes, les troupes françaises, finirent par abandonner le village. Ils avaient réussi à mettre en échec le blitzkrieg mais aucun renfort n’arriva. Pensant sûrement qu’une attaque frontale pouvait encore avoir lieu, un grand nombre de divisions restaient cantonnées sur la ligne Maginot. Ces renforts auraient pourtant permis de reprendre Sedan menaçant grandement l’avancée allemande.

Stonne3

Colonne de prisonniers français pendant la bataille de France

Victoire ou défaite ?

Bien que le village soit tombé, les allemands ne réussirent pas à percer la ligne française. Sedan resta donc sous menace constante. Cependant, n’ayant pas réussi à s’imposer,
les français laissèrent le champ libre aux passages de renforts et de ravitaillement ennemis. Le manque de ravitaillement criant empêcha les français d’obtenir une victoire stratégique majeure qui finalement appartiendra aux allemands. Malgré cela, ils remportèrent une victoire tactique de premier plan. L’avancée allemande dans le secteur était stoppée. De plus, cette bataille fut la plus coûteuse en en hommes pour la Wehrmacht lors de la campagne de France.

Stonne4

Char lourd français B1-bis. Les dégâts visibles laissent penser à un tir de canon pack 38

Le Bilan :

La bataille aura coûté la vie à un millier de soldats français et 3000 soldats allemands. Le XXIcorps perdit également 31 chars. La 10e panzer division en laissa quand à elle 24 sur le terrain. Pour conclure, voici une citation de Dominique Lormier tirée du livre la bataille de Stonne : «Cette bataille peu  connue du grand public, qui s’est déroulée du 14 au 25 mai 1940, vaut par l’emploi intelligent, côté français, des chars associés à l’infanterie et à l’artillerie. Elle est en quelque sorte le modèle de ce qui aurait dû être réalisé sur l’ensemble du front, à savoir la rapidité de violentes contre-attaques, utilisant toute la puissance de feu de l’armement moderne en des points névralgiques.

Par ailleurs, elle met à mal l’idée reçue de la supériorité matérielle de l’armée allemande. Le char B1-bis s’avère en effet supérieur en plusieurs points au panzer: blindage plus épais, armement sans équivalent».

 

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Sources :

Les généraux d’Hitler: Leur combat de JL. Collins et all. Editions Elsevier

La bataille de Stonne de JP. Autant Editions Bénévent
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Stonne

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Souvenir de la Bataille du Timor. Février 42. Février 43.

Pépé ! Pépé ! Tu peux m’aider à faire mon devoir maison de géographie ? – Bien sûr mon grand Dierderik. Quel est ton sujet.
– Le thème ce sont les indes; celles qui étaient nos colonies avant.
– Hum hum ?
– Et j’ai choisi l’île du Timor !
– Le ?!
– Ba oui, maman elle a dit que tu y avais été pendant la guerre, alors je me suis dis que tu connaissais !

Le jeune écolier, bien classé dans son école de Rotterdam, ne pouvait se douter qu’il rouvrait là une plaie profonde. La Guerre du Pacifique. Oui. Le Sergeant-Majoor Krit l’avait faite. Il en était revenu. Vaincu, puis victorieux.

Mon garçon. Dit-il la voix tremblante, d’émotion, de rage encore non dissimulée pour l’Empire du Japon en ce moi de Mars 1996, ce n’est pas un cours de géographie que je vais te faire. Mais d’Histoire. Ecoute bien.

J’étais sous-officier dans une compagnie… dans un groupe de soldat de notre royaume, là bas, dans nos Indes. Tu comprends ?
– Voui pépé !!
– Bien. La vie y étais paisible. Puis, début 1942 les japonais nous ont attaqué.
– Pourquoi ?
– Parce que nos Indes avaient… heu… de l’essence, dans le sol, pour mettre dans leurs voitures, leurs avions, leurs bateaux. Et du caoutchouc, pour faire des armes, ainsi que d’autres choses. En nous attaquant ils ont tué beaucoup de personnes.
– C’est méchant ! Les japonais je croyais qu’ils faisaient que des dessins animés super méga cool !
– Oh non. Ce sont des gens sans âme, sans pitié, ils ont tués femmes, enfants… J’ai donc résisté avec l’aide des australiens débarqués nous aider.

Tu vois où est l’Australie ?
– Ouiiiii ! C’est le pays qui ressemble à un lapin qui mange une carotte !
– Heu, oui.
– Et après ?
– Et bien. C’est là que j’ai connu l’enfer. La mine du grand père s’assombrit. Imagine. Une foret avec énormément d’arbres, tellement que tu ne vois pas plus loin que devant tes bras. Des moustiques, plus que tu n’en as jamais vu. Chaque bête, chaque moment, chaque flaque d’eau croupie veut ta mort. L’ennemi, le japonnais, est dangereux. La jungle, plus encore. Et le jap’ a des avions, des canons. Toi, ton armée, elle a perdu tout cela, tu n’as plus beaucoup d’amis.
– Pourquoi tu n’as plus d’amis ? Tu t’es faché ?
– Non. Ils sont morts. Les balles, la malaria, les bombes ou une plaie infectée.
– C’est quoi la malaria ?
– Une maladie, qui quand un moustique te piques te donnes une si grosse fièvre que tu meurt.
– Han ! Fasciné, le garçon buvait les paroles du l’ancêtre. Et tu tuais les moustiques alors ?!
– Non. Impossible, nous n’avions rien, et ils étaient plus nombreux que toute la population des Pays Bas. Non.
– Alors tu as fais quoi ??!!!
– Nous avons lutté.

La guérilla fut notre tactique. C’est à dire que nous attaquions des petits groupes de jap’s rapidement par surprise pour faire un maximum de morts. De dégâts. De blessés. Puis après cette attaque aussi rapide que le vent, nous disparaissions. En emportant un maximum de nourriture, d’armes, de médicaments.
– Trop biiiiiiiiien !!!!!!!
– Non. Beaucoup de braves gens y ont laissé la vie. Néerlandais. Australiens. Américains. Indigènes.
– Pépé Pépé Pépé ! C’est quoi c’est quoi un indigène !
– C’est une personne vivant sur place, nous sommes des indigènes de Rotterdam par exemple. Les indigènes du Timor se sont battus à nos côtés, ou nous ont apporté leur aide. Pas tous, mais ceux qui l’ont fait l’ont souvent payé très cher.
– Combien ? Combien ?
– Ils en sont mort. Et ce sont eux qui je crois, en ont payé le prix le plus lourd.
– Mais Pépé. Tout le monde meurt dans ta guerre ?
Le vieil homme eut les yeux qui s’humidifièrent.
– Oui mon grand. Surtout les braves. Et les innocents.
Mais les jap’s aussi. Et crois moi, on leur a pas laissé le temps de boire une goutte de leur saloperie de saké ! Et on laissait de jolis souvenirs après notre passage.
– Ah bon ? Quoi ? Quoi ???

– Je te monterai plus tard. Mais il faut que tu saches que de février 1942 à février 1943 j’ai combattu là bas. Pour notre pays. Et qu’on leur as mis plein la gu… heu… qu’on leur a fait mal.
– Pépé, j’ai une question.
– Oui.
– Qui a gagné au final ??
– Au Timor ? D’abords eux. Ils nous ont mis une raclée. Puis, ce fut notre tour. depuis Port Moresby. Mais je n’étais plus là bas. On m’avait envoyé en Australie, comme instructeur. Comme professeur si tu préfères.
– Han !! Tu faisais quoi ?!
– Je montrais comment tuer des Jap’s.
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La Bataille du Timor ne fut qu’une des batailles de la Guerre du Pacifique. Elle illustre ce que furent les combats dans la jungle a ceci prêt que les pertes civiles y furent proportionnellement bien plus importantes. Et avec le Front de l’Est ce fut peut être le pire théâtre d’opération.
PERTES DE CETTE BATAILLE :
– Alliés : † 450
– Japon : † 4 000
– Civils : † 40 000 – 70 000

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